Un millième remède contre l'obésité ?

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La découverte récente d'une nouvelle enzyme intervenant dans la régulation du métabolisme des graisses est une avancée importante. Quant à savoir si on a enfin la clé du traitement de l'obésité, c'est une autre question.

« Un millième remède contre l’obésité ? » - Crédit photo : www.nacional.hr Des chercheurs américains ont identifié une nouvelle enzyme qui joue un rôle important dans le contrôle de l’élimination des graisses. Lorsque cette enzyme, appelée AdPLA (adipose-specific phospholipase A), est enlevée par manipulation génétique à des souris, celles-ci ne prennent pas de poids malgré qu’elles soient soumises à un régime alimentaire riche en graisses.

Qui dit plus dit moins

On la retrouve en abondance dans le tissu graisseux de la souris ainsi que dans celui de l’homme. Son absence ne change pas le nombre des cellules graisseuses mais les empêche de se remplir de graisse. En fait, elle met hors jeu une chaîne de réactions qui se déroulent normalement dans la cellule graisseuse et qui renforcent l’effet d’une hormone appelée prostaglandine E2, responsable de la dégradation des graisses ou lipolyse. Une plus grande quantité d’AdPLA siginfie donc moins de destruction des graisses (lipolyse) et plus de stockage de celles-ci. Moins d’AdPLA ou pas du tout de cette enzyme correspond à une plus grande quantité de prostaglandine E2 et à une plus forte lipolyse. La destruction des graisses servant à fournir de l’énergie aux cellules (musculaires notamment) pour leur activité, ces cellules sont plus actives en l’absence d’AdPLA et dépensent ainsi plus d’énergie.

Une vraie nouveauté

C’est une vraie nouveauté dans connaissance de la régulation du métabolisme des graisses. Jusqu’ici, on connaissait en effet des mécanismes de régulation par voie hormonale et par les modes alimentaires mais on n’avait pas encore identifié de mécanisme de régulation au niveau cellulaire, comme c’est le cas avec l’AdPLA. Cette découverte suscite bien évidemment des espoirs de trouver des traitements efficaces de l’obésité. C’est assurément une acquisition importante mais on restera prudent dans les projections. De nombreuses découvertes de ce genre ont en effet, dans un passé ancien aussi bien que récent, suscité de grands espoirs qui ne se sont pas vérifiés. Cela signifie sans doute que d’autres mécanismes encor à découvrir sont en jeu.

Gardons le contrôle

Réjouissons-nous donc de cette importante avancée et souhaitons que cela continue et ... attendons patiemment (hélas) que les connaissances soient vraiment suffisantes pour déboucher sur un vrai traitement. En attendant, il y a toujours la prévention et la modération dans les appétits.

(D’après J. Biol. Chem, Doi 10.1074/jbc.M804146200.)

SOURCE : Diffu-Sciences

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