Végétarisme chez la femme enceinte et apports en vitamine B12

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Durant la grossesse, une carence en vitamine B12 augmente le risque de complications (pré-éclampsie) et de malformations pour le foetus (spinabifida). Les principales sources alimentaires de vitamine B12 étant les aliments d'origine animale, une alimentation lacto-ovo-végétarienne n'est pas considérée en général comme dangereuse pour la mère ni pour le foetus.

Les besoins moyens estimés sont cependant peu différents pour les femmes non-enceintes (2 µg/j) et les femmes enceintes (2,2 µg/j). Les auteurs de cette étude allemande ont donc voulu comparer les apports en vitamine B12 de femmes enceintes lacto-ovovégétariennes et de femmes enceintes omnivores, et corréler cet apport au taux sérique de vitamine B12.

Cent neuf femmes furent ainsi recrutées et suivies jusqu'à l'accouchement : 39 témoins et 70 femmes à « alimentation à prédominance végétarienne ». Parmi ces dernières, 27 étaient lacto-ovo-végétariennes (LOV) (aucune consommation de viande) et 43 à « faible consommation de viande » (FCV) (moins de 300 g de viande par semaine).

Les apports alimentaires et les suppléments en vitamine B12 furent calculés pour toutes les patientes. Les patientes LOV suivaient ce type d'alimentation depuis en moyenne 8,7 ans et les FCV depuis en moyenne 7,5 ans. Par rapport aux témoins, les apports en vitamine B12 étaient significativement plus faibles chez les LOV et les FCV.

Les besoins moyens estimés étaient satisfaits chez 100 % des témoins, 94% des FCV mais seulement 60% des LOV. Les taux sériques de vitamine B12 des LOV et des FCV étaient plus bas que ceux des témoins. Ils étaient inférieurs à la normale chez 39% des LOV et 9% des FCV, et seulement 3% des témoins.

Enfin, il existait une relation nette entre les apports en vitamine B12 et le taux sérique de celle-ci : ce dernier était insuffisant chez 100 % des patientes consommant moins de 1 µg/j, 57% de celles consommant 1 à 2 µg/j, mais aussi chez 22% des femmes consommant 2 à 3 µg/j et 21% de celles ayant des apports entre 3 et 4 µg/j !

Cette étude montre donc que la carence en vitamine B12 est fréquente chez les femmes enceintes lacto-ovo-végétariennes. Elle suggère aussi et surtout que les besoins moyens estimés (2,2 µg/j) sont insuffisants et devraient être réévalués à au moins 3 µg/j, pour réduire au minimum les risques pour la mère et le foetus.

SOURCE : Institut Danone

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