Une horloge biologique dans l'intestin...

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L'équipe de chercheurs de Bertrand Kaeffer (Inra de Nantes) vient en effet de démontrer que les cellules intestinales expriment des protéines caractéristiques des « gènes horloges », mettant ainsi en évidence l'existence chez chacun d'entre nous, comme chez tous les autres mammifères, d'une horloge d'horloge biologique... dans l'intestin.

Chacune des cellules de notre corps s'adapte au rythme du jour et tient compte de l'heure de nos repas. Comme toutes les fonctions du corps, la digestion est naturellement asservie à l’alternance jour/nuit, et inscrite dans des rythmes calés sur une période de 24 heures. « Des travaux récents avaient déjà montré l’existence d’horloges biologiques pour les cellules du foie, des reins, des poumons, du cœur », souligne Bertrand Kaeffer, responsable de l’étude.

Le phénomène d’horloge intestinale n’avait pas encore été mis en évidence. Les cellules (par exemple celles du foie ou de l’intestin) doivent se synchroniser avec l’organe auquel elles appartiennent. Et les différents organes doivent répondre de concert à une horloge centrale circadienne.

Encore indéterminée dans son mécanisme, la « synchronisation centrale », sans laquelle chaque organe fonctionnerait selon son propre rythme, dit « rythme de libre cours », obéit à deux régulateurs principaux : la lumière du jour et les horaires des repas. C’est en étudiant ce second facteur que Bertrand Kaeffer a mis en évidence l’horloge intestinale.

Notre santé dépend absolument de ces rythmes naturels, souvent bousculés par la vie moderne : horaires scolaires inadaptés, travail de nuit ou avec des horaires décalés, changements d’heure l’été et l’hiver, voyages fréquents à travers les fuseaux horaires, repas pris à n’importe quel moment... tout ceci nécessite parfois que nos pendules soient remises à l’heure !

Des expériences effectuées actuellement par l'équipe de Bertrand Kaeffer sur des rats et des porcelets étudient actuellement le rôle de l’alimentation sur la mise en place du rythme circadien chez les nouveau-nés. Pour les adultes, un jour peut-être, une diététique adaptée permettra peut-être d’atténuer les effets du décalage horaire, ou de mieux supporter le travail de nuit, chaque médicament pourra être aussi administré à l’heure exacte où il est le plus efficace...

(Le Nouvel Observateur, 14/04 - Revue de Presse de l'INSERM, 15/04)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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