Toujours trop de sel dans l'assiette des Français

lu 5599 fois

Dix-huit mois après le lancement de l'étude NutriNet-Santé, des résultats préliminaires de ce grand programme de recherche national permettent d’estimer les apports en sel (chlorure de sodium) dans l’alimentation des Français. Sur la base de plus de 140.000 enquêtes alimentaires analysées, les apports moyens en sel évalués à 8,4 g/j dépassent encore de 40% les recommandations internationales (OMS - FAO).

« Toujours trop de sel dans l'assiette des Français » - Crédit photo : www.etude-nutrinet-sante.fr De très nombreux travaux scientifiques suggèrent une relation de causalité entre l’apport élevé en sodium et l’hypertension artérielle, une cause majeure de maladie cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral et de néphropathie. L’étude NutriNet-Santé offre ainsi l’opportunité de connaître, de façon précise, les apports en sel (NaCl) dans la population française. Elle révèle donc que la très grande majorité des Français (82% des femmes et 95% des hommes) mange encore trop salé.

Parmi les résultats présentés, il est révélé que :

  • 5% des hommes et 18% des femmes ont un apport de sel total inférieur ou égal à 6 g/j (recommandation dans de nombreux pays européens) ;
  • 1% des hommes et 5% des femmes ont un apport en sel inférieur ou égal à 5 g/j correspondant aux recommandations de l’OMS ;
  • 36% des femmes et 67% des hommes ont des apports en sel supérieurs à 8 g/j (niveau maximal que la France s’était fixé d’atteindre en 2008 dans le cadre de la Loi de Santé Publique de 2004) ;
  • 12% des hommes et 2% des femmes ont des apports en sel supérieurs à 12 g/j.

Ainsi, en dehors des différences d’apports en sel entre hommes et femmes, il existe peu de variations en fonction de l’âge, des caractéristiques socio-économiques, de la région (même si la contribution des aliments aux apports en sel varie en fonction de ces facteurs).

En revanche, les apports en sel sont plus élevés chez les personnes en surpoids, particulièrement chez les personnes obèses, et plus faibles chez les sujets maigres (indépendamment de l’apport calorique).

Les trois quarts du sel consommé (6,3 g/j) proviennent directement des aliments et un quart (2,1 g/j) est ajouté par le consommateur lors de la cuisson des aliments ou dans son assiette, lors du repas. Les groupes d’aliments qui contribuent le plus à l’apport en sodium dans l’alimentation sont le pain et les biscottes (24,1%), la charcuterie (12,5%), les fromages (8,1%), les légumes préparés (crudités...) ou cuits (6,8%) et les aliments-snacks et aliments de « fast food » (5,9%).

Sel et chlorure de sodium (NaCl)

  • Le sel est le nom usuel du chlorure de sodium (NaCl)
  • 1 g de sel contient environ 400 mg de sodium (Na)
  • 1 g de sodium équivaut à 2,5 g de sel
  • 5 g de sel = 2 g de sodium = une cuillère à café

Les apports en sel observés dans NutriNet-Santé suggèrent tout de même une évolution depuis une dizaine d’années, allant dans le sens d’une réduction des apports en sel au niveau de la population, ce qui est un élément favorable en termes de santé publique. Cependant les apports en sel restent encore trop élevés par rapport aux recommandations et objectifs internationaux.

Les hypothèses scientifiques sur l’impact d’apports excessifs en sel sur la santé sont nombreuses et les enjeux de santé publique majeurs. De nombreuses estimations scientifiques suggèrent un bénéfice potentiel important de la réduction de la teneur en sel sur le plan de la morbidité cardiovasculaire, et ce, même avec une réduction faible de la consommation moyenne de sel dans la population.

L'étude Nutrinet-Santé

Lancée le 11 mai 2009, l'étude Nutrinet, programmée sur cinq ans, a comme objectif de recruter 500 000 "nutrinautes" (de plus de 18 ans) acceptant de répondre, sur internet, à des questionnaires sur leur alimentation, leur activité physique, leurs poids et taille, leur santé... 160.000 se sont déjà inscrits 18 mois après son lancement, permettant la publication régulière de résultats préliminaires, comme précédemment sur les apports alimentaires en polyphénols des Français.

Avec un nombre suffisant de volontaires et un suivi sur plusieurs années, l’étude NutriNet-Santé permettra d’étudier les effets des différents niveaux d’apports en sel sur les maladies cardiovasculaires, les cancers, l’ostéoporose, les pathologies rénales, l’obésité, l’asthme... : l’appel aux volontaires pour participer à l’étude NutriNet-Santé continue donc !

Pour de plus amples informations, consulter : www.etude-nutrinet-sante.fr

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

Cela pourrait vous intéresser

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s