Vers une fragmentation de l'alimentation des Français ? Des fondements sociologiques aux impacts santé

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Grignotage ou fragmentation alimentaire, des deux notions sont souvent mal comprises. Alors que le grignotage est suspecté de contribuer au surpoids, la fragmentation alimentaire aurait des intérêts dans la lutte contre l'obésité. A l'occasion de l'édition 2008 des Journées de Nutrition Pratique Dietecom, Kellogg's a réuni les experts de la fragmentation de l'alimentation pour mieux comprendre ce phénomène. Des aspects sociologiques aux impacts sur la santé de la fragmentation alimentaire aux réponses actuelles, tour d'horizon.

« Vers une fragmentation de l’alimentation des Français ? Des fondements sociologiques aux impacts santé » - Crédits photos : www.eufic.orgLes prises alimentaires hors-repas, un univers en constante évolution

L’organisation des prises alimentaires dépend de très nombreuses variables plus ou moins conscientes. Le temps (durée, fréquence, régularité...), l’espace (à domicile, au bureau, à table, au salon...) ou le contenu même des prises alimentaires (quantités, plats...) sont bien sûrs des critères de premier ordre. Les caractéristiques des prises alimentaires dépendent également de dimensions sociales fortes (ambiance, nombre de convives...) ou même d’une certaine normalisation, fonction des cultures (menus, rituels, manières de table...).

Par ailleurs, sous l’impulsion de divers facteurs socio-économiques, les comportements liés aux prises alimentaires évoluent. Notons par exemple la réduction de la taille des familles, l’évolution des modes de vie vers plus d’activités de loisirs et de nouvelles organisations du temps de travail, l’urbanisation, le développement de l’offre de produits ou encore une individualisation croissante.

Mieux comprendre les prises alimentaires

De la « gastro-anomie » déstructurée à la gastronomie ritualisée, les prises alimentaires peuvent être organisées en fonction de critères de temps et d’espace. Ainsi le grignotage représente-t-il l’extrémité la plus déstructurée et le banquet la prise alimentaire répondant au maximum de contraintes. Au centre, le déjeuner fait figure de prise alimentaire type.

Pour toutes ces prises alimentaires, la recherche de plaisir, de bienfaits et de convivialité sont avant tout fonction des individus. Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance de fond de réduction du temps consacré à l’alimentation.

Les types de prise alimentaire

Les enjeux du fractionnement alimentaire sur la santé

Le rythme des prises alimentaires évolue avec l’âge. La plupart des enfants consomment 4 à 5 repas par jour. Vers 10-12 ans, plus de 90% d’entre eux passent à un rythme de 4 repas quotidiens. Puis au cours de l’adolescence, le pourcentage de personnes prenant un goûter diminue fortement. Et la plupart des adultes se stabilisent à 3 repas par jour.

En 1969, une première série d’expériences menées par Janet Wardlaw [1] a étudié le bénéfice potentiel du fractionnement alimentaire chez l’animal et chez l’Homme. Ces travaux ont conclu qu’à prise énergétique égale, les animaux dont la fréquence des repas était réduite, prenaient de la masse grasse.

Chez l’Homme, de remarquables études ont été conduites dans l’ex-Tchécoslovaquie par l’équipe de Fabry [2] qui pouvait conclure en 1974 « Nous avons fait de nombreuses études, sur près de 900 sujets d’âges différents, qui ont toutes révélées qu’un rythme de 3 repas ou moins, comparé à 5 ou plus, conduit à une tendance au surpoids... ».

Nombre de repas et collations selon l’âge

Fractionner ses repas, est-ce grignoter ?

Aujourd’hui grignotage et prises alimentaires fractionnées sont souvent confondus. Or le grignotage est fortement suspecté de contribuer au surpoids et à l’obésité. Le grignotage est lui défini comme une prise alimentaire sans faim et qui ne permet pas à l’organisme d’arriver à une sensation de satiété.

En ce qui concerne les prises alimentaires fractionnées elles sont encore mal définies dans la littérature scientifique. En effet, les Hommes se stabilisent à 3 repas par jour sous la pression sociale et environnementale et non par besoin physiologique.

Quel rôle de la fréquence des repas sur le surpoids et l’obésité ?

Une étude de Didier Chapelot présentée lors de Dietecom a montré qu’après 1 mois de suppression du goûter chez des personnes de 20 à 25 ans prenant systématiquement un goûter habituellement, ceux-ci voyaient leur masse grasse augmenter. Cette prise de masse grasse était proportionnelle à l’importance énergétique que représentait initialement le goûter. Elle était aussi liée à une augmentation brutale de la sélection spontanée d’aliments gras et une augmentation du dîner. Les mécanismes en cause sont encore mal connus mais il semble que la réduction de l’insuline totale sécrétée4 soit un facteur essentiel du mécanisme qui conduit à un moindre stockage.

Même si la fragmentation des repas n’a pas encore fait toute la preuve de son intérêt dans la lutte contre l’obésité pour la communauté internationale, elle se révèle être une piste à explorer plus amont. Dans cette perspective, les facteurs chronobiologiques et la nature des repas doivent être mieux pris en compte pour étayer encore le rôle bénéfique de la fragmentation des repas sur l’adiposité.

Des réponses saines aux évolutions des modes de consommation avec Kellogg’s

A l’occasion de Dietecom, rendez-vous incontournable de l’actualité scientifique dans le domaine de la nutrition, Kellogg’s fait le point sur ses engagements historiques en faveur de modes de vie sains et son offre de produits répondant aux évolutions des modes de consommation.

Kellogg’s, des réponses adaptées

Les évolutions des modes de vies amènent Kellogg’s à proposer des produits qui répondent à la fois aux besoins sociaux et nutritionnels. Kellogg’s met ainsi à la disposition de ses consommateurs des solutions pratiques variées (formes, parfums, textures...), portionnées ou portionnables (en-cas, barres céréalières, céréales prêtes à consommer). Ces offres s’intègrent parfaitement dans les petits repas et jouent pleinement leur rôle de « facilitateur de vie ».

Kellogg’s, des engagements internationaux forts

Sur le plan des engagements, Kellogg’s s’est notamment associé en Europe et en France en 2007 à d’autres industriels de l’agroalimentaire pour apposer en face avant des emballages des Repères Nutritionnels Journaliers harmonisés. Ces repères permettent au consommateur de visualiser immédiatement la place du produit concerné dans les apports quotidiens (calories, sucres, sel, lipides, lipides saturés).

La démarche globale d’engagement de Kellogg’s se traduit également par une communication responsable vis-à-vis des enfants de moins de 12 ans qui complète l’engagement précédent de ne pas faire de publicité auprès des enfants de moins de 6 ans. Les produits ne respectant pas des critères nutritionnels stricts seront reformulés ou ne feront plus l’objet d’aucune publicité auprès des enfants de moins de 12 ans.

Sources et Références :

  1. Wardlaw JM, Hennyey DJ, Clarke RH. The effect of decreased feeding frequency on body composition in mature and immature maie and female rats. Can JPhysiolPharmacol 1969;47(l):47-52.
  2. Fabry P, Hejda S, Cerny K, Osancova K, Pechar J. Effect of meal frequency in schoolchildren. Changes in weight-height proportion and skinfold thickness. AmJ Clin Nutr 1966;18(5):358-61
  3. Chapelot D, Marmonier C, Aubert R, Allègre C, Gausseres N, Fantino M, et al. Conséquence of omitting or adding a meal in man on body composition, food intake, and metabolism. Obesity (Silver Spring) 2006;14(2):215-27
  4. Jenkins DJ. Carbohydrate tolérance and food frequency. BrJNutr 1997;77 Suppl 1:S71-81

(Conférence Dietecom, 13 mars 2008)

SOURCE : Kellogg’s France

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