Tout un monde dans nos assiettes

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Français et Allemands friands de convivialité ; Britanniques, Espagnols et Américains confiants en leurs produits alimentaires ; Chinois soucieux de manger bien à bas prix… L’étude TNS Sofres (*) réalisée pour le SIAL trace la carte d’une alimentation mondiale diverse et variée, sur laquelle les surprises ne manquent pas.

La conception de l'alimentation demeure très différente selon les pays

À l’heure où la mondialisation semble entraîner une certaine uniformisation des modes de vie : la conception de l'alimentation demeure très différente selon les pays. Plaisir essentiel en France et en Allemagne, elle s’impose avant tout comme une nécessité aux États-Unis et en Russie. De fait, l’affirmation “bien manger, c’est se faire plaisir” recueille plus de 60 % de suffrages dans l’Hexagone, Outre-Rhin et en Chine. Outre-Atlantique, elle ne fédère que moins d’un Américain sur deux.

En France, Allemagne, Espagne et Russie, bien manger est également associé à la recherche de diversité pour 6 consommateurs sur 10, ce qui est moins le cas en Grande-Bretagne (42 %) et surtout aux USA (28 %) et en Chine (33 %).

Pour 60% des Français, "bien manger c'est se faire plaisir"

La notion de convivialité associée au bien manger prend tout son sens en France, en Allemagne et en Chine (pour environ 60 % des personnes interrogées), mais ne trouve que peu d'écho dans les pays anglo-saxons et en Russie (moins d'un tiers des individus). Plus surprenant encore, la vision altruiste de l'alimentation ("faire plaisir aux autres") inspire uniquement les consommateurs français et allemands et n'émerge dans aucun autre pays !

Spécificité chinoise, l'association "bien manger, c'est manger pas cher" concerne 4 individus sur 10 dans l'Empire du milieu (contre 1 sur 5 dans les autres pays)... Au point d'apparaître dans le Top 5 des associations au bien manger dans ce pays !

80% des consommateurs jugent leurs habitudes alimentaires "bénéfiques à leur santé"

Tous pays confondus, les consommateurs (à 80 %) jugent leurs habitudes alimentaires "bénéfiques à leur santé"... Tout en estimant (à 60 %) "manger plus que nécessaire" !

L'étude met en lumière un étonnant paradoxe des comportements. En effet, tous pays confondus, les consommateurs jugent (à 80 %) leurs habitudes alimentaires "bénéfiques à leur santé"... Tout en estimant (à 60 %) "manger plus que nécessaire"! Cette perception ambivalente d'une alimentation bonne pour la santé et du trop manger se renforce chez les individus en situation d'obésité : 77 % d'entre eux sont conscients de manger plus que nécessaire... et pourtant 66 % affirment avoir une alimentation bénéfique à leur santé. Un paradoxe renforcé par quelques constats supplémentaires : dans l'ensemble des pays où a été menée l'étude, plus de 75 % des individus affirment "devoir surveiller ou faire attention à leur poids" (près de 90 % en Russie et en Chine). Mieux encore : 64 % des consommateurs et 35 % des individus en sous-poids (à l'indice de masse corporelle inférieur à 18,5) déclarent "avoir fait des efforts au cours de l'année passée pour conserver ou perdre du poids".

Constat moins surprenant, les différentes crises alimentaires ont laissé des traces dans l'esprit des consommateurs, et ce, dans le monde entier : 1 individu sur 2 juge en effet "probable" le risque que les aliments ingérés nuisent à sa santé avec en tête les Chinois (93 %) et, dans une moindre mesure, les Français (59 %) et les Russes (55 %).

84% des consommateurs ont confiance envers leurs produits alimentaires

Malgré ce constat, les consommateurs manifestent une confiance globalement élevée envers les produits alimentaires (84 %), avec cependant de larges disparités selon les pays. Ainsi, plus de 90 % des Espagnols, des Britanniques et des Américains affirment avoir foi en leur alimentation. Ce taux demeure élevé en France et en Allemagne (85 %) ainsi qu'en Chine (80 %)... Mais il chute à 64 % en Russie. Il apparaît également important de relever que 35 % des Russes et 50 % des Chinois déclarent avoir moins confiance qu'avant en leurs produits alimentaires. Un chiffre qui s'élève à 33 % en Allemagne et en France, preuve que si la confiance demeure, elle s'est cependant érodée au fil du temps.

La surprise vient sans doute du fait que la marque, en tant qu'élément de réassurance n'est citée que par 36 % des consommateurs tous pays confondus.

Cette confiance fragile pousse les consommateurs à rechercher des éléments rassurants en se fiant à des preuves tangibles telles que les caractéristiques intrinsèques du produit: sa composition (55 %), son origine/son lieu de production (46 %) et les informations figurant sur l'emballage (45 %). 40 % des individus s'attachent également à l'aspect du produit, à son lieu d'achat et à la présence d'un label de qualité. Ce dernier argument prend tout son sens en France et en Chine. La surprise vient sans doute du fait que la marque, en tant qu'élément de réassurance n'est citée que par 36 % des consommateurs tous pays confondus. Et si la marque conserve encore une belle cote de popularité aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Chine, c'est en Russie, en Allemagne et en France qu'elle est le moins citée.

Par ailleurs, les allégations portant sur la naturalité et le "sans" continuent d'être plébiscitées par les consommateurs puisque plus de 70 % d'entre eux jugent "intéressantes" les mentions "à base d'ingrédients 100 % naturels" et "sans..." (conservateurs, pesticides, colorants, arômes artificiels, antibiotiques, OGM). Avec plus de 80 % d'individus intéressés, les Français, les Espagnols, les Russes et les Chinois se montrent les plus sensibles à ces allégations.

Pour conclure, signalons que l'intérêt pour les mentions "bio", "sans huile de palme", et "nom du producteur" est plus partagé : relativement élevé en France (53 %, 74 % et 53 %), en Russie (85 %, 64 % et 63 %) et en Chine (73 %, 51 % et 52 %), il est nettement plus faible dans les autres pays (moins de 4 consommateurs sur 10 pour chacun des items).

(*) Pour chaque pays : échantillon de 1 000 Individus âgés de 18 ans et plus (sauf Chine : 18-55 ans), représentatifs en termes de sexe, âge, région et catégories socio-économiques selon la méthode des quotas. Univers pris en compte : représentativité nationale pour France, Espagne, Allemagne, UK et USA ; Russie : villes de plus de 100 000 habitants ; Chine : population des villes Tier 1/2/3. Les interviews ont été réalisées online en juin 2012.

SOURCE : SIAL Paris

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