Zoom sur... les logos nutritionnels

lu 3449 fois

Zoom sur... les logos nutritionnels

L’étiquetage nutritionnel graphique est souvent perçu comme peu lisible et peu compréhensible. La mise en place d’un logo nutritionnel graphique a son intérêt pour apporter au consommateur un visuel plus clair sur la composition nutritionnelle d’un produit alimentaire et pour guider ses choix. Une expérimentation en conditions réelles d’achat permettra de comparer 4 systèmes graphiques d’information nutritionnelle simplifiée. Celle-ci débutera à la mi-septembre. Tour d'horizon complet des réponses simples et complètes aux questions relatives à cette expérimentation.

Les logos

Qu’est-ce qu’un logo nutritionnel ?

Un logo nutritionnel est un graphisme destiné à informer le consommateur d’un coup d’oeil, sur la qualité nutritionnelle du produit. A cette fin, il prend en compte la valeur énergétique (calories) du produit et les teneurs en matières grasses (dont les acides gras saturés), en protéines, en glucides (dont les sucres), en sel et éventuellement les teneurs en certaines vitamines ou certains minéraux. Il ne vise donc pas à rendre compte de l’intégralité de la composition du produit alimentaire (additifs, allergènes, résidus de pesticides, etc.).

Pourquoi un logo nutritionnel graphique ?

A l’heure actuelle, l’étiquetage nutritionnel disponible sur les produits est réglementé à l’échelle européenne (règlement INCO 1169/2011 applicable depuis le 13 décembre 2014 et obligatoire à partir du 13 décembre 2016). Cette « déclaration nutritionnelle obligatoire » consiste en un tableau indiquant la valeur énergétique et un certain nombre de nutriments.

L’apposition d’un logo nutritionnel graphique rendrait l’information nutritionnelle plus lisible, faciliterait sa compréhension et permettrait une lecture instantanée. Le consommateur pourrait ensuite compléter son information en regardant l’étiquetage nutritionnel réglementaire et les autres informations nutritionnelles figurant, le cas échant, sur le packaging.

Quels sont les systèmes proposés ?

Les systèmes d’étiquetage nutritionnel proposés sont au nombre de quatre :

  • Le système « Nutri-Score »
  • Le système « SENS »
  • Le système « Nutri-Repère »
  • Le système « Nutri-Couleurs »

Quelles sont les bases de chacun des systèmes ?

Le logo « Nutri-Score » (« 5-C modifié »), est un système à cinq couleurs répartissant les produits en cinq catégories élaborées sur la base d’un score caractérisant la qualité nutritionnelle du produit à partir de la valeur énergétique et des teneurs en nutriments majeurs (matières grasses dont acides gras saturés, sucres, sel) ainsi que de la teneur en fibres et en protéines sous certaines conditions. La teneur en fibres ne figurant pas dans le tableau nutritionnel obligatoire, n’est pas nécessairement disponible pour le calcul du score. Les cinq couleurs apparaissent systématiquement sur l’emballage, avec une « loupe » sur la couleur attribuée au produit.

Le système « Nutri-Score »

Le logo « SENS » (Système d’Etiquetage Nutritionnel Simplifié) est un système à quatre couleurs, comportant en outre une indication sur la fréquence de consommation. Il est construit à partir d’une classification réalisée sur la base de la teneur du produit en énergie, en nutriments majeurs (protéines, matières grasses, sucres, sel) et en fibres. De plus, selon la catégorie d’aliment considérée, un nutriment caractéristique de cette catégorie est pris en compte (exemple : calcium pour les produits laitiers, fer pour les viandes et poissons,…). Chaque produit comprend l’un des visuels suivants :

Le système « SENS »

Le logo « Nutri-Repère » est un système améliorant un système déjà utilisé, les « RNJ » (Repères Nutritionnels Journaliers) ou « GDAs » (Guideline Daily Amounts). Il visualise la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel.

Le système « Nutri-Repère »

Le logo « Nutri-Couleurs » est un système mis en oeuvre au Royaume-Uni depuis plusieurs années (« Traffic Lights »), fondé sur une échelle à trois couleurs et fournissant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel. Selon la teneur (élevée, moyenne, faible) en nutriment apportée par une portion d’aliment, une des trois couleurs est attribuée à chacun d’entre eux.

Le système « Nutri-Couleurs »

Pourquoi le logo sera-t-il volontaire et non obligatoire ?

D’après la réglementation européenne en vigueur (règlement INCO 1169/2011), l’apposition d’un logo sur les emballages des produits est basée sur le volontariat des acteurs de la chaîne alimentaire : « Les États membres peuvent recommander aux exploitants du secteur alimentaire d’utiliser une ou plusieurs formes d’expression ou de présentation complémentaires de la déclaration nutritionnelle [...]», (la déclaration nutritionnelle obligatoire doit être constituée des mentions suivantes : valeur énergétique, teneurs en protéines, glucides dont sucres simples, matières grasses dont acides gras saturés, sel, pour 100g ou 100ml de produit et éventuellement pour une portion). Les textes européens étant juridiquement supérieurs aux textes nationaux, les autorités françaises ne peuvent que « recommander ».

L’article 14 de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 s’inscrit dans le cadre de ce règlement européen : « [...] la déclaration nutritionnelle obligatoire prévue par le même règlement peut être accompagnée d'une présentation ou d'une expression complémentaire au moyen de graphiques ou de symboles, dans les conditions prévues à l'article 35 dudit règlement. Les modalités selon lesquelles les recommandations de l'autorité administrative [...] sont établies et font l'objet d'une évaluation sont définies, après avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, par décret en Conseil d'Etat. ».

Un logo va-t-il encore surcharger l’étiquetage des produits ?

C’est en effet une information supplémentaire sur la face avant du packaging du produit mais dans l’objectif d’apporter une information simplifiée, compréhensible en un coup d’oeil.

Le logo aura-t-il vocation à être apposé sur tous les types de produits ?

Le logo a vocation à être apposé sur tous les produits emballés vendus dans la distribution. A contrario, il ne figurera pas sur les produits non emballés ni dans la restauration par exemple. Le règlement européen et la loi française ne concernent ni les boissons alcoolisées (titrant plus de 1,2% d’alcool) ni les compléments alimentaires. Ces produits ne porteront donc pas de logo nutritionnel graphique. Le règlement INCO ne couvre pas les eaux minérales naturelles mais les systèmes 5-C et SENS les incluent.

Le logo traduit-il vraiment toutes les composantes de la qualité nutritionnelle des produits ?

Non, le logo a pour but d’apporter une information générale et claire au consommateur sur la valeur énergétique et un certain nombre de nutriments. Tous les logos prennent en compte la valeur énergétique et l’apport en acides gras saturés, en sucres et en sel des produits alimentaires. D’autres éléments peuvent varier selon les logos (cf. réponse à la question 4). Aucun des logos ne visent à rendre compte de la teneur complète en minéraux et vitamines. Le système SENS prend en compte le calcium et le fer selon les catégories de produits. Le système Nutri-Score tient indirectement compte, pour ce qui concerne les produits contenant des fruits et légumes, de la vitamine C, à travers le pourcentage éventuel de fruits et légumes.

Le logo peut-il répondre aux attentes des consommateurs ?

Oui, le logo peut répondre aux attentes des consommateurs sur certains de leurs besoins d’information. Beaucoup d’entre eux trouvent que l’information nutritionnelle actuelle est trop complexe et/ou trop longue à lire en conditions réelles d’achat. Ils souhaitent avoir accès à une information simple pour les guider dans leurs choix alimentaires. L’information fournie pourrait contribuer, si elle est suivie par les consommateurs, à la prévention du surpoids, du diabète ou des risques cardio-vasculaires.

Qu’a dit l’Anses sur les logos qui lui ont été soumis ?

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a validé les algorithmes utilisés par deux des quatre logos (les deux systèmes synthétiques) : le système 5- C (à cinq classes) moyennant quelques améliorations et le système SENS (à quatre classes). L’Anses a également comparé ces deux logos. D’après ses conclusions, « L’agence […] a mis en évidence une concordance globale des systèmes et des différences limitées. Les deux systèmes s’accordent particulièrement sur les aliments extrêmes : ceux classés très favorablement par un système le sont le plus souvent par l’autre. Symétriquement, les aliments auxquels une classe défavorable est assignée par un système obtiennent généralement une classe médiocre dans l’autre système ». Des différences existent cependant, par exemple pour les boissons rafraîchissantes sans alcool ou les produits sucrés.

Qu’en est-il ailleurs ?

En Europe, des systèmes graphiques d’étiquetage nutritionnel ont déjà été adoptés : par exemple, en Grande Bretagne, le système Traffic lights (cf. réponse à la question 4) est utilisé sur une base volontaire par des opérateurs. Celui-ci fait d’ailleurs partie des quatre systèmes qui vont être évalués auprès des consommateurs français dans l’expérimentation (« Nutri-Couleurs »). En Suède, un logo représentant une serrure (verte ou noire) est apposé sur les produits alimentaires. En Nouvelle Zélande et en Australie, existe un logo « échelle étoilée » (aux visuels différents selon la place disponible sur le packaging) permettant la différenciation de produits alimentaires répartis en catégories prédéfinies, selon leur profil nutritionnel. Le système est principalement basé sur la teneur en énergie du produit et en nutriments à limiter (acides gras saturés, sucres, sel). Cependant, d’autres éléments peuvent être pris en compte : les éléments à encourager (calcium, fibres, protéines, fruits et légumes, noix).

Après le choix par les pouvoirs publics du logo qu’ils recommanderont, un producteur ou un distributeur pourra-t-il préférer en apposer un autre ?

Oui, en l’état actuel des textes européens, un producteur ou un distributeur demeurera libre d’apposer ou non le logo recommandé par les pouvoirs publics mais aussi d’en choisir un autre.

Les évaluations préalables en conditions réelles d'achat

Pourquoi des expérimentations (dites « évaluations ») en conditions réelles d’achat ?

Des expérimentations en conditions réelles d’achat permettent de donner la parole aux consommateurs : c’est le logo qui aura le plus d’effet sur le comportement d’achat des consommateurs qui sera retenu pour être recommandé par les pouvoirs publics.

Les expérimentations permettront également de mesurer les bénéfices et limites des systèmes sur la qualité nutritionnelle. Plus fondamentalement, l’intérêt du projet consiste à :

  • Faire des consommateurs les arbitres des décisions qui les concernent, en analysant ce qu’ils font des signaux qu’ils reçoivent et, en décelant, le cas échéant, les biais de compréhension ;

  • Contribuer à une première mondiale afin d’évaluer en vraie grandeur l’impact de dispositifs d’orientation des choix alimentaires prévus par la loi mais préalablement à son entrée en vigueur ;

  • Contribuer à une nouvelle manière d’agir sur le comportement alimentaire en fondant les dispositions réglementaires sur des preuves suffisantes d’efficacité ;

  • Porter au niveau européen, voire international, cette nouvelle manière d’agir et le dispositif qui sera mis en place.

Y avait-il déjà eu des expérimentations en conditions réelles d’achat ?

Non. Des travaux avaient été réalisés en laboratoire et sur des nombres réduits de consommateurs. Une expérimentation avait été réalisée en conditions réelles d’achat mais dans seulement deux magasins et avec un seul logo. Il y a eu des sondages et questionnaires, mais dont la valeur probante est nécessairement limitée. Il n’y a jamais eu d’expérimentation en conditions réelles d’achat à grande échelle et qui compare différents systèmes. C’est pourtant nécessaire pour pouvoir déterminer le système le plus efficace.

Quels sont les principes de cette évaluation en conditions réelles d’achat ?

L’évaluation consiste à tester les quatre systèmes sur des catégories de produits définies par le comité scientifique de l’évaluation telles que notamment les produits traiteurs frais, les pains, les viennoiseries, etc. Pendant trois mois, l’évolution des achats sera observée. Des études qualitatives seront également menées pour mesurer la compréhension de l’information nutritionnelle, notamment le logo testé et l’impact sur les choix des consommateurs.

50 magasins au moins vont être retenus, dans quatre grandes régions de France (Hauts-de-France, Normandie, grande couronne parisienne, région lyonnaise) : au minimum 40 magasins qui vont expérimenter les quatre systèmes (10 magasins par système) et au minimum 10 magasins témoins, qui n’en apposeront aucun.

Madame Touraine, ministre de la santé, a-t-elle changé d’avis et pourquoi ?

Madame Touraine s’est engagée, au moment de la préparation de son projet de loi sur la modernisation du système de santé, en faveur de la mise en place d’un logo nutritionnel. A cette époque, seul était proposé le logo 5-C et c’est dans ces circonstances que la ministre l’avait évoqué. Ensuite, d’autres systèmes ont été proposés. La ministre de la santé a donc jugé nécessaire, avant que les pouvoirs publics ne décident, de comparer ces différents systèmes en conditions réelles d’achat, pour voir concrètement lequel répondrait le mieux aux attentes des consommateurs en termes de clarification de l’information nutritionnelle sur les produits alimentaires, et obtenir un consensus de toutes les parties prenantes.

Cette évaluation retarde-t-elle la mise en place d’un logo ?

Pas vraiment. Au moment de la publication de la loi (26 janvier 2016), les systèmes évoqués n’étaient pas totalement au point. Le graphisme et le nom de chacun des logos a été mis au point entre février et 5 mai 2016. D’autre part, le système étant volontaire, il fallait susciter l’adhésion des producteurs et des distributeurs. Seule, l’idée d’une expérimentation préalable permettant de déterminer le logo le plus efficace a permis de les rallier au principe même d’un logo.

Quelles sont les positions des organisations de consommateurs, des industriels, des distributeurs ?

Les organisations de consommateurs souhaitent l’apposition d’un logo nutritionnel graphique. Beaucoup d’entre elles se sont prononcées au départ pour le système 5-C, qui était alors le seul proposé. Plusieurs systèmes étant désormais en compétition, elles sont favorables aux expérimentations en conditions réelles d’achat car celles-ci permettront que la décision finale des pouvoirs publics résulte des choix des consommateurs eux-mêmes.

Les industriels soutiennent des systèmes différents. Certaines entreprises sont partisanes du système SENS, d’autres de Nutri-Repère, mais d’autres aussi de Nutri-Couleurs. D’autres entreprises n’ont marqué de préférence ni pour l’un ni pour l’autre de ces trois systèmes. L’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) soutient avant tout le principe de l’expérimentation pour déterminer le logo le plus pertinent. Toutes les entreprises souhaitent un logo unique au plan européen qui serait plus simple pour elles.

Les distributeurs, membres de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), ont élaboré avec une scientifique, le logo SENS, qui est également soutenu par certains industriels.

Le Fonds français pour l’alimentation et la santé a-t-il une position et laquelle ?

Non, le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) n’a pas de position. Il n’a jamais pris parti pour l’un ou l’autre des logos proposés. Constatant que plusieurs systèmes étaient proposés et qu’aucun n’avait fait l’objet d’une expérimentation en conditions réelles d’achat, il s’est prononcé pour une telle expérimentation. La ministre de la santé lui a confié, le 2 février 2016, la partie opérationnelle dans l’expérimentation, ce qui entre dans ses mission propres : susciter et soutenir des projets expérimentaux (c’est lui qui avait soutenu l’expérimentation dans deux magasins du nord de Marseille, seule expérimentation en conditions réelles menée auparavant), éclairer le débat public en apportant des connaissances, contribuer à l’information du consommateur dans les domaines de l’alimentation et de la santé.

La conduite des évaluations en conditions réelles d'achat

Comité de pilotage, comité scientifique, réalisation opérationnelle, comment est organisé le dispositif de l’évaluation en conditions réelles d’achat ?

Le dispositif comprend notamment :

  • un comité de pilotage de ces évaluations, chargé de leur préparation, de leur mise en place et de la présentation des conclusions qui pourront en être tirées, de manière à ce que les pouvoirs publics puissent décider le système qu’ils recommanderont ;

  • un comité scientifique dont le rôle est d’établir le protocole de l’expérimentation et les lignes directrices pour sa mise en oeuvre ;

  • un porteur opérationnel du projet (le FFAS – Fonds français pour l’alimentation et la santé) réunissant les compétences pour réaliser le projet.

Pourquoi Christian Babusiaux, président du FFAS, co-préside-t-il le comité de pilotage ?

La ministre de la santé a chargé Benoît Vallet, Directeur général de la santé, et Christian Babusiaux de co-présider le comité de pilotage par la lettre de mission du 2 février 2016. Président de chambre honoraire à la Cour des comptes, Christian Babusiaux a exercé diverses fonctions touchant le domaine de l’alimentation. Il a créé la DGCCRF et l’a dirigée pendant 13 ans. Il a présidé le Conseil National de l’Alimentation, commun aux ministères de la Santé, de la Consommation, et de l’Agriculture, l’Institut National de la Consommation (60 millions de consommateurs) puis l’Institut des Données de Santé. Il a rempli plusieurs missions pour le gouvernement et notamment les ministères de la Santé, de la Consommation, et de l’Agriculture, par exemple, en 2014, une évaluation de la politique de sécurité sanitaire des aliments.

Christian Babusiaux préside le FFAS depuis avril 2015. Statutairement, il ne perçoit aucune rémunération. La ministre l’a choisi en raison de son expérience dans les domaines de la consommation, de l’alimentation et de la santé. Cette expérience et sa présidence au FFAS doivent contribuer à une bonne adhésion des acteurs à l’expérimentation et au principe du logo nutritionnel.

Comment est composé le comité scientifique de l’expérimentation ? Qu’en est-il des liens d’intérêt et des conflits d’intérêt ? Trois de ses membres n’ont-ils pas démissionné ? N’y a-t-il pas eu de pétition pro 5-C ?

Le comité scientifique de l’expérimentation est interdisciplinaire et est présidé par Monsieur Noël Renaudin. Il est composé d’experts en matière d’épidémiologie et d’évaluation, d’économie de la consommation alimentaire, de nutrition, de marketing social, de sociologie et psychologie sociale et de sciences des aliments.

Les membres de ce comité ont tous rempli une déclaration publique d’intérêt, consultable sur le site du ministère de la santé. Le président du comité scientifique a examiné ces déclarations publiques d’intérêt et a conclu à l’absence de conflits d’intérêt au sujet de l’expérimentation.

Tous les membres du comité ont approuvé le texte du protocole, sauf trois qui avaient démissionné. Oui il y a eu une pétition sur internet, lancée en décembre 2015. Par ailleurs, le Directeur général de la santé, Benoît Vallet, et Christian Babusiaux ont reçu l’auteur de la pétition et lui ont adressé une réponse écrite.

En savoir plus sur le dispositif d'évaluation.

Que contient le protocole d’expérimentation établi par le comité scientifique ?

Le protocole recense toutes les conditions de mise en oeuvre et réunit l’ensemble des éléments opérationnels de l’expérimentation. Il permet ainsi d’encadrer les différentes étapes de sa réalisation. Ce protocole, établi par le comité scientifique, est disponible sur le site internet du ministère de la santé.

Quels magasins, quels types de rayons, quelle durée ? Pourquoi ces choix ?

Trois enseignes participent à l’expérimentation : Auchan, Carrefour et Casino. Le dispositif d’évaluation sera appliqué sur quatre rayons - les produits traiteurs frais, les pains, les viennoiseries, plus un à déterminer -, pendant au minimum 10 semaines (de septembre 2016 à novembre 2016 inclus). Ces rayons sont très fréquentés par tout type de consommateurs dans toute la France et la rotation des produits est suffisante pour la puissance statistique de l’évaluation. Enfin, de nombreuses marques (marques de distributeurs, marques nationales, petites entreprises) sont présentes sur ces catégories de produits.

En complément de l’expérimentation en magasins, il y aura une étude en « drive » qui correspond également à une évaluation en conditions réelles. Cette étude permettra d’augmenter le nombre de consommateurs exposés à l’évaluation. L’étude en drive portera sur au moins une enseigne.

Quels financements ?

Un ensemble de financements permettra cette expérimentation : des financements publics provenant d’une part, du ministère chargé de la santé et d’autre part, de l’assurance maladie (CNAMTS, sur son fonds de prévention) et des financements privés provenant d’un nombre important d’industriels et de distributeurs. Les financements d’origine publique et ceux d’origine privée seront globalement équivalents. Les premiers assureront notamment la couverture des frais fixes (ceux qui sont indépendants du nombre de systèmes expérimentés). Les financements privés couvriront les frais variables (ceux afférents aux systèmes expérimentés). Ils seront mutualisés, chaque contribution participant au financement de l’expérimentation des quatre systèmes. Les financements privés témoigneront de l’adhésion des acteurs économiques au principe d’un logo nutritionnel.

Quel sera le rôle du FFAS dans l’expérimentation en conditions réelles d’achat ?

Le FFAS a été choisi par le Gouvernement pour être le porteur opérationnel du projet (cf. réponse à la question 19). Le FFAS a en charge l’animation et la coordination des prestataires qui réaliseront les opérations matérielles et doit assurer la levée des fonds.

Qu’est-ce que le FFAS ?

Créé en 2011, le Fonds français pour l’alimentation et la santé a pour objectif d’apporter aux consommateurs, ainsi qu’aux décideurs publics et privés, des connaissances scientifiques sur les relations entre alimentation et santé. Il est maintenant un interlocuteur permanent des pouvoirs publics et est reconnu pour sa capacité à conduire des études de grande envergure permettant de conforter l’assise scientifique des politiques publiques qui ont trait à l’alimentation (cf. aussi l’encadré à la fin du présent document).

Quels contrôles, quelles garanties ?

L’étude sera ponctuée par un ensemble de contrôles, les uns réguliers, les autres aléatoires :

  • Des recueils seront tenus par des chefs de projet en magasins ;

  • Un contrôle hebdomadaire sera effectué par une équipe de diététiciens (par exemple, pour la vérification du stickage des produits) dans chaque magasin ;

  • Un contrôle de deuxième niveau sera exercé par une équipe pluridisciplinaire de quatre personnes désignée par le FFAS ;

  • Des contrôles inopinés de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pour vérifier par exemple, le bon suivi et le réassort des produits étiquetés.

Comment et par qui seront analysés les résultats ?

Un appel d’offres sera lancé par le comité de pilotage auprès d’organismes publics n’ayant pas de lien d’intérêt avec les promoteurs de logo et disposant des capacités de traitement statistique nécessaires pour traiter les données recueillies au cours de l’évaluation. Les données recueillies et les résultats des traitements seront transmis au comité scientifique puis au comité de pilotage, aux termes de la charte de gouvernance.

Où en est-on ?

Ce qui a été fait :

  • Mise en place de la gouvernance
  • Engagement des fédérations professionnelles (Fédération du Commerce et de la Distribution, Association Nationale des Industries Alimentaires et fédérations adhérentes)
  • Construction globale du financement public et privé
  • Elaboration du protocole par le comité scientifique et validation par le comité de pilotage
  • Collecte des fonds privés
  • Validation des zones géographiques
  • Mise en place de l’équipe opérationnelle

Les prochaines étapes :

  • Choix définitif des rayons et des types de produits
  • Etude préalable fin juin en laboratoire (par exemple, mise au point de la taille des logos en fonction de la dimension du packaging)
  • Expérimentation en magasins et en drives de septembre à novembre 2016 inclus
  • Traitements statistiques de données recueillies par un organisme public retenu à la suite de l’appel d’offres
  • Rapport final du comité scientifique au comité de pilotage et décisions des pouvoirs publics

En savoir plus sur le FFAS

Réunissant la communauté scientifique, des acteurs économiques et associatifs, des administrations et institutions publiques, le Fonds français pour l’alimentation et la santé a pour objet d’apporter des réponses robustes aux questions qui se posent sur l’alimentation et à produire des éléments d’aide à la décision scientifiquement incontestables.

Sa rigueur et sa crédibilité sont garanties par ses modalités de gouvernance, notamment par un Conseil scientifique et éthique de haut niveau comprenant des personnalités éminentes ayant, ou ayant eu, un rôle de premier plan dans les établissements publics de recherche, universités, sociétés savantes ou dans de grandes institutions publiques.

Le FFAS regroupe des experts reconnus dans toutes les dimensions de l’alimentation (physiologiques, culturelles, sociologiques, psychologiques et affectives, économiques) et pour tous les sous-groupes de la population (catégories d’âge, catégories socioprofessionnelles, etc.).

Son objectif général est de « comprendre et agir au service de la population » en vue de lui permettre un bon état de santé, grâce à son alimentation, à tous les âges de la vie.

Ses missions d’intérêt général consistent ainsi à :

  • Mobiliser les acteurs, publics et privés, sur un sujet, l’alimentation et la santé, qui intéresse chaque individu au quotidien ;

  • Financer des recherches, notamment sur les comportements alimentaires et leurs déterminants, chaque fois que les connaissances disponibles sont insuffisantes ;

  • Engager ou souteni des actions concrètes de terrain pour favoriser des comportements et modes de vie sains ;

  • Structurer le débat sur les nombreux enjeux liés à l’alimentation ;

  • Diffuser de l’information scientifique aux relais d’opinion et au grand public.

Le FFAS a vocation à mobiliser des financements privés et publics. Son appel à projets de 2015 portait sur « précarité et alimentation » et celui qu’il a lancé le 9 juin 2016 porte sur le « travail en horaires décalés : conséquences sur l’alimentation et la santé ».

SOURCE : Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS)

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s