Une sélection pour contrôler le taux de lipides du filet chez la truite

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Les chercheurs de l'INRA, généticiens, physiologistes et nutritionnistes, ont évalué la faisabilité et les conséquences d'une sélection génétique sur la teneur en lipides du filet chez la truite. En effet, les dépôts lipidiques corporels sont un élément essentiel de la qualité du poisson d'élevage.

« Une sélection pour contrôler le taux de lipides du filet chez la truite » - Crédits photo : © Alex Staroseltsev - Fotolia.com La quantité de lipides, leur répartition dans les différents compartiments corporels du poisson (en particulier dans le muscle et autour des viscères) et leur composition, ont des conséquences sur les caractéristiques technologiques des carcasses et sensorielles de la chair. En outre, les poissons et produits marins sont la source majeure d’apport nutritionnel des fameux acides gras oméga 3. La maîtrise des dépôts adipeux est donc un objectif important en amélioration génétique.

Afin d’évaluer la faisabilité et les conséquences d’une sélection pour la teneur en lipides du filet chez la truite arc-en-ciel, les chercheurs de l’INRA ont mis en place une sélection expérimentale pour ce caractère, en utilisant comme critère de sélection une estimation indirecte de la teneur en lipides, obtenue instantanément et ne nécessitant pas d’abattre le poisson (application d’une sonde micro-onde sur le flanc du poisson). Ils ont ainsi sélectionné une lignée « muscle gras » et une lignée « muscle maigre ».

La comparaison de ces deux lignées montre que la modification de la teneur en lipides du filet est associée à des modifications de l’ensemble des dépôts adipeux du poisson. Les truites de la lignée « muscle gras » déposent davantage de lipides musculaires et sous-cutanés, et moins de lipides périviscéraux. Les caractéristiques sensorielles de la chair sont également modifiées : les filets des truites de la lignée « muscle gras » sont plus colorés, ont une flaveur plus intense mais tendent à avoir une texture moins ferme.

La teneur en lipides du filet peut donc être modulée par sélection, mais d’autres caractères peuvent être modifiés simultanément, en particulier les rendements technologiques (éviscération, filetage). En revanche, la teneur en lipides de l’aliment (autre déterminant majeur de l’adiposité des poissons) ne modifie pas les principaux écarts de dépôt de lipides entre les lignées.

D’autres effets de la sélection, notamment sur l’efficacité alimentaire, la nature des lipides musculaires et leur qualité nutritionnelle -profils en acides gras- ou la réponse aux aliments du futur -plus riches en matières premières d’origine végétale- doivent encore être évalués. Ces informations permettront aux sélectionneurs de préciser leurs objectifs de sélection, en fonction du produit final recherché : truite portion ou de grande taille, produit frais ou fumé, entier ou en filet.

Par ailleurs, les lignées expérimentales « muscle gras » ou « maigre » utilisant les nutriments de manière différente, elles constituent un modèle pertinent pour identifier les bases génétiques et fonctionnelles de l’utilisation des lipides chez la truite.

Sources et références :

  • « Response of a lean muscle and a fat muscle rainbow trout (Oncorhynchus mykiss) line on growth, nutrient utilization, body composition and carcass traits when fed two different diets » Quillet E., Le Guillou S., Aubin J., Labbé L., Fauconneau B., Médale F., 2007, Aquaculture, 269, 220-231
  • « Selection for muscle lipid content in rainbow trout: consequences on fillet quality » Lefèvre F., Cardinal M., Bugeon J., Labbé L., Medale F., Quillet E., 2007, Aquaculture, 272 (S1), S283-S284

(Unité de recherche « Génétique des poissons », département « Génétique animale », centre INRA de Jouy-en-Josas)

SOURCE : Service Presse INRA

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