Zoom sur... 50 ans de consommation alimentaire

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Entre 1959 et 2010, la part de l’alimentation dans les dépenses des ménages a évolué. La consommation des denrées et produits alimentaires aussi. Sans parler des prix… Une étude (1) de la DGCCRF (2) fait aujourd’hui un « traveling » sur nos 50 dernières années de consommation alimentaire.

En 1959, les Français consacraient l’équivalent de 47,2 milliards d’euros à leur alimentation. En 2010, 133,4 milliards d’euros. Entre-temps, la population est passée de 45 millions d’habitants à près de 63 millions. Rapportée au nombre d’habitants, la consommation de produits alimentaires a augmenté d’un peu plus de 100 %, soit de 1,40 % par an. Par rapport à l’évolution des dépenses totales de consommation, la progression des dépenses liées à l’alimentation a été indiscutablement plus faible. En 50 ans, la part de l’alimentation dans les dépenses des ménages a notablement diminué, passant de 21,5 % à 13,4 %.

L’alimentation, 3ème poste de dépense des ménages

En 2010, l’alimentation était le troisième poste de consommation des ménages. Devant le poste « logement/chauffage/ éclairage » et le poste « transports ». Une part importante de la consommation concerne en effet ce qu’on appelle les dépenses contraintes : logement, eau, gaz, électricité, cantine, TV, assurances et services financiers…

Moins de vin, de pain, de pommes de terre

Durant les dernières décennies, les comportements de consommation alimentaire ont évolué. En quantité, mais aussi en qualité : les choix se sont souvent déplacés vers des produits de catégorie supérieure ou mieux élaborés. La consommation moyenne de vins courants est passée de 95,6 litres par an et par personne en 1970 à 22,7 litres en 2008. Dans le même temps, la consommation moyenne de pain – un aliment resté longtemps symbolique - a considérablement chuté : de 80,6 kg par personne et par an à 51,7 kg. Celle de pommes de terre aussi : de 95,6 kg à 68,5 kg. A l’inverse, la consommation de certains produits, comme les légumes frais et les poissons, a connu une croissance assez forte ces 40 dernières années.

Des prix pas toujours calqués sur l’inflation

L’évolution des prix n’est pas parallèle aux fluctuations de la consommation. La consommation de pain et produits céréaliers est en fort déclin, mais leurs prix augmentent bien plus vite que l’inflation depuis 1991. Globalement, la part de la consommation de légumes a chuté en 60 ans. Leurs prix augmentent maintenant à un rythme proche de l’indice des prix à la consommation (IPC). Enfin, la consommation de produits laitiers a augmenté en 50 ans. La part des produits laitiers est supérieure à celle des légumes et même, depuis 2005, à celle du pain et des céréales. Toutefois, depuis une vingtaine d’années, les prix des produits laitiers augmentent bien moins vite que l’inflation générale…

Le pouvoir d’achat pèse sur les comportements

C’est aussi un constat de l’étude de la DGCCRF : la consommation évolue souvent de manière inverse aux variations des prix. Certes, les comportements d’achat, dans le domaine de l’alimentation, dépendent de facteurs culturels et même diététiques. Mais ils sont déterminés aussi en grande partie par l’évolution des prix et le pouvoir d’achat des ménages.

(1) Hanne H, Roux N. DGCCRF Eco 2012 ; 4 : 1-16.

(2) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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