Travailler mentalement stimulerait la prise alimentaire sans creuser l'appétit

lu 2974 fois

Le travail intellectuel contribuerait à la présente épidémie d'obésité, et pas uniquement parce que l'on dépense moins d'énergie en travaillant au clavier et à la souris qu'au pic et à la pelle. En effet, des chercheurs de la Faculté de médecine viennent de démontrer que les tâches intellectuelles, même si elles ne creusent pas l'appétit, stimulent la prise alimentaire.

« Travailler mentalement stimulerait la prise alimentaire sans creuser l’appétit » - Crédit photo : cn.canoe.ca Cette étonnante observation provient d’une étude, réalisée par Jean-Philippe Chaput, Vicky Drapeau, Paul Poirier, Normand Teasdale et Angelo Tremblay, dont les résultats sont publiés dans le numéro de septembre de la revue Psychosomatic Medicine. Les chercheurs ont mesuré la prise alimentaire spontanée de 14 étudiantes après chacune des trois tâches suivantes: relaxer en position assise, lire et résumer un texte scientifique (tâche ardue s’il en est une), et compléter une série de tests de mémoire, d’attention et de vigilance à l’ordinateur. Après 45 minutes de chaque activité, les participantes étaient invitées à passer au buffet et à manger à satiété.

Les chercheurs avaient déjà établi que chaque séance de travail intellectuel ne requiert que trois calories de plus que la séance de relaxation. Malgré le faible coût énergétique de la pensée et malgré le fait que les participantes ne se sentaient pas plus affamées après un travail mental qu’après un repos, elles ont spontanément consommé 203 kilocalories de plus après avoir résumé un texte et 253 kilocalories de plus après les tests informatisés.

Des prélèvements sanguins effectués avant, pendant et à la fin de chaque séance ont révélé que le travail intellectuel induit des variations nettement plus importantes que le repos dans la concentration de glucose et d’insuline. « Ces fluctuations pourraient résulter du stress engendré par le travail ou encore être le reflet d’une adaptation biologique lors de la combustion du glucose », avance Jean-Philippe Chaput. L’organisme pourrait réagir à ces variations en stimulant la prise alimentaire afin de restaurer l’équilibre du glucose. Contrairement aux muscles qui utilisent plusieurs types de combustibles, le cerveau ne carbure qu’au glucose.

« La surcompensation calorique qui suit un travail intellectuel, combinée au fait qu’on se dépense peu physiquement lorsqu’on accomplit des tâches de réflexion, pourrait contribuer à l’épidémie d’obésité, résume Jean-Philippe Chaput. C’est un élément qu’il ne faut pas négliger considérant que de plus en plus de gens occupent des emplois de nature intellectuelle. »

(Jean Hamman - Le journal de la communauté universitaire - Volume 44, numéro 2 - septembre 2008)

SOURCE : Université Laval

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s