Une bactérie mangeuse de cholestérol identifiée chez l'homme

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Pour la première fois chez l'homme, des chercheurs de l'INRA ont identifié l'une des bactéries du tube digestif qui dégradent le cholestérol en coprostanol, métabolite non absorbable éliminé dans les fèces. Baptisée Bacteroides dorei Strain D8, une telle bactérie pourrait à terme être utilisée pour diminuer le taux de cholestérol trop élevé chez les personnes à risques.

« Une bactérie mangeuse de cholestérol identifiée chez l’homme » - Crédits photo : wiki.univ-paris5.fr En France, le deuxième Programme national nutrition santé (2006-2010) a pour objectif de réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne dans la population adulte, dans le cadre d’une prévention globale des risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Aux États-Unis, plus du tiers de la population présenterait déjà ces risques en raison d’un taux élevé de cholestérol.

Des chercheurs du laboratoire INRA d’Ecologie et Physiologie du Système Digestif, à Jouy-en-Josas, s’intéressent à la relation entre l’alimentation et la flore intestinale humaine ou « microbiote intestinal », ainsi qu’à leur impact conjoint sur le maintien d’une bonne santé. On sait, depuis les années 1930, que ce microbiote est capable de réduire le cholestérol en coprostanol. Il a par ailleurs été montré que cette activité est inégalement répartie parmi la population humaine (selon les personnes le cholestérol est totalement, partiellement ou pas du tout transformé par les bactéries intestinales) et qu’un taux élevé de coprostanol dans les fèces est associé à un taux plus faible de cholestérol sanguin.

Cependant, si quelques bactéries du genre Eubacterium possédant cette activité ont été identifiées chez le rat, le cochon ou le babouin, aucun laboratoire n’a pu jusque là isoler les bactéries responsables de ces transformations chez l’homme. L’enjeu consiste à isoler ces bactéries parmi les 100 milliards présentes dans un gramme de matière contenue dans le côlon, là où la densité bactérienne du système digestif est précisément la plus importante.

L’identification d’une bactérie réduisant le cholestérol

A partir des fèces d’une personne dont la teneur en coprostanol était très élevée, des mélanges de 12 colonies bactériennes ont été réalisés et cultivés en présence de cholestérol. Dans une de ces cultures, le cholestérol a été totalement converti en coprostanol. Les 12 bactéries correspondantes ont ensuite été testées individuellement. Au bout du troisième jour, l’une d’entre elles, du genre Bacteroides, très répandu dans le microbiote intestinal (près de 20 % des bactéries) a commencé la digestion de son substrat, achevée après 7 jours. Cette durée est la même que celle mise en ½uvre par les Eubacterium, genre auquel appartiennent les bactéries déjà identifiées chez l’animal.

Une analyse génétique a ensuite permis aux chercheurs de l’INRA de rapprocher leur bactérie nouvellement isolée, avec 99,5 % de similitudes, de l’espèce Bacteroides dorei, mais qui ne possède pas la capacité de réduire le cholestérol. Les chercheurs en déduisent donc que leur candidate active, baptisée Strain D8, est une des variantes, ou souche, de B. dorei. Reste à identifier les gènes responsables de cette activité chez cette souche D8 ainsi que les autres bactéries de l’intestin humain possédant cette capacité à réduire le cholestérol.

Sources et références :

  • Bacteroides sp. Strain D8, the First Cholesterol-Reducing Bacterium Isolated from Human Feces - APPLIED AND ENVIRONMENTAL MICROBIOLOGY, Sept. 2007, Vol. 73, No. 18, p. 5742-5749 - Philippe Gerard [1], Pascale Lepercq [1] ,Marion Leclerc [1], Françoise Gavini [2], Pierre Raibaud [1] et Catherine Juste [1]

  1. Unité d’Ecologie et Physiologie du Système Digestif, INRA, Domaine de Vilvert, 78352 Jouy-en-Josas cedex, France
  2. Laboratoire de Génie des Procédés et Technologies Alimentaires, INRA, 369 Rue Jules Guesde, F-59651 Villeneuve d’Ascq, France

(Unité de recherche « Écologie et physiologie du système digestif », département « Alimentation humaine », centre INRA de Jouy-en-Josas)

SOURCE : Service Presse INRA

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