Un kilogramme de viande aussi néfaste pour le climat que conduire 1 600 kilomètres en voiture

lu 4726 fois

Une récente étude autrichienne et néerlandaise montre que la production d'un kilogramme de viande au Brésil génère 335 kilogrammes de dioxyde de carbone (CO2), ce qui correspond approximativement aux émissions d'une voiture européenne de taille moyenne sur plus de 1600 kilomètres. Par ailleurs, le boeuf hollandais s'élève quand même à 22 kilogrammes de CO2 ou 111 kilomètres en voiture.

Kurt Schmidinger de l'Université de Vienne et Elke Stehfest de la PBL Netherlands Environmental Assessment Agency ont apporté un ajout fondamental à la méthode classique d'évaluation du cycle de vie (ECV) pour l'alimentation, présent maintenant en ligne dans le Journal international de l'évaluation du cycle de vie (Journal of Life Cycle Assessment).

Cette innovation particulière consiste en l'intégration dans les calculs de la zone utilisée pour la production en plus des émissions résultant de la production d'aliments. Bien qu'ils jouent un rôle central pour le climat, les effets de l'utilisation du terrain ont été jusqu'à maintenant ignorés dans les bilans climatiques. L'occupation de zones gigantesques empêche la végétation naturelle de repousser. Cette végétation absorberait le CO2 de l'atmosphère d'une manière équivalente à l'action d'une éponge et stabiliserait le climat mondial.

Grâce à la publication maintenant effective de cette évolution sur l'ECV, l'exigence de la zone nécessaire pour un produit est ajoutée comme une " opportunité manquée de puits de carbone " dans le bilan des émissions liées à la production de nourriture.

Le kilogramme de viande de poulets néerlandais est le produit animal générant le bilan CO2 le plus bas, avec 6,2 kilogrammes de CO2 ou 31 kilomètres en voiture. L'auteur, le géophysicien et chercheur en produits alimentaires Kurt Schmidinger, met en garde contre des conclusions erronées : " Les exploitations industrielles de productions animales ne sont tout simplement pas des options viables, même si leur bilan climatique l'emporte parfois sur leurs systèmes de pâturages. Ce système nécessite des surfaces énormes de terres cultivables, qui sont moins disponibles que les pâturages et qui en retour menacent la sécurité alimentaire mondiale. Les pandémies, la résistance aux antibiotiques, les problèmes de bien-être des animaux, la pollution des eaux, l'érosion des sols et de nombreux autres problèmes sont associés à l'élevage industriel. Les aliments d'origine végétale, à l'opposé, affichent une performance nettement meilleure lorsque l'on prend en compte tous les aspects éthiques de la nutrition. "

Les aliments riches en protéines d'origine végétale présentent de loin le bilan CO2 le plus bas dans cette nouvelle étude, avec le tofu générant 3,8 kilogrammes de CO2, soit l'équivalent de 19 kilomètres en voiture et le tempeh produisant 2,4 kilogrammes de CO2, soit l'équivalent de 12 kilomètres en voiture.

L'étude est consultable sur www.springerlink.com

(Kurt Schmidinger, FEWD Université de Vienne)

SOURCE : PR Newswire

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s