Un lien solide entre consommation de viande et volaille contaminées et la bactérie E. coli, cause d'infections urinaires

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D'après une étude Canadienne menée par Amee Manges, chercheuse de l'Université McGill, la viande et volaille vendues dans les supermarchés et notamment servies dans les restaurants, pourrait entraîner le risque d'infections urinaires chez les jeunes femmes.

« Un lien solide entre consommation de viande et volaille contaminées et la bactérie E. coli, cause d'infections urinaires » - Crédit photo : www.foodpoisonjournal.com Des échantillons collectés dans la région de Montréal entre 2005 et 2007, en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada et l'Université de Guelph, ont en effet permis d'obtenir de solides preuves que la bactérie E. coli (Escherichia coli) provenant de ces denrées alimentaires pouvait occasionner des infections urinaires communes.

La consommation de viande ou d'aliments contaminés ne provoque pas directement d'infections des voies urinaires. Même si certaines souches d'E. coli telles que O157 : H7 peuvent causer de graves maladies intestinales, ces bactéries colonisent habituellement l'intestin sans causer de problèmes. Chez les femmes toutefois, il arrive qu'elles migrent de l'anus au vagin et à l'urètre pendant un rapport sexuel, entraînant ainsi une infection.

L'équipe de recherche entend également déterminer si le bétail peut transmettre des bactéries résistantes aux antimicrobiens aux humains. De plus en plus d'antibiotiques sont en effet utilisés pour traiter et prévenir les maladies chez les animaux et pour améliorer leur croissance, ce qui pourrait favoriser le développement de la résistance aux médicaments. Lorsque les animaux sont abattus et que leur viande est transformée pour la vente au détail, celle-ci peut être contaminée par ces bactéries.

« Ces études devraient amener les législateurs à se pencher sur la question de l'usage des antibiotiques dans l'agriculture canadienne. Il s'agit incontestablement d'un sujet sur lequel nous devons continuer de nous pencher », indique Amee Manges.

Le public ne doit pas s'alarmer pour autant. Amee Manges précise que les consommateurs doivent bien cuire la viande et éviter de contaminer d'autres aliments dans la cuisine. Bien que certaines infections causées par ces bactéries E. coli soient résistantes à certains antibiotiques, les infections peuvent généralement être traitées.

La chercheuse espère qu'une meilleure connaissance de la transmission de ces bactéries permettra de réduire les infections et que ses travaux attireront l'attention sur la manière dont la viande est produite au Canada. Ses recherches font partie d'une étude plus large concernant la sécurité des aliments financée par le gouvernement du Canada, l'Agence de la santé publique du Canada, en collaboration avec le Laboratoire des zoonoses alimentaires, et plus particulièrement avec le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens ainsi qu'avec la Division de l'inspection des aliments de la Ville de Montréal.

Pour de plus amples informations, consulter www.mcgill.ca et www.cdc.gov

(Communiqué du 20 janvier 2010)

SOURCE : Université McGill

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