Un quart des Français ont des mauvaises habitudes alimentaires

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C’est ce que révèle, à quelques jours de l’ouverture du SIAL (Salon International des Industries de l’Agro-alimentaire), une vaste étude nationale inédite sur l'alimentation des Français menée auprès d’un échantillon représentatif de médecins généralistes par l’institut indépendant MediQual Research à la demande de SEB (*).

« Un quart des Français ont des mauvaises habitudes alimentaires » - Crédit photo : www.mediqual-research.fr Nul n’est mieux placé que le médecin généraliste, le médecin de famille, pour nous donner un panorama réaliste et complet des habitudes alimentaires de ses patients et de leurs difficultés à les modifier. SEB a donc demandé à l’institut MediQual Research de mener une grande enquête auprès des médecins généralistes sur ce point précis. En tant que leader mondial du petit électroménager dédié à la préparation culinaire et précurseur en matière de prévention avec sa gamme de cuisson Nutrition Gourmande, SEB s’implique en effet sur ces problèmes préoccupants.

Les résultats de l'étude « Evaluation des pratiques et opinions des Médecins généralistes dans le domaine de l’alimentation » dressent un tableau objectif des habitudes alimentaires des Français grâce à l’expertise de médecins généralistes, en première ligne face aux dégâts du surpoids et du déséquilibre alimentaire. Une réalité du terrain qui confirme les données statistiques de la pandémie croissante du surpoids et de l’obésité ainsi que de leurs pathologies corrélées dans la population française.

Les grands enseignements

Parmi les déséquilibres le plus souvent rencontrés chez les adultes actifs, les médecins généralistes ont placé en premier :
  • Manger trop vite, debout ou au bureau à 93%
  • Manger des plats préparés au détriment de la cuisine maison à 85%
  • Alimentation trop grasse à 75%

Parmi les déséquilibres le plus souvent rencontrés chez les enfants et les adolescents, les médecins généralistes pointent d’abord :

  • L’alimentation trop sucrée à 91%
  • Le grignotage entre les repas à 82%
  • Alimentation insuffisamment variée à 78%

Parmi les thèmes abordés pour mieux comprendre l’environnement du patient, les médecins généralistes ciblent précisément :

  • Les habitudes alimentaires familiales à 82%
  • Les modes de préparation et de cuisson des aliments à 68 %

Parmi les conseils que les médecins généralistes sont amenés à donner :

  • Instaurer des restrictions alimentaires (sel, sucre, gras) à 81%
  • Introduire des aliments frais dans l’alimentation à 79%
  • Inciter à préparer les repas à la maison à 72%

Des déséquilibres alimentaires très fréquents et préoccupants

Les médecins généralistes sont les observateurs privilégiés du phénomène. 3 médecins sur 4 déclarent que plus de 25% de leurs patients présentent des déséquilibres alimentaires. En tendance, les déséquilibres alimentaires sont plus fréquents en Ile de France et moins présents dans la région Ouest.

Les déséquilibres spontanément cités par les médecins concernent une alimentation trop grasse, trop sucrée, qui présente des carences et qui se caractérise par un grignotage pendant la journée et l’absence de vrai repas.

Fidèles à leur réputation les patients de la région parisienne sont plus nombreux à manger trop vite, debout, au bureau. Alors que ceux du Sud de la France se caractérisent par l’absence d’un vrai repas dans la journée.

Les profils les plus préoccupants selon eux sont :

  • Les enfants et les adolescents, 83%
  • Les adultes actifs, 79%

Les enfants et les adolescents cumulent les déséquilibres

Les médecins constatent que les jeunes sont fréquemment concernés par des déséquilibres alimentaires, dus à une alimentation présentant trop de sucre, insuffisamment variée et trop grasse.

Les comportements alimentaires sont également pointés du doigt : grignotage entre les repas et aliments en trop grande quantité. Mais les médecins relèvent également que certains jeunes mangent en quantités trop faibles, prémices d’un comportement anorexique.

Les adultes actifs sont irréguliers

Les adultes actifs présentent des déséquilibres liés à la course contre le temps : Manger trop vite/au bureau/debout, l’absence de vrais repas, des plats préparés au détriment de la cuisine maison, des modes de cuisson inadaptés à base d’huile et de beurre.

Mais le contenu même de leur alimentation pose également quelques problèmes : Elle est jugée par les médecins trop grasse, trop salée et en trop grande quantité.

Tous ces éléments s’accompagnent d’une alimentation irrégulière alternant périodes de carences et pics de nourriture trop riche.

La question de l’alimentation est prise très au sérieux par les médecins

On observe que les moyens d’investigation auxquels ils ont recours sont largement utilisés :

  • Près de 9 sur 10 interrogent leurs patients sur leurs habitudes alimentaires et font un calcul de l’IMC
  • 2 sur 3 prescrivent un bilan biologique ou bien interrogent leurs patients sur leurs modes de préparation des aliments
  • 1 sur 2 propose de remplir un carnet alimentaire

L’interrogatoire du patient est donc le moyen privilégié par les médecins, les thèmes qu’ils abordent démontrent une forte implication et une volonté d’analyser précisément tous les facteurs pesant sur les déséquilibres :

  • Au-delà des habitudes alimentaires, plus de 2 médecins sur 3 questionnent leurs patients sur leurs modes de préparation des aliments
  • Plus d’1 médecin sur 2 enquête sur les antécédents, le menu de la semaine passée et les plats préférés

Connaissances sur les modes de cuisson des médecins

Pour évaluer l’impact des modes de préparation des aliments, les médecins ont classé plusieurs modes de cuisson en fonction de leur bénéfice pour la santé :

  • Le vainqueur est la cuisine à la vapeur.
  • Le pire mode de préparation selon les médecins reste la friture traditionnelle

Les facteurs favorisant les déséquilibres

Les médecins ont à l’esprit que, au-delà des rations ou des aliments eux-mêmes, deux éléments peuvent constituer des facteurs de déséquilibres :

  1. Les situations d’alimentation
    • 8 médecins sur 10 incriminent le grignotage
    • Plus de 7 sur 10 désignent les repas du soir trop riches et le manque de volonté des patients pour changer leurs habitudes
    • Plus d’1 médecin sur 2 mentionne le non respect des horaires de repas

  2. Les modes de préparation des aliments
    • Plus de 9 médecins sur 10 sont d’accord pour dire qu’au-delà des aliments eux-mêmes, le mode de préparation des plats joue un rôle sur l’équilibre alimentaire.
    • 7 médecins sur 10 dénoncent l’abandon de la préparation des repas à la maison
    • Plus de 1 sur 2 cite l’absence de repas structurés et le niveau de connaissance sur les aliments qui est trop faible

Des déséquilibres aux conséquences graves

L’implication des médecins repose sur leur connaissance des effets des déséquilibres alimentaires sur l’état de santé de leurs patients. Ils citent spontanément quatre principales conséquences, troubles du métabolisme qui sont responsables de l’apparition de problèmes cardiovasculaires :

  • La prise de poids, pouvant mener à une obésité
  • Le diabète
  • La dyslipidémie
  • L’hypertension

La prise en charge des patients confronte le médecin à de grandes difficultés

Quand on leur demande leur opinion sur la prise en charge des patients présentant des déséquilibres alimentaires, les médecins témoignent de leur implication malgré de nombreux échecs :

  • 9 médecins sur 10 jugent que la prise en charge de ces patients est difficile, seul 1 sur 3 déclare que les résultats obtenus sont satisfaisants, ils déplorent que 2 fois sur 3 les patients tentent de suivre leurs conseils puis abandonnent. Pourtant 7 médecins sur 10 estiment que cette activité est valorisante pour eux.
  • Plus de 9 sur 10 considèrent que c’est leur rôle de délivrer des conseils diététiques, 2 sur 3 des conseils sur les modes de cuisson des aliments

Au-delà des difficultés rencontrées dans le suivi de ces patients s’ajoute pour le médecin un autre problème : les patients viennent rarement en consultation pour des déséquilibres alimentaires, précisément dans 14% des cas. Les médecins doivent donc pointer du doigt les déséquilibres, suggérer aux patients qu’ils ont un comportement inadapté avec tous les risques que cela représente.

On note que les femmes déclarent obtenir de meilleurs scores : 1 patient sur 4 leur parle spontanément des déséquilibres alimentaires.

Que peuvent faire les médecins généralistes ?

Tenter de délivrer des conseils aux patients : Adopter des aliments de meilleure qualité, modifier les comportements et favoriser une éducation alimentaire.

Des conseils destinés à gérer trois sources de déséquilibres :

  • La nature des aliments consommés : 8 sur 10 conseillent des restrictions diverses (sel, gras, sucre...) et l’introduction d’aliments frais. 7 sur 10 évoquent la formation sur les nutriments
  • Les modes de préparation des aliments : 7 médecins sur 10 incitent à préparer les repas à la maison, 2 sur 3 à changer le mode de préparation et de cuisson des repas
  • L’incitation aux changements de comportement alimentaire : 7 sur 10 conseillent le soutien d’un autre professionnel de santé (nutritionniste, psychologue, ...), plus de 9 sur 10 estiment que l’éducation à de bonnes habitudes alimentaires permet d’obtenir des changements

Pour appuyer leur discours, les médecins utilisent des supports variés :

  • 7 sur 10 donnent des brochures à leurs patients
  • 2 sur 3 listent les erreurs alimentaires et utilisent les courbes d’IMC pour illustrer leurs propos
  • 1 sur 2 délivre de l’information sur les valeurs nutritionnelles des nutriments

(*) Etude réalisée par MediQual Research pour SEB, via Internet, du 25 mai au 5 juillet 2010 auprès de 295 médecins généralistes français. Les résultats bruts ont été redressés pour constituer un échantillon représentatif des médecins généralistes selon les données de la DREES. Le redressement a porté sur deux critères : l’âge et la répartition géographique. MediQual Research est un institut d’études indépendant spécialisé dans les problématiques liées à la santé.

SOURCE : MediQual Research & SEB

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