Une obésité « socio-économique » ?

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Le congrès Food in Action était aussi l'occasion d'aborder l'impact de l'aspect socio-économique sur le problème de l'obésité. Un spécialiste de renom, le Pr. A. Drewnowski (USA, Center for Public Health Nutrition University of Washington) a montré qu'aux Etats-Unis, la qualité de l'alimentation est fonction du statut socio-économique. Au pays de l'Oncle Sam, le taux d'obésité et de diabète de type 2 suit le gradient socio-économique. Il a été observé un taux plus élevé chez les minorités raciales et ethniques ainsi que chez les pauvres.

Actuellement, le triste paradoxe est de constater que l’on peut dépenser très peu d’argent et consommer de l’énergie en excès. Les technologies alimentaires ont axé leur choix de fabrication sur le sucre et les lipides avec pour conséquence la production de produits à forte densité énergétique pour un faible prix. De plus, force est de constater que tous ces aliments possèdent une palatabilité onctueuse, avec un goût de « reviens-y », le tout pour une modique somme. L’obésité semble être la face noire de la globalisation.

Les calculs de Drewnowski montrent qu’aux Etats-Unis, on pouvait acheter, en 2003, des chips ou des cookies pour 20 cents/mégaJoule. D’autre part, on retrouvait le prix de 95 cents/mégaJoule pour des carottes fraîches. Avec ces chiffres, on comprend facilement la relation inverse entre la densité énergétique de l’alimentation et le coût énergétique.

Plus on mange énergiquement dense, moins on dépense de l’argent !

Références :

  • Drewnowski A. Obesity, a global problem or a problem of globalization? Food in Action. Brussels. Le 27-28 octobre 2005.

(Par Catherine Dolhen, Diététicien Nutritionniste, " HEALTH & FOOD ", numéro 74, Décembre 2005)

SOURCE : Health and Food

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