Trois bonnes raisons de manger du poisson à tous âges

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Trois bonnes raisons de manger du poisson à tous âges

La consommation régulière de poisson pourrait diminuer la mortalité de toutes causes. Elle est aussi associée à une diminution du risque de détérioration cognitive lié à l’âge. Mieux encore, elle semble favorable avant la naissance : lorsque la mère mange du poisson durant la grossesse, le cerveau de son enfant est plus performant… Les résultats de trois études récentes.

Plusieurs séries de recherches suggéraient, depuis déjà quelque temps, que la consommation de poisson pouvait avoir une influence sur la mortalité liée aux principales maladies chroniques : cancer, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2… Mais son effet sur la mortalité générale, quelle qu’en soit la cause, n’était pas éclairci. Jusqu’à la récente synthèse [1] qui vient d’être réalisée par une équipe de chercheurs de Shanghai (Chine), à partir de 12 études regroupant plus de 672.000 participants. Comparés aux plus petits consommateurs, les plus grands consommateurs de poisson ont un risque de mortalité de toutes causes significativement plus faible : diminué en moyenne de 6 %. Et comparées aux personnes qui ne mangent jamais de poisson, celles qui en mangent en moyenne 60 g par jour ont un risque de décès diminué de 12 %. Pour les chercheurs, il s’agit là d’une dose moyenne, à moduler par exemple sur la semaine, qui paraît tout à fait recommandable.

Contre la détérioration cognitive liée à l’âge

Le poisson peut aussi bénéficier à la fonction cognitive. Réalisée par une autre équipe chinoise, la synthèse [2] de 21 études menées chez plus de 181.000 personnes montre que sa consommation est associée à un plus faible risque de détérioration cognitive. Elle fournit aussi un luxe de précisions sur les « doses » et les nutriments concernés. Une part de poisson par semaine est associé à un plus faible risque de démence (diminué de 5 %) et de maladie d’Alzheimer (diminué de 7 %). Un apport moyen de 8 g par jour d’acides gras polyinsaturés du poisson est associé à une diminution de 29 % du risque de détérioration cognitive légère et de maladie de Parkinson. Enfin, le simple apport de 0,1 g par jour de DHA (l’acide docosahexaenoïque, une source importante d’acides gras oméga 3 d’origine marine) est associé à une diminution de 14 % du risque de démence et de 37 % du risque de maladie d’Alzheimer.

Et bon aussi pour le cerveau des enfants

La même équipe de chercheurs a aussi montré dans des travaux précédents que les oméga 3 peuvent significativement améliorer le développement cognitif chez les enfants. Une étude [3] espagnole récente va aujourd’hui plus loin, en s’intéressant à l’alimentation de la mère durant la grossesse. Elle montre que le cerveau des enfants peut grandement bénéficier d’une consommation maternelle élevée de poisson (3 fois par semaine en moyenne). Plus de 2.000 couples mère/enfant ont été suivis depuis le premier trimestre de la grossesse jusqu’au 5e anniversaire de l’enfant. Par rapport aux enfants des mères qui en consommaient moins, les enfants des grandes consommatrices de poisson ont acquis une meilleure fonction cérébrale et obtiennent de meilleurs scores cognitifs. Leur mère consommait en moyenne 600 g de poisson par semaine (3 portions), soit une portion supplémentaire par rapport aux recommandations habituelles (du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras).

Les mères participantes consommaient des poissons maigres (merlu, sole, fruits de mer…) et mieux encore des poissons gras, réputés plus efficace pour la fonction cognitive: thon, maquereau, sardines, anchois…

Un bémol toutefois : les auteurs de l’étude conseillent d’éviter les poissons qui ont une longue espérance de vie et peuvent se charger de mercure, comme l’espadon, le requin ou le maquereau géant. Si on les comprend bien, le poisson est plutôt fait pour préserver notre espérance de vie, avec toute notre tête !

Références

  1. Zhao L-G, et coll. Eur J Clin Nutr 2016; 70 : 155-161. DOI: 10.1038/ejcn.2015.72
  2. Zhang Y, et coll. Am J Clin Nutr 2016; 103 :330-340. DOI: 10.3945/ajcn.115.124081
  3. Julvez J, et coll. Am J Epidemiol 2016; 183(3):169-182. DOI: 10.1093/aje/kwv195

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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