Vitamine C et cancer : le dénouement d'une vielle histoire ?

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La vitamine C (acide ascorbique, AA) a été considérée pendant de longues années comme un simple complément alimentaire. Ceci vient des personnes carencées en vitamine C, atteintes de scorbut. Le mécanisme proposé étant le pouvoir antioxydant de cette molécule. Un des premiers à avoir proposé un autre rôle à l'AA est Linus Pauling, le Prix Nobel 1954.

« Vitamine C et cancer : le dénouement d’une vielle histoire ? » - Crédits photo : www.emarrakech.info Il a suggéré des vertus anti-cancéreuses à l’Acide Ascorbique et a suggéré une administration à doses quotidienne élevées (2 g / jour). Des essais, aussi bien chez l’animal que chez l’homme ont donné des résultats contradictoires. L’équipe de Michel Fontés vient de montrer (PloS ONE du 6 février) que l’AA a bien des propriétés anti-prolifératives donc anti-cancéreuses, mais que pour être efficace en tant que médicament, elle devait être injectée à haute dose.

Peut-être, l’ouverture vers le développement d’une toute nouvelle classe de médicaments potentiels

Ces travaux reposent sur une analyse de l’impact du traitement de l’AA sur l’expression des gènes humains, montrant que ce traitement inhibe l’expression de gènes impliqués dans la prolifération des cellules. De plus, cette équipe a montré, sur un modèle animal de cancer, qu’un traitement par injection augmentait fortement la survie des souris, réduisait la croissance de la tumeur et inhibait la formation de métastases. Ces travaux font suite à la découverte des propriétés thérapeutiques pour une maladie rare, la maladie de Charcot-Marie-Tooth, qui a conduit à une publication dans Nature Médicine, la prise d’un brevet par l’Université de la Méditerranée et aux premiers essais cliniques au monde.

Cette découverte ouvre la porte à des essais cliniques pour cette molécule. De plus, le mécanisme d’action ayant été dévoilé, le développement de toute une nouvelle classe de médicaments potentiels, fondés sur cette nouvelle propriété, va pouvoir être rapidement envisagé.

(D’après le Professeur Michel Fontés, EA 4263, Thérapie des Maladies Génétiques, Université de la Méditerranée)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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