Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le bio

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Le principal atout de l'agriculture biologique est le respect de l'environnement. Pour la valeur nutritionnelle, le goût, le risque sanitaire, fournit-elle des produits supérieurs à ceux de l'agriculture « classique » ? Pour le Pr Léon Guéguen, si le choix du bio est respectable, il est avant tout subjectif...

« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le bio » - Crédit photo : © Copoi - Fotolia.com L’agriculture biologique occupe 2 % de la superficie agricole en France et 3 % en Europe (contre seulement 0,3 %aux Etats-Unis). Ses produits représentent moins de 1,5 % des aliments consommés. Principaux atouts : le respect de l’environnement et la diminution du risque de pollution, du fait de la limitation des rendements et de l’usage des produits chimiques. Paradoxe pourtant, pour cette agriculture qui se veut « sûre » : le rejet de certains produits chimiques ne garantit pas l’innocuité des produits « naturels » qu’elle emploie !

Par ailleurs, si les processus de production de l’agriculture biologique sont plutôt bien contrôlés en France (au prix d’un seul contrôle annuel), les produits bio d’autres pays ne sont pas soumis aux mêmes contrôles. Enfin et surtout, les obligations de l’agriculture biologique portent seulement sur les moyens employés pour produire des végétaux ou élever des animaux. Et non sur les résultats obtenus.

Ainsi, il n’est pas prouvé aujourd’hui que la valeur sanitaire des produits bio soit supérieure à celle des autres produits agricoles. Pour les fruits et légumes issus de l’agriculture classique, l’emploi des produits phytosanitaires est réglementé et les traces de ces produits disparaissent avec l’épluchage, le lavage ou la cuisson. De plus, bio ou non, aucun aliment d’origine végétale ou animale produit en plein air n’est à l’abri des contaminations : par des mycotoxines (cancérigènes), des contaminants chimiques, des microbes, des parasites... Par exemple, le risque de contamination par les salmonelles est plus important pour les oeufs bio que pour les oeufs issus d’élevages en batterie !

La supériorité nutritionnelle des aliments bio n’est pas non plus établie. Un rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), publié en 2003, montre qu’il n’y a pas de différence significative dans la composition chimique des aliments « modernes » et celle des aliments bio. Enfin, la qualité gustative des aliments bio ne se révèle pas supérieure à celle des autres aliments.

Pour le Pr Guéguen, le bio est un choix défendable pour la protection de l’environnement et la satisfaction personnelle. Mais il sera toujours plus cher, du fait de la diminution de la fertilité des sols et de l’efficacité insuffisante des traitements naturels... En dépit des aides officielles, l’agriculture biologique restera marginale et ne permettra qu’une consommation élitiste, car elle ne saurait permettre aujourd’hui de nourrir toute l’humanité.

Et encore moins demain, quand il s’agira de doubler la production alimentaire mondiale ! Nous voici contraints de miser sur une agriculture durable et raisonnée, qui puisse à la fois diminuer l’utilisation des produits chimiques sans abaisser les rendements...

(Association française pour l’information scientifique (AFIS). Science et pseudo-sciences , n° 283, p. 59-64.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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