Une équipe de chercheurs découvre de nouveaux facteurs génétiques impliqués dans les cas d'obésité grave

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Une équipe internationale de chercheurs vient d'identifier trois variantes génétiques qui semblent augmenter les risques d'obésité et pourraient être responsables de plus de la moitié des cas existants d'obésité grave. L'étude, partiellement financée par le cinquième programme-cadre (5e PC), est publiée dans la revue Nature Genetics.

« Une équipe de chercheurs découvre de nouveaux facteurs génétiques impliqués dans les cas d’obésité grave » - Crédit photo : fr.wikipedia.com D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas d’obésité a triplé dans de nombreux pays européens depuis les années 1980, et le nombre des personnes affectées, en particulier les enfants, ne cesse d’augmenter.

« L’obésité chez les jeunes enfants a un impact très négatif sur leurs vies », déclare le professeur Philippe Froguel du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni). «Malheureusement, les enfants obèses sont souvent stigmatisés et peuvent souffrir de problèmes pulmonaires ou cardiaques, d’articulations douloureuses, de diabète et de cancer en vieillissant.»

Dans cette étude récente, les scientifiques ont réalisé une étude d’association du génome, qui implique l’examen minutieux du génome de chaque participant à l’étude, à la recherche de « marqueurs » de variation génétique qui pourraient être associés à un trait particulier (dans le cas présent, l’obésité). Deux groupes ont été comparés: le premier, composé de 1380 Européens souffrant d’obésité précoce (avant l’âge de six ans) et d’obésité morbide à l’âge adulte; le second, composé de 1416 personnes du même âge et présentant un poids normal.

Les génotypes de 14 186 Européens ont également été examinés; dans ce groupe, 38 marqueurs génétiques ont été mis en corrélation à un indice de masse corporelle (un moyen de mesure de l’obésité) plus élevé que la normale.

Les résultats mettent en avant trois mutations qui semblent avoir un lien important avec le risque de souffrir d’obésité grave. Cette découverte représente un grand pas en avant dans la recherche d’instruments efficaces permettant de dépister les risques d’obésité chez les jeunes enfants.

« Comprendre la base génétique de l’obésité constitue la première étape pour aider ces enfants », déclare le professeur Froguel. « Une fois que nous aurons identifié les gènes responsables, nous pourrons mettre au point de nouvelles méthodes pour déceler les enfants les plus enclins à l’obésité. Nous pourrons éventuellement nous appuyer sur des mesures telles que la thérapie comportementale, afin de s’assurer que les enfants adoptent des habitudes alimentaires saines et ne développent pas de problèmes de poids. »

L’une des nouvelles variantes génétiques, située près du mystérieux gène PTER, est responsable de près d’un tiers des cas d’obésité précoce et d’un cinquième de tous les cas d’obésité chez les adultes. Une autre variante, située sur le gène NPC1 (qui contrôle l’appétit), semble être à l’origine de 10% des cas d’obésité infantile et de 14% des cas d’obésité morbide chez les adultes.

Une troisième variante a été trouvée près du gène MAF, lequel, entre autres fonctions, contrôle la production d’insuline, de glucagon et de peptides similaires au glucagon (qui ont un effet anorexigène). Tous ces composants jouent un rôle important dans le métabolisme du sucre et des hydrates de carbone. La variante génétique semble être impliquée dans environ 6% des cas d’obésité infantile et 16% des cas d’obésité morbide chez les adultes.

Le soutien de l’UE pour cette recherche provient du projet EURO-BLCS («Biological, clinical and genetic markers of future risk of cardiovascular disease»), une étude épidémiologique multinationale financée au titre de la ligne budgétaire « Qualité de la vie et gestion des ressources du vivant » du 5e PC.

Pour de plus amples informations, consulter :

Source : Copyright © Communautés européennes, 2009

SOURCE : Communautés européennes

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