Une nouvelle approche pour les aliments de demain ?

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L'alimentation de demain devra faire face aux besoins de la population mondiale en croissance importante, tout en contribuant à l'amélioration ou la préservation de son état de santé. Les aliments devront être économes en énergie, en eau, en surface agricole utile et en impacts environnementaux. Ainsi, l'agriculture raisonnée et la production de protéines végétales devraient être favorisées.

« Une nouvelle approche pour les aliments de demain ? » - Crédit photo : © mabe123 istockphoto.com Par ailleurs, des aliments dits « fonctionnels » seront développés pour corriger certaines erreurs nutritionnelles et améliorer la santé. Le 5ème congrès Goût-Nutrition-Santé consacrera une table ronde à ce sujet, débutant par un rappel du contexte scientifique et technologique par Philippe Cayot, professeur à Agrosup Dijon et directeur de l'unité de recherche EMMA (eau, molécules actives, macromolécules, activités) de l'université de Bourgogne.

La formulation d'aliments « fonctionnels »

On les appelle aussi « alicaments » même si le terme, bien qu'élégant, ne corres­ponde pas totalement à l'expression « functional food » des anglo-saxons. Leur objectif est de préserver ou d'améliorer la santé, définie selon l'OMS comme un état de complet bien-être physique, mental et social. Mais plusieurs problèmes doivent être surmontés. Les aliments fonctionnels sont difficiles à formuler ; souvent, les molécules intéressantes, comme les probiotiques ou les acides gras polyinsaturés, doivent être encapsulées pour assurer leur stabilité (maintien d'activité) et une meil­leure absorption. Le coût de fabrication est donc élevé, alors que la part consacrée à l'alimentation par les ménages ne cesse de diminuer ; de plus, ces aliments néces­siteront sans doute le développement de circuits de distribution particuliers (coût et objectif ciblé selon les nécessités de santé de chacun).

Deux approches scientifiques, très ancrées culturellement

Mais comment notre alimentation peut-elle être régulée et adaptée à nos besoins individuels ? Les anglo-saxons travaillent à un contrôle par des critères biologiques permettant l'analyse des besoins nutritionnels ; peut-on imaginer demain une domo­tique qui, chaque matin, nous définisse les aliments à ingérer dans la journée et en quelle quantité ? Cette vision d'anticipation est celle de chercheurs anglo-saxons, alors que les latins explorent le rôle du goût comme indicateur des besoins nutritionnels, l'importance de la durée des repas et de leur diversité pour la satiété et la régulation des besoins physiologiques (et mentaux !). Deux approches résolument divergentes pour le même objectif : santé et bien-être.

(Pr Philippe Cayot, AgroSup Dijon)

SOURCE : Congrès Internationl Goût-Nutrition-Santé Vitagora®

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