Un risque de taille

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On savait déjà qu'un excès de tissu adipeux localisé au niveau de la taille était associé à un risque cardiovasculaire plus élevé. Une étude de grande envergure confirme que le tour de taille est un meilleur indicateur du risque cardiovasculaire que l'indice de masse corporelle.

Les résultats d'une longue étude, publiés dernièrement, montrent qu'un tour de taille trop important peut être lié à un risque d'accident cardiovasculaire accru 9 ans plus tard, ce qui confirme que le tissu adipeux abdominal participe bien au développement de maladies cardiovasculaires. De plus, on apprend que le tour de taille reflète mieux le risque encouru que l'indice de masse corporelle (calculé en divisant le poids en kilogrammes par la taille exprimée en centimètres et élevée au carré).

Un meilleur indice que la balance

Près de 25.000 hommes et femmes âgés de 45 à 79 ans, issus de la cohorte du Norfolk (Royaume-Uni) au sein de la European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition, ont été suivis pendant une moyenne de 9 ans. Parmi eux, 1708 hommes et 892 femmes ont développé des maladies cardiovasculaires. Le risque de voir apparaître de telles maladies augmentait proportionnellement au rapport taille/hanches des personnes enrôlées dans l'étude. Par rapport au groupe d'individus figurant dans le groupe au rapport taille/hanches le plus bas, ceux pour qui ce rapport était le plus élevé voyaient leur risque cardiovasculaire augmenter de 55% (hommes) et de 91% (femmes).

Enfin, l'indice de masse corporelle reflétait aussi un certain risque cardiovasculaire, mais son impact sur le risque était moindre si l'on ajustait le calcul pour tenir compte du tour de taille et de hanches. Les auteurs concluent que le risque cardiovasculaire est plus dépendant de la répartition de la graisse corporelle que du poids exprimé en fonction de la taille.

Serrer la ceinture

On considère que le rapport taille/hanches est un bon reflet de la quantité de tissu adipeux abdominal. Un rapport taille/hanches au-dessous de 1 désigne une taille plus fine que le tour de hanches, et un rapport au-dessus de 1 révèle l'inverse. Depuis quelque temps, en Belgique, il est recommandé de mesurer le tour de taille pour procéder à l'évaluation du risque cardiovasculaire.

Les conclusions de cette étude soutiennent largement l'adoption de cette méthode par rapport à la pesée, et soulignent l'importance de mettre la mesure du tour de taille en relation avec le tour de hanches. De plus, nous voilà confirmé que c'est surtout la graisse logée dans l'abdomen qui pose des problèmes de santé, et non celle localisée aux cuisses et aux hanches. Bonne nouvelle, la graisse abdominale est aussi celle qui diminue le plus facilement à l'aide d'un régime !

Référence :

  • Canoy D et al. Body fat distribution and risk of coronary heart disease in men and women in the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition in Norfolk cohort. A population-based prospective study. Circulation 2007 Dec 10.

(Magali Jacobs, Diététicienne - " HEALTH & FOOD " News du 19 décembre 2007)

SOURCE : Health and Food

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