Alim'confiance, un dispositif et des résultats encore perfectibles

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Alim'confiance, un dispositif et des résultats encore perfectibles

Alim’confiance est un dispositif qui permet aux consommateurs d’accéder aux résultats des contrôles sanitaires réalisés depuis le 1er mars 2017 et ce, dans tous les types d’établissements impliqués dans la chaîne alimentaire. Ces contrôles concernent aussi bien les restaurants que les rayons des supermarchés ou encore les établissements agroalimentaires de transformation et de stockage. On note également la présence des différents commerces de proximité tels que les boucheries, poissonneries, traiteurs ou les boulangeries.


Quel gain pour les consommateurs ?

Le consommateur peut désormais consulter les résultats de ces contrôles et vérifier le niveau d’hygiène des établissements de la chaîne alimentaire avant de s’y rendre pour manger ou faire ses courses. C’est un gain de transparence notable que la CLCV souhaitait depuis longtemps. L’espoir nourri par la CLCV a toujours été d’inciter les professionnels à faire des efforts sur le plan sanitaire et donc de rétablir la confiance des consommateurs envers le secteur agroalimentaire.

Depuis de nombreuses années, la CLCV réclamait auprès des pouvoirs publics plus de transparence sur les résultats des contrôles officiels effectués dans les établissements de la chaîne alimentaire. Notamment en 2016, lorsqu'elle a analysé les résultats des contrôles menés dans des restaurants à Paris et à Avignon et la façon dont les consommateurs en avaient été informés.

C’est pourquoi elle s'est réjouie de la mise en place du dispositif Alim’confiance et de la transparence accordée aux consommateurs. Il convient aujourd’hui d’évaluer ce dispositif mis en place depuis un peu plus d’un an.

Les données étant disponibles au public depuis le 1er mars 2017 et ce, pendant une période d’un an, la CLCV a choisi d’analyser les résultats des contrôles effectués entre le 1er mars 2017 et le 28 février 2018. Cela représente un ensemble de 40 272 contrôles.

Les résultats ne sont-ils pas trop positifs ?

95% de notes positives sur l’ensemble des établissements : doit-on pour autant se rassurer pour les consommateurs ? La question de la pertinence et du caractère discriminant des critères de notation se pose ! Elle est renforcée par la comparaison de résultats de 2016 à ceux d’aujourd’hui : en 2016, 8% des restaurants parisiens avaient un niveau « À améliorer » et ce taux est de 2 % dans le dispositif Alim’confiance, soit 4 fois moins ! Quelle en est la raison ? Amélioration ou problème d’indicateur ? La CLCV va s’entretenir avec les pouvoirs publics pour s’assurer du fait que l’installation de ce système de transparence n’aboutisse pas, par un mauvais effet de compensation des professionnels, à un système laxiste.

Il a été également observé que certains types d’établissements étaient très peu contrôlés : les poissonneries, par exemple, représentent seulement 0.6% des contrôles alors que leurs denrées sont fragiles. De plus, plus de 50% des contrôles a été effectué dans seulement quatre régions avec une forte prédominance de l’Ile-de-France. Des départements sont quasiment exclus de l’analyse !

Des types d’établissements et certaines régions ont plus de progrès à faire. On note parmi eux les métiers de bouche, les lieux de vente en gros et marchés, les lieux d’abattage, certains rayons de commerces ainsi que les restaurants. Pour les régions, les DOM-TOM, le Centre Val de Loire, la région PACA et les Hauts de France font partie des territoires « mauvais élèves ».

Les demandes de la CLCV

L’augmentation ciblée des contrôles effectués

Au vu des différences du nombre de contrôles entre les catégories d’établissements, entre les régions et entre les départements au sein des régions, la CLCV demande que le nombre de contrôles soit augmenté pour les types d’établissements et les zones géographiques pour lesquels les inspections sont peu nombreuses. Il faut progresser en termes de volumes dans les zones géographiques et pour les établissements moins visés, notamment pour les établissements traitant des denrées alimentaires sensibles.

La révision des critères de notation

Puisque les résultats apparaissent globalement tous très bons et ne nécessitant pas l’adoption de mesures de police administrative (95 % au total de notations « Satisfaisant » ou « Très satisfaisant »), la question se pose de savoir si ces critères sont assez discriminants. La CLCV avait déjà milité pour que quatre classes soient adoptées dans l’échelle de notation, mais s'interroge maintenant encore plus sur la pertinence de cette échelle. N’y a-t-il pas un effet de halo positif sur les établissements ? Cela n’inciterait aucunement les professionnels à s’améliorer.

La mise en place de processus d’amélioration

On observe de grosses différences de notes entre les régions et selon les types d’établissements. La CLCV engage les régions et les professionnels à agir rapidement pour le bien-être des consommateurs et afin de rétablir la confiance. La mise en place de processus rapides pour les établissements les plus concernés est de mise.

L’amélioration l’information des consommateurs

Il faut tout d’abord améliorer le site Alim’confiance. Plus d’ergonomie, plus d’informations sur les établissements agroalimentaires mais aussi offrir la possibilité d’analyses rapides !

De plus, il ne faut pas que les consommateurs soient privés de l’information au bout d’un an : comment faire alors pour se rendre compte qu’un établissement est passé par différents niveaux d’hygiène (progrès ou détérioration) ? S’il y a eu des progrès, c’est une clé pour rétablir la confiance chez les consommateurs.

Enfin, aujourd’hui l’affichage des résultats dans les locaux ou les vitrines des établissements contrôlés reste facultatif. La CLCV n'a aucune information sur le nombre d’établissements qui l’affichent vraiment et sur la visibilité dans les différents lieux. Si elle incite évidemment les professionnels à jouer le jeu, elle est favorable à un affichage obligatoire, seul garant d’une information claire, loyale et rapide des clients. Il faudrait également des critères clairs d’affichage (taille, position) pour que le consommateur ait accès à l’information très rapidement.

Concernant les informations sur l’affichage : la date du contrôle est certes inscrite sur l’affichette imprimable mais le consommateur la perçoit-il vraiment ? En effet, cet affichage peut être utilisé plus d’un an après les contrôles ce qui peut induire le consommateur en erreur si une nouvelle évaluation a été réalisée.

Des contrôles plus fréquents et plus harmonisés

Pour que ce dispositif soit le plus efficace possible, la CLCV préconise aussi des contrôles plus fréquents afin de mettre à jour plus rapidement les notes d’hygiène et éviter que les consommateurs ne soient privés d’informations au-delà d’un an. De plus, comme leur fréquence est actuellement variable, notamment d’un établissement et d’une localité à un (e) autre, elle souhaite aussi qu’ils soient harmonisés.

SOURCE : CLCV

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