Votre coeur vieillit-il plus vite que vous ?

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Une nouvelle étude du Centre universitaire de santé McGill révèle que la présence de multiples facteurs de risque peut augmenter de 10 ans l'âge cardiovasculaire (âge du patient moins la différence entre son espérance de vie résiduelle estimée et l'espérance de vie résiduelle moyenne des Canadiens de même âge et de même sexe).

Même si on dispose de plus en plus de preuves que la prise en charge d'un taux de cholestérol élevé permet de réduire les complications cardiovasculaires, bien des gens n'atteignent pas les taux de lipides recommandés . Cette situation s'explique en partie par le fait que les patients comprennent mal leurs facteurs de risque et les bienfaits qu'ils pourraient obtenir en modifiant leur mode de vie et en suivant un traitement.

Une nouvelle étude réalisée par le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), l'étude CHECK-UP (Cardiovascular Health Evaluation to Improve Compliance and Knowledge Among Uninformed Patients), fournit maintenant des preuves concluantes qu'en informant les patients vulnérables des risques de complications cardiovasculaires auxquels ils sont exposés, on améliore la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire tels que l'hypercholestérolémie. Les résultats de cette étude, la première du genre menée avec succès dans le monde, sont publiés cette semaine dans Archives of Internal Medicine.

" Les maladies cardiovasculaires représentent un lourd fardeau économique pour le système de santé canadien, mais ce qui est encore plus préoccupant, ce sont leurs conséquences dévastatrices sur la vie humaine, déclare le Dr Steven Grover, auteur principal et directeur du Programme complet d'amélioration de la santé McGill. Selon l'étude CHECK-UP, quand les Canadiens participent plus activement aux décisions concernant les soins qu'ils reçoivent, ils sont mieux outillés pour gérer les risques de complications cardiovasculaires auxquels ils sont exposés. "

Les participants à l'étude CHECK-UP présentaient une hypercholestérolémie qui devait être traitée conformément aux lignes directrices du Groupe de travail canadien sur le traitement des dyslipidémies. On y trouvait des patients atteints de diabète ou d'une maladie cardiovasculaire avérée ainsi que des personnes présentant de multiples facteurs de risque cardiovasculaire. Les résultats de l'étude indiquent que le traitement hypolipidémiant est plus efficace lorsque les patients sont conscients de leur risque cardiovasculaire et reçoivent une rétroaction continue de la part de leur médecin en ce qui a trait aux répercussions que des modifications au mode de vie et un traitement par une statine peuvent avoir sur leur risque cardiovasculaire. Ces patients ont réduit davantage leurs taux de lipides; en fait, plus le risque cardiovasculaire du patient était élevé, plus l'effet sur son profil de risque était grand.

Pour établir les profils de risque informatisés de l'étude CHECK-UP, on a utilisé les données de la Framingham Heart Study et du Cardiovascular Life Expectancy Model, publié par l'équipe de recherche de McGill. Le risque cardiovasculaire de chaque patient a été déterminé en fonction de l'âge, du sexe, de la tension artérielle, de la lipidémie, du tabagisme, de la présence de diabète et des antécédents de manifestation cardiaque telle qu'une crise cardiaque. Par exemple, un homme de 43 ans qui fume, fait de l'embonpoint et présente un taux de cholestérol et une tension artérielle supérieurs à la moyenne a un âge cardiovasculaire équivalent à celui d'un homme de 51 ans. Si tous ses facteurs de risque étaient pris en charge conformément aux lignes directrices canadiennes actuelles, cet homme pourrait réduire son âge cardiovasculaire à 42 ans.

" Nous sommes ravis des résultats de l'étude CHECK-UP, dit le Dr Grover. Il s'agit de la première étude du genre au Canada à se concentrer sur l'importance de communiquer le risque mathématique aux patients exposés à un risque élevé d'accident cardiovasculaire, comme une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Le fait de parler au patient de son risque coronarien et de la nécessité de prendre des mesures concrètes contribue dans une large mesure à améliorer la prévention. "

Les maladies cardiovasculaires, qui englobent les maladies du c½ur et l'accident vasculaire cérébral, sont la principale cause de mortalité au Canada . Des recherches démontrent qu'environ 80 pour cent des Canadiens présentent au moins un facteur de risque modifiable de maladie cardiovasculaire. L'hypercholestérolémie, l'hypertension, l'obésité et la sédentarité en sont des exemples .

A propos de l'étude CHECK-UP

L'étude CHECK-UP a mobilisé 230 médecins de soins primaires et 2 687 patients exposés à un risque élevé de crise cardiaque attribuable à un taux élevé de lipides. De ce nombre, 1 510 patients ont reçu un rapport complet sur leur risque coronarien à chacune de leurs visites chez le médecin pendant un an. Ce rapport comprenait leur âge cardiovasculaire* et leur risque de subir un accident cardiovasculaire dans les huit prochaines années. Ces données, calculées en fonction d'éléments clés liés directement à leur mode de vie - notamment le tabagisme, le taux de cholestérol et la tension artérielle - ont permis aux médecins de démontrer et de quantifier avec précision l'incidence du mode de vie et d'un traitement médical sur la santé du patient.

Lors de l'étude, les patients ont été répartis de façon aléatoire pour recevoir les soins habituels ou obtenir, lors de visites régulières chez leur médecin, une rétroaction sur le risque cardiovasculaire calculé et la prise en charge de ce risque par la modification du mode de vie ou un traitement par une statine visant à réduire leur taux de cholestérol. Lors des visites de suivi, toute amélioration des facteurs de risque associée à la prise du médicament ou à la modification du mode de vie était prise en compte pour recalculer l'âge cardiovasculaire. Le patient et son médecin avaient alors une idée claire de l'effet du traitement sur l'état de santé. L'étude CHECK-UP, qui a été financée par une contribution inconditionnelle à visée éducative de Pfizer Canada, a été élaborée en collaboration avec le Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Le Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM)

Le CUSM est un centre hospitalier universitaire complet, reconnu à l'échelle internationale pour l'excellence de ses programmes cliniques, de ses recherches et de son enseignement. Il est issu de la fusion de cinq hôpitaux universitaires affiliés à la Faculté de médecine de l'Université McGill : l'Hôpital de Montréal pour enfants, l'Hôpital général de Montréal, l'Hôpital Royal Victoria, l'Hôpital et l'Institut neurologiques de Montréal et l'Institut thoracique de Montréal. Misant sur le leadership médical acquis des hôpitaux fondateurs, le CUSM offre aux patients des soins inspirés des connaissances de pointe dans le domaine de la santé et participe à l'acquisition de connaissances nouvelles.

(Communiqué de presse du 26 novembre 2007)

SOURCE : Université McGill

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