Télé et jeux vidéo, nouveaux « facteurs de risque » ?

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Informative, éducative, ludique, relaxante. Mais aussi abêtissante, asservissante, libératrice de « temps de cerveau » pour la pub... Que n’a-t-on dit, en bien ou en mal, sur la télé ? Voici que des médecins apportent leur contribution. Avec des études qui inciteraient plutôt à la prudence. Pour éviter de prendre du poids, d’augmenter le risque de maladie cardiovasculaire ou de diabète, mieux vaudrait ne pas abuser de nos chers écrans...

Le téléspectateur assidu : futur cardiaque ou diabétique ?

Une « méta-analyse » récente [1], synthèse de 8 études publiées entre 1970 et 2011, n’y va pas par quatre chemins : la télé peut augmenter le risque de maladie cardiovasculaire, de diabète, et même de mortalité générale !

Pour le diabète, 4 études se basent sur le suivi de près de 176.000 personnes pendant 8,5 ans. Conclusion, après ajustement du résultat par rapport aux nombreux autres facteurs de risque : pour 2 heures par jour passées devant la télévision, le risque de diabète augmenterait de 20 %.

Du côté des maladies cardiovasculaires, le risque augmenterait de 15 % pour 2 heures de télévision quotidienne. Du moins d’après l’analyse de 4 études portant sur plus de 24.000 personnes suivies pendant 10,5 ans.

Pour le diabète comme pour les maladies cardiovasculaires, les deux risques augmenteraient de manière à peu près linéaire par tranche de 2 heures de télé supplémentaires. Or, d’après une estimation, les Européens consacrent 40 % de leur temps libre quotidien à la télé, soit 3,5 à 4 heures par jour. Ce qui reviendrait à augmenter notablement les risques évoqués !

Enfin, à partir de 3 études portant sur plus de 26.000 personnes étudiées pendant 7 ans, la méta-analyse suggère une augmentation du risque de mortalité générale de 13 % chez les téléspectateurs assidus. Brr ! Trop de télé finirait par tuer. Une seule limiteà noter : « associer » statistiquement deux facteurs (la télé et les maladies) ne veut pas forcément dire que l’un est la cause de l’autre. La vie elle-même est mortelle...

Ces femmes que la télé engraisse

Une étude [2] a évalué, avec les moyens d’exploration les plus sophistiqués, la composition corporelle de 300 femmes adultes, habituées à regarder les programmes de télévision. En fonction du temps passé devant leur téléviseur, elles ont été divisées en 3 groupes : celles qui ne regardent « pas souvent » la télé (1h/jour), celles qui la regardent « modérément » (2h/j) et celles qui la regardent « souvent » (3h/j). Les femmes de ce dernier groupe avaient un pourcentage de masse grasse corporelle significativement plus élevé. C’est le manque d’activité physique qui sanctionnerait les plus « accro » au petit écran...

Quand les jeux vidéo font monter la tension

Et les autres écrans ? Des chercheurs ont évalué le temps passé devant la télévision, l’ordinateur et les jeux vidéo chez près de 300 garçons et filles de 14 à 18 ans en surpoids ou obèses [3]. Ils ont trouvé une tension artérielle et des taux de lipides sanguins plus élevés chez ceux qui s’adonnent aux jeux vidéo. Dans cette étude, les jeux vidéo sont le seul comportement sédentaire soupçonné de pouvoir influer sur la santé.

Références

  1. Grontved A, et al. JAMA 2011;305(23):2448-55.
  2. Tucker LA, et al. Obesity 2011;19:1950-6.
  3. Goldfield GS, et al. PlosOne 2011;6(11):e26643.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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