Bien-être animal : ces vérités que l’on vous cache

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Bien-être animal : ces vérités que l’on vous cache

Depuis 1950, l’industrialisation à outrance des élevages a conduit à considérer les animaux comme des machines à produire de la chair et du lait. Sous la pression des associations et de l’opinion publique, la filière agroalimentaire s’est décidée à réagir par la mise en place de chartes sur le bien-être animal. Qu’en est-il concrètement ?


Derrière l’image d’Épinal de la ferme d’antan savamment orchestrée par les industriels, comment les animaux d’élevage sont-ils traités en France ? Marques, labels, filières… Toutes les clés pour s’y retrouver. Dans son Hors-Série « Bien-être animal, ces vérités ce que l’on vous cache », 60 millions de consommateurs dresse un état des lieux.

Derrière l’image d’Épinal de la ferme d’antan savamment orchestrée par les industriels, il faut rappeler qu’en France, une majorité des animaux est élevée dans des systèmes intensifs.

La filière porcine présente une situation particulièrement problématique. Moins de 5 % des porcs sont élevés dans des conditions en adéquation avec leur besoin naturel de fouille de sol. Par ailleurs, les professionnels sont réticents à renoncer à des pratiques comme la castration à vif (même en bio), la caudectomie (ablation de la queue).

Moins de 20 % de la production de volaille française est labellisée. 80 % des poulets n’ont aucun accès à l’extérieur et souffrent de promiscuité (jusqu’à 25 bêtes au m²). Dans les plus grandes exploitations, après 35 jours, le ramassage des volailles est effectué par une machine qui « aspire » 40 000 poulets en 1 heure !

Le traitement réservé aux veaux laisse à désirer, élevés en bâtiment sur caillebottis et isolés de leur mère et du groupe. La préférence des consommateurs pour une viande blanche pousse les éleveurs à leur interdire le pâturage (l’herbe et l’exercice rosissent la chair).

Contrairement à une idée reçue, toutes les chèvres ne gambadent pas à l’extérieur. Plus de 50 % vivent en claustration pour produire du lait, de plus en plus demandé par les consommateurs.

Les lapins sont les grands oubliés. La quasi-totalité sont élevés dans des cages avec un espace moyen inférieur à une feuille A4 par animal.

Enfin « 60 » fait le point sur le sort des poules pondeuses. 90 % des Français souhaitent l’interdiction des cages qui représentent pourtant près des 2/3 de la production française. Quelles sont les labels ou les marques à privilégier ? Quels sont les pièges à éviter en magasin ? Le Hors-Série présente aussi en images le parcours type d’une poule d’élevage en France.

Les avancées des mastodontes de l’agroalimentaire sont timides et partielles. Exemples : le groupe Carrefour propose du porc élevé en plein air pour sa marque Reflets de France uniquement ; avec sa marque Nouvelle agriculture, le groupe Terrena affirme vouloir remplacer les cages des lapins par des parcs, mais ce projet n’est déployé que dans 30 exploitations !

Le consommateur a aussi un rôle à jouer en diminuant sa consommation de viande, en acceptant de payer le juste prix, en interrogeant son commerçant sur les conditions d’élevage et en refusant les produits issus d’exploitations intensives au profit de ceux provenant de « vrais » élevages. Il y a urgence à prendre conscience que, pour un respect réel du bien-être animal, c’est tout un système qu’il faut revoir.

Pour en savoir plus, découvrez vite le Hors-série N° 127S de novembre 2018, « Bien-être animal, ces vérités ce que l’on vous cache », disponible en kiosque et en ligne.

SOURCE : 60 millions de consommateurs

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