Un régime riche en gras favoriserait le développement de l'Alzheimer

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Une équipe de chercheurs de l'Université Laval a démontré que les principaux marqueurs neurologiques de la maladie d'Alzheimer sont exacerbés dans le cerveau de souris lorsque leur alimentation est riche en gras animal et pauvre en oméga-3. Les détails de cette étude – qui suggère que le régime alimentaire typique de la plupart des pays industrialisés favorise le développement de l'alzheimer – sont dévoilés dans la dernière édition en ligne de la revue Neurobiology of Aging.

« Un régime riche en gras favoriserait le développement de l’Alzheimer » - Crédit photo : www.neurolabor.de Pour faire cette démonstration, l’équipe dirigée par Frédéric Calon a utilisé une lignée de souris transgéniques qui produisent deux protéines présentes chez les personnes souffrant d’alzheimer : des protéines tau, qui perturbent le fonctionnement des neurones, et des bêta-amyloïdes, qui sont associées à la formation des plaques séniles dans le cerveau des personnes atteintes d’alzheimer.

Les chercheurs ont soumis ces souris transgéniques et des souris normales à différents régimes alimentaires pendant neuf mois et, au terme de l’expérience, ils en ont comparé les effets respectifs sur le cerveau des animaux.

Les souris dont l’alimentation était pauvre en oméga-3 et riche en gras (soit 60 % des calories consommées) affichaient des concentrations de protéines bêta-amyloïdes et de protéines tau respectivement 8,7 fois et 1,5 fois plus élevées que les souris du groupe témoin, dont la moulée contenait 7 fois moins de gras. Le régime riche en gras a également provoqué une baisse de la protéine drébrine dans le cerveau, un autre phénomène associé à la maladie d’Alzheimer.

« Les changements métaboliques induits par pareille alimentation affecteraient la réponse inflammatoire dans le cerveau », avance Carl Julien, co-auteur de l’étude, pour expliquer le lien entre la consommation de gras et l’alzheimer.

Dans la plupart des pays occidentaux, les régimes riches en gras saturés et pauvres en oméga-3 sont la norme. « Nos résultats nous portent à croire qu’une alimentation contenant plus d’oméga-3 et moins de gras saturés pourrait prévenir le développement de l’alzheimer, à tout le moins chez les gens qui ont des prédispositions génétiques à cette maladie », commente Frédéric Calon. « Nous ne pouvons affirmer avec certitude que ce que nous avons observé chez les souris transgéniques se produit chez les humains, mais les gens ne courent aucun risque à manger moins de gras et plus d’oméga-3 », conclut le chercheur.

Outre Frédéric Calon et Carl Julien, les chercheurs Cyntia Tremblay, Alix Phivilay, Line Berthiaume, Vincent Émond et Pierre Julien ont pris part à cette étude.

SOURCE : Université Laval

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