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Intolérance au lactose : mythe ou réalité ?

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Intolérance au lactose : mythe ou réalité ?

Si l’intolérance au lactose, fréquente, n’est plus sous-estimée, certains suppriment à tord les produits laitiers. Compte tenu de conséquences nutritionnelles néfastes, l’objectif unique doit être d’améliorer la tolérance en cas de troubles digestifs gênants.

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Le mythe, en trois idées fausses

Les enfants peuvent être touchés. C’est aussi exceptionnel chez eux et rarissime chez les bébés que courant chez l’adulte. Car c’est un phénomène naturel, lié au vieillissement. 10% à 30% des Français seraient intolérants au lactose et 70 à 75 % des adultes dans le monde. Tester avant de bannir s’impose donc chez les enfants.

C’est une « allergie au lait » ! Non, cette intolérance est causée par un déficit en lactase, l’enzyme capable de dégrader le lactose du lait. Elle n’a rien à voir avec « l’allergie aux protéines de lait de vache », 4e allergie alimentaire chez les enfants, d’origine immunologique.

En cas de troubles digestifs, tous les produits laitiers sont concernés. Surtout pas. S’il y en a un seul à éviter, c’est le lait, presque toujours malabsorbé. D’autres produits laiters, par contre, peuvent être digérés sans troubles. De plus, chaque patient a un seuil de tolérance particulier.

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La réalité, en trois recommandations

L’intolérance ne provoque que dans 50 à 70% des cas des symptômes gênants (douleurs, ballonnements, diarrhées, nausées, maux de tête) et à l’inverse le lactose n’explique pas toutes les douleurs abdominales. Cette « malabsorption » doit être diagnostiquée après ingestion. Le test respiratoire à l’hydrogène est le test de référence.

Des recherches récentes ont démontré que le lactose est mieux toléré s’il est ingéré avec d’autres aliments, au cours d’un repas, pris sous forme de yaourt ou de fromage affiné : tout ce qui ralentit la vidange peut être efficace. Il est essentiel de faire un bilan complet pour réduire mais conserver les produits laitiers bien absorbés et limiter ainsi les carences en calcium, protéines, phosphore, vitamines (B2, D).

L’intolérance n’est pas définitive. Seulement en cas de symptômes, la suppression est à conseiller pendant 2 à 4 semaines, compensée par d’autres apports en protéines et en calcium. En cas d’amélioration, la réintroduction graduelle est recommandée.

"L’éviction des produits laitiers est rarement nécessaire et doit viser, uniquement en cas de troubles digestifs gênants à améliorer la tolérance. La prise en charge diététique est indispensable pour éviter les carences et pouvoir les réintroduire."

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Pour en savoir plus, lire le résumé complet de l'intervention.

(Marie-Christine Morin, Cadre de santé diététicienne / CHU de Marseille - Journée Annuelle Benjamin Delessert 2017)

SOURCE : Institut Benjamin Delessert

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