Zoom sur... alimentation et cancer

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Selon l'OMS, un tiers des cancers serait attribué à une alimentation non équilibrée. Cette affirmation a été confirmée par l'INC (l'Institut National du Cancer) qui indique qu'une alimentation diversifiée et équilibrée, privilégiant l'apport de facteurs protecteurs et limitant la consommation de boissons alcoolisées (associée à la pratique d'une activité physique visant à éviter la surcharge pondérale), peut réduire de 30 %, environ, les cas de cancer. Cette mesure représenterait à terme une diminution globale potentielle d'environ 100 000 cas de cancer par an en France !

Alimentation et cancer : qu’en disent les études scientifiques ?

« Zoom sur... alimentation et cancer » - Crédit photo : www.ligue-cancer.asso.fr Reste que, actuellement, les experts sont divisés quant au rôle de notre alimentation dans la survenue des différents cancers. Par ailleurs, des études scientifiques sont menées sur le sujet, mais la plus importante d’entre-elles, l’étude EPIC (lancée en 1993 dans 10 pays européens), ne livrera ses résultats que dans quelques années.

De plus, comme le rappelle le Pr. Lecerf, chef de clinique de l’Institut Pasteur de Lille : « Entre les données de la recherche fondamentale et l’assiette, il y a un grand pas qu’il ne faut pas franchir trop rapidement, cela pourrait pousser à des erreurs ». Mais, en cette absence de preuves actuelles « scientifiquement validées », faut-il attendre que les évidences tombent pour nous préoccuper de ce problème bien réel ?

Une expertise implacable, dix recommandations

Différents organismes de santé, nationaux ou internationaux, peuvent aujourd’hui réaliser un « tri » entre substances alimentaires incriminées ou fortement suspectées dans la survenue et/ou la prévention des cancers. Certains composants alimentaires sont désormais clairement impliqués dans la survenue de certaines de ces affections, alors que d’autres ont démontré leur effet bénéfique.

Ainsi, le FMRC vient de publier dans son dernier rapport un tableau récapitulatif des ingrédients dont les propriétés « pro » ou « anti » cancer sont clairement établies ou supposées. Comme le souligne un article récent paru dans Sciences et Avenir (avril 2008), qui titrait en « Une » sur le thème « Aliments & Cancers », le rapport du FMRC est une implacable expertise. Cette étude a donc abouti à l’émission de 10 recommandations qui prodiguent des conseils nutritionnels.

Des pesticides dans nos assiettes ?

Au-delà des substances naturelles présentes dans nos assiettes, se pose le problème des composants issus de l’agriculture intensive (composés phytosanitaires...) et des polluants industriels qui se nichent dans nos aliments et pourraient avoir d’importants impacts sur la survenue des cancers.

Premier au banc des accusés, les pesticides. Depuis près de 50 ans, ces produits ont été mis en évidence dans tous les compartiments de l’environnement (eaux des rivières, nappes phréatiques, air et eaux de pluie...). On les trouve aussi dans les fruits, les légumes, les céréales et les produits d’origine animale que nous consommons. Malgré de nombreuses précautions, l’exposition humaine à ces substances est donc aujourd’hui bien réelle : des résidus de pesticides ont été détectés dans le sang, les urines, le tissu adipeux, certains organes, et même dans le lait maternel.

Mais la majorité des études sont conduites sur le sol américain, et la prise de conscience en Europe reste lente. Pourtant, la France est le 1er consommateur européen de pesticides, et le 3ème au niveau mondial derrière les USA et le Japon ! Cela représente 76 000 tonnes utilisées en 2004 pour un chiffre d’affaires frôlant les 2 milliards d’euros ! En France, l’Observatoire des Résidus et Pesticides (ORP) estime qu’aujourd’hui 80 à 90 % de la population est exposée.

Le risque semble bien réel, et dépasse même, aujourd’hui, la simple frontière des craintes liées aux pesticides, car certains phytosanitaires s’avèrent être, aussi, des perturbateurs endocriniens. De quoi s’agit-il ? Ces substances exogènes, en mimant nos hormones, vont interférer avec ces dernières, altérant ainsi le bon fonctionnement de notre système endocrinien. Des cas de cancer de l’utérus ou encore de tumeurs du cerveau ont été attribuées à certains perturbateurs endocriniens, les plaçant dans la catégorie des substances dangereuses. Sont-ils réellement présents dans notre alimentation quotidienne ? Si oui, sont-ils dangereux à dose infime ? Et faut-il craindre leur accumulation dans notre corps au fil d’une vie ?

L’obésité : un facteur aggravant ?

Que n’a-t-on dit sur l’obésité ? Surtout, qu’elle est impliquée dans les maladies cardio-vasculaires et le diabète. Sauf que de nombreuses études ont montré, aussi, l’existence d’une corrélation entre surpoids et développement de certains cancers, tels que ceux de l’œsophage, du pancréas et des reins. L’OMS prévoit qu’en 2015, environ 2,3 milliards de personnes dans le monde souffriront d’embonpoint et plus de 700 millions seront obèses !

Des chiffres très inquiétants quand on annonce que le surpoids et la sédentarité seraient responsables du tiers des décès par cancer, ce qui est comparable au taux de mortalité imputable au tabagisme. L’OMS estime par ailleurs que le maintien d’un équilibre pondéral réduit le risque de certains types de cancer.

En bref...

Nous retiendrons que le sujet « Alimentation & Cancer » divise les experts à ce jour. Cependant, il est admis par l’ensemble de la communauté internationale qu’un lien existe bien entre ces deux facteurs. S’il convient de mieux informer le grand public sur le sujet, il n’est pas non plus nécessaire de l’alarmer, mais simplement de lui donner les moyens de se faire sa propre opinion, pour qu’il puisse choisir de modifier ou non son mode d’alimentation.

(Groupe Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse - Mission Agrobiosciences et Assosciences Midi-Pyrénées)

SOURCE : Groupe ESC Toulouse

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