Un choix de poids...

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Perdre du poids. Ce grand classique de la saison des résolutions revient hanter chaque année les personnes ayant un surplus de poids, celles-là même qui s'étaient juré, douze mois plus tôt, que cette année, elles régleraient le problème pour de bon. Des chercheurs évaluent une approche de gestion de l'image corporelle qui aide à accepter ce qui ne peut être changé et à changer ce qui peut l'être...

« Un choix de poids... » - Crédit photo : © Gustavo Andrade istockphoto.com Et si la solution pour s'en sortir se trouvait ailleurs que dans les régimes dont les éditions de janvier des magazines féminins font leurs choux gras ? Une équipe de l'Université Laval qui a évalué l'approche « Choisir de maigrir ? » arrive à des conclusions qui décevront les personnes en quête de méthodes express pour perdre du poids, mais qui apporteront peut-être une réponse durable à celles qui cherchent à échapper à la déprimante spirale des régimes amaigrissants.

L'approche « Choisir de perdre du poids ? » (Health at Every Size, en anglais) tranche avec les régimes amaigrissants qui reposent sur la restriction alimentaire et sur l'exercice physique. Elle mise plutôt sur une meilleure compréhension des aspects biologiques, psychologiques et sociologiques du poids corporel, sur l'acceptation de ses limites, sur l'adoption de comportements sains vis-à-vis de la nourriture et sur la redécouverte du plaisir de bouger. « Cette approche est centrée sur la santé et le mieux-être plutôt que sur la perte de poids », résume la professeure Véronique Provencher, du Département des sciences des aliments et de nutrition, qui a consacré ses études de doctorat à ce sujet.

La professeure Provencher et ses collègues Catherine Bégin, Angelo Tremblay, Lyne Mongeau, Louise Corneau, Sylvie Dodin, Sonia Boivin et Simone Lemieux, la plupart rattachés à l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels, ont recruté 48 femmes qui avaient vécu à répétition des échecs dans leurs tentatives de perdre du poids, et ils les ont soumises à l'approche « Choisir de maigrir ? » pendant 14 semaines. En petits groupes de douze, les participantes rencontraient une fois par semaine une nutritionniste et une psychologue lors de séances d'information et de discussion dirigées portant sur l'alimentation, l'activité physique, les aspects sociaux et psychologiques de l'image corporelle, etc.

Les chercheurs ont mesuré les effets physiques et psychologiques de cette approche six mois et douze mois après la fin de l'intervention et ils les ont comparés à ceux obtenus chez un groupe de femmes soumises à une intervention de type soutien social (les mêmes thèmes étaient abordés lors des rencontres, mais la nutritionniste et la psychologue se cantonnaient au rôle d'animatrices). Les résultats obtenus dans ces deux groupes ont été comparés aux données provenant d'un groupe témoin de 48 femmes ayant un profil comparable, mais ne bénéficiant d'aucune intervention.

Les résultats parus dans le Journal of the American Dietetic Association n'indiquent aucune différence appréciable entre les trois groupes au chapitre de l'évolution des facteurs de risques cardiovasculaires, du temps consacré à l'activité physique ni du changement de poids. Par contre, l'approche « Choisir de maigrir ? » et l'approche par soutien social ont produit des effets significatifs sur deux comportements qui ont une incidence sur la prise alimentaire: la susceptibilité à la faim et la susceptibilité à la désinhibition alimentaire. À plus long terme, ces changements pourraient favoriser le maintien ou encore la perte de poids.

La professeure Provencher ne croit pas que « Choisir de maigrir ? » soit simplement une version sophistiquée de soutien social. « Il est certain que la dimension sociale est une composante importante de l'intervention, mais il y a plus, estime-t-elle. Même si, en moyenne, les participantes n'ont perdu que 1,6 kilo, elles étaient satisfaites parce que le programme leur donne le pouvoir de se poser des questions et de prendre des décisions sur leur image corporelle plutôt que d'être prises en charge par un spécialiste. Cette approche les aide à accepter ce qu'elles ne peuvent changer et à changer ce qui peut l'être ».

(Par Jean Hamann - Journal de la communauté universitaire - Volume 45, numéro 17 - 14 janvier 2010)

SOURCE : Université Laval

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