Zoom sur... l'alimentation des ados

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Recherche du goût pour les adolescents ou préoccupations liées au poids chez les adolescentes : les choix et préférences alimentaires des jeunes européens ont été passés au crible dans le cadre de l'étude HELENA, dont Chantal Gilbert vient présenter les principaux résultats à l'occasion des XVIIIème Rencontres Scientifiques de Nutrition organisées par l'Institut Danone.

« Zoom sur... l'alimentation des ados » - Crédit photo : © Prometeus | Dreamstime.com Dans le cadre du projet HELENA ("Healthy Lifestyle in Europe by Nutrition in Adolescence"), un questionnaire spécifique a été développé pour explorer les choix et préférences alimentaires des adolescents. Le questionnaire a été soumis à 3 202 adolescents dans onze villes européennes. L'échantillon d'adolescents a été sélectionné en utilisant la méthode "random cluster sampling" (Moreno et al., 2008). Les résultats sont présentés par Chantal Gilbert (Campden BRI, Royaume-Uni), lors des XVIIIe Rencontres Scientifiques de Nutrition organisées par l'Institut Danone.

Une question de sexe

Plusieurs phrases/énoncés ont été présentés aux adolescents afin de mesurer leurs attitudes vis-à-vis de la santé et de l'alimentation. En examinant les réponses à ces phrases, plusieurs différences significatives (p<0,05) entre les garçons et les filles ont été mises en évidence. Les garçons se sont révélés davantage préoccupés par le goût de la nourriture, et estimaient que les aliments bons pour la santé n'avaient pas très bon goût et n'étaient pas rassasiants. Les filles, en revanche, se sont montrées avant tout préoccupées par leur poids, choisissaient plus souvent des produits aux céréales complètes ou allégés en matière grasse, et indiquaient qu'elles aimaient manger des fruits et des légumes. Pour autant, les garçons étaient plus souvent d'accord que les filles avec la phrase "je pense que mon alimentation est saine".

Grignotage et goûts

Les principales raisons expliquant le grignotage entre les repas ont été les suivantes : "j'ai faim", "je m'ennuie", "j'ai besoin d'énergie", et "j'ai envie de quelque chose de sucré". L'ennui, le stress et la tristesse ont été plus souvent cités chez les filles que chez les garçons.

Une analyse en composantes principales (méthode d’analyse statistique) a montré que les en-cas non appréciés - comme les en-cas à base de viande (saucisson, saucisse sèche…), les fruits secs, les produits préparés à base de pâtes (bol de nouilles par exemple) et les flocons d'avoine - ne sont jamais consommés ; ces produits sont considérés par les adolescents comme n'étant "ni bon ni mauvais pour la santé". Les produits fréquemment consommés sont ceux qui sont soit appréciés, soit perçus comme bons pour la santé (par exemple les fruits, légumes, yaourts...). Les produits appréciés mais perçus comme néfastes pour la santé ne sont consommés que "parfois" (par exemple chocolat, chips, hamburgers...).

"Les choix des adolescents sont nettement influencés par le goût de l'aliment et la faim. Cette étude nous donne de nouvelles informations sur les choix et les préférences des adolescents en utilisant, pour la première fois, la même méthodologie dans chaque pays européen", conclut Chantal Gilbert.

Spécificités nationales

Si l'étude HELENA n'a pas été conçue pour permettre des comparaisons entre pays (et donc tirer de conclusions définitives), quelques petites tendances peuvent être dégagées au regard des résultats. Concernant l'assertion selon laquelle "Le grignotage fait nécessairement partie d'une alimentation saine", les adolescents suédois se révèlent les plus en accord avec cette idée (moyenne de 5,0 sur une échelle allant de 1 = "Pas du tout d'accord" à 7 = "Tout à fait d'accord"), suivis de près par la Grèce, l'Allemagne et la Crète (moyenne de 4,9). Les jeunes français se distinguent comme étant les européens les moins en accord (2,2) avec cette assertion, devant les espagnols (2,7).

On note également une forte dispersion des réponses concernant la proposition "Ce que je grignote entre les repas est bon pour la santé". La France est la plus en désaccord (moyenne de 2,7). La Crète et la Grèce montrent également peu d'accord avec cette assertion, avec des moyennes respectives de 3,3 et 3,4. A l'autre extrémité, l'Allemagne et la Suède affichent le plus fort accord avec des moyennes de 4,6 et 4,4.

A propos de Chantal Gilbert

Diplômée d'une Maîtrise en Statistiques de l'Université de York (Toronto, Canada), Chantal Gilbert possède plus de dix ans d'expérience dans le domaine de l'analyse sensorielle au niveau recherche, analyse des données et formation. Elle travaille à Campden BRI (Royaume-Uni) depuis 2002, où elle est chargée de l'équipe de recherche dans le département des Sciences Sensorielles et du Consommateur. Elle est aussi la statisticienne du département.

Chantal Gilbert est chargée de plusieurs projets de recherche, dont le développement et la validation des méthodes pour l'analyse sensorielle, et l'exploration des effets de l'environnement et des émotions sur la perception et la préférence des produits. Elle assure la fonction de président du "European Sensory Network", et est membre de la "Sensometric Society" et de l’"American Society for Testing Materials".

Référence :

Moreno, L.A., De Henauw, S., González-Gross, M., Kersting, M., Molnár, D., Gottrand, F., et al. on behalf of the HELENA Study Group (2008) Design and implementation of the Healthy Lifestyle in Europe by Nutrition in Adolescence Cross-Sectional Study. International Journal of Obesity, Vol. 32, Suppl. 5, November 2008, S4-S11.

(D'après la conférence « Choix et préférences alimentaires des adolescents européens : les résultats de l'étude HELENA. » par Mme Chantal Gilbert - Campden BRI, Royaume-Uni)

SOURCE : XVIIIèmes Rencontres scientifiques de nutrition de l'Institut Danone

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