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Une meilleure alimentation pendant les premières années de la vie améliore les capacités cognitives et scolaires des enfants

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Une meilleure alimentation pendant les premières années de la vie améliore les capacités cognitives et scolaires des enfants

De nombreux facteurs influencent le développement cognitif, dont notamment l’alimentation. Des données croissantes de la littérature suggèrent un lien entre une alimentation améliorée et une fonction cérébrale optimale. En plus de fournir des composants qui jouent un rôle central dans la prolifération cellulaire, la synthèse de l’ADN, le métabolisme des neurotransmetteurs et des hormones, les nutriments sont des éléments constitutifs importants des systèmes enzymatiques du cerveau [1].

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Un facteur prédictif de la réussite scolaire

La performance cognitive est un facteur prédictif de la réussite scolaire. Atteindre un plus haut niveau d’éducation est associé à de meilleurs emplois, des revenus plus élevés, une situation socio-économique supérieure, un meilleur accès aux soins et au logement, un mode de vie, une alimentation et une activité physique supérieurs. La réussite scolaire est donc bénéfique pour la société dans son ensemble [2].

L’objectif des études présentées ici était d’analyser les relations entre plusieurs dimensions de l’alimentation, un score global complet et les aliments consommés pendant la petite enfance (à 1, 2 et 3 ans), et d’autre part, divers résultats cognitifs et scolaires à différents stades du développement (développement cognitif aux âges de 10 et 17 ans, résultats scolaires en CM2 et en 5e) parmi une cohorte d’enfants en Australie- Occidentale.

Lien entre alimentation dans la petite enfance et résultats cognitifs à l’âge de 10 ans

La petite enfance est considérée comme une période déterminante dans le développement cérébral. La principale découverte a été qu’un score alimentaire plus élevé à l’âge d’1 an était positivement associé aux résultats cognitifs (compétences verbales et non verbales supérieures) à l’âge de 10 ans, après pondération en fonction de diverses caractéristiques socio-démographiques.

Cette association s’atténuait aux âges de 2 et 3 ans, après ajustement des facteurs socio-démographiques, ce qui suggère que l’alimentation exerce une influence plus importante pendant la première année de la vie. Concernant les différents éléments du score alimentaire, on a montré qu’une consommation supérieure de fruits à l’âge de 1 an était associée à des résultats cognitifs positifs à l’âge de 10 ans, tandis qu’une consommation supérieure de sodas à l’âge de 1 an était associée à des résultats cognitifs négatifs à l’âge de 10 ans. Aux âges de 2 et 3 ans, une consommation supérieure de produits laitiers était associée à des résultats cognitifs supérieurs par la suite.

Ces résultats suggèrent qu’une alimentation de bonne densité nutritionnelle pendant la petite enfance a un effet bénéfique sur le développement cognitif.

Lien entre alimentation pendant la petite enfance et capacités cognitives à l’adolescence

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Pour la plupart, les travaux précédemment publiés se sont focalisés sur les relations à court terme entre les facteurs alimentaires et la performance cognitive1. Par conséquent, cette extension de l’étude représentait une avancée majeure et concrète en explorant si le lien entre l’alimentation pendant la petite enfance et le développement cognitif se maintenait sur le long terme, plus précisément chez les adolescents âgés de 17 ans. De plus, dans cette étude, nous avons également examiné l’effet au long cours de l’allaitement sur la performance cognitive des adolescents. Les résultats ont montré que les garçons allaités pendant au moins 4 mois présentaient une meilleure rapidité psychomotrice.

En revanche, aucun lien n’a été démontré entre l’allaitement et les capacités cognitives chez les filles. Une alimentation de meilleure qualité à l’âge de un an était également associée à un temps de réaction plus rapide parmi toute la cohorte (à la fois chez les garçons et les filles). Cette étude appuie et renforce les résultats des recherches précédentes soulignant l’importance d’une alimentation de bonne qualité et de l’allaitement pendant la petite enfance pour le développement du cerveau.

Une consommation supérieure de fruits à l’âge de un an est associée à de meilleurs résultats scolaires

Les capacités cognitives sont fortement associées avec la réussite scolaire. Cependant peu d’attention a été portée sur l’impact direct de l’alimentation sur la performance scolaire. Des études précédentes ont identifié des liens entre la qualité de l’alimentation et la performance cognitive. Dans cette étude il a été exploré si des associations existent aussi dans le domaine de la relation entre alimentation et réussite scolaire.

Plus précisément, cette étude avait pour objectif d’examiner les liens entre les premières années de la vie, qui sont déterminantes, et les résultats scolaires en mathématiques, lecture, rédaction et orthographe chez des enfants âgés de 10 ans (CM2) et 12 ans (5e). Les résultats ont montré qu’un score alimentaire supérieur (c’està- dire une alimentation de meilleure qualité) à l’âge d’1 an était un facteur prédictif indépendant de notes plus élevées en mathématiques, lecture, rédaction et orthographe en CM2 et en 5e. Des liens significatifs ont également été observés entre un score alimentaire supérieur à l’âge de 2 ans et les résultats scolaires en mathématiques, rédaction et orthographe en 5e. En ce qui concerne les différents types d’aliments, une consommation supérieure de fruits à l’âge de un an et une consommation supérieure de produits laitiers aux âges d’1, 2 et 3 ans étaient systématiquement associées à de meilleurs résultats scolaires.

Ces données confirment les observations des études précédentes et appuient l’affirmation selon laquelle une alimentation de bonne qualité pendant la petite enfance est importante à la fois pour les capacités cognitives et les performances scolaires à l’enfance et à l’adolescence.

La teneur élevée des aliments en micronutriments joue un rôle certain

Pendant la petite enfance, le cerveau connaît une croissance significative et rapide : à l’âge de 3 ans, il atteint 80 % de son poids adulte et 50 % de sa densité synaptique, ce qui indique que les premières années de la vie sont décisives pour le développement neurocognitif [3].

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Ces études ont montré qu’une alimentation de meilleure qualité (reflétées par à un score alimentaire supérieur) ainsi que certains éléments « sains » de l’alimentation, comme les produits laitiers et les fruits, sont associés à de meilleurs résultats cognitifs et scolaires. La teneur relativement élevée de ces aliments en micronutriments n’est probablement pas étrangère à l’amélioration du développement cérébral et aux capacités cognitives qui en découlent. Les micronutriments qui ont été associés aux capacités cognitives comprennent les vitamines B12 et B9, le zinc, le fer, l’iode et les acides gras oméga 3 [1].

[1] Nyaradi A, Li J, Hickling S, Foster J, Oddy WH. The role of nutrition in children’s neurocognitive development, from pregnancy through childhood. Frontiers in Human Neuroscience. 2013;7:97.

[2] Ross CE, Mirowsky J. Refining the association between education and health: The effects of quantity, credential and selectivity. Demography. 1999;36(4):445-460.

[3] Lenroot RK, Giedd JN. Brain development in children and adolescents: Insights from anatomical magnetic resonance imaging. Neuroscience and Biobehavioral Reviews. 2006;30(6):718-729.

(Par Anett Nyaradi et al. Telethon Kids Institute, Université d’Australie-Occidentale, Australie - Equation Nutrition n°171)

SOURCE : APRIFEL

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