Syndrome métabolique : quelle place pour la nutrition ?

lu 7338 fois

Dans quelle mesure l'alimentation pourrait-elle permettre de prévenir le syndrome métabolique reste encore un sujet débattu. Le MEDEC (*) 2005 a fait le point récemment sur le sujet...

Est-ce que le syndrome métabolique est seulement la conséquence d’un excès calorique et de l’obésité ou existe-t-il à l’inverse un ou des facteurs spécifiques favorisant l’hyperinsulinisme, le syndrome métabolique et finalement l’obésité ? Cette question, le Pr Michel Krempf (Faculté de Médecine, Hôtel-Dieu, Nantes) l’avait posé d’emblée à l’occasion du MEDEC, à Paris, en mars dernier...

Les glucides sévèrement critiqués

L’insulinorésistance semble inversement corrélée à l’apport total de fibres alimentaires, de céréales peu raffinées et à l’inverse directement liée à la consommation d’aliments à fort index glycémique (1). Le syndrome métabolique est quant à lui moins contrasté chez les sujets les plus consommateurs de fibres et de céréales non raffinées. Le rôle délétère des acides gras saturés, peut aussi être souligné alors que les acides gras mono-insaturés auraient un rôle neutre, voire plutôt favorable (2).

Mais aujourd’hui, plusieurs auteurs (3,4) insistent sur le rôle prépondérant des glucides et en particulier des aliments à fort index glycémique favorisant l’insulinosécrétion, comme un facteur déterminant du syndrome métabolique. Pour l’expert, l’introduction d’aliments à fort index glycémique, principalement après l’industrialisation du 19e siècle en Europe, a favorisé l’insulinosécrétion et a peut-être été à l’origine de dysfonction des cellules bêta pancréatiques chez certains sujets. Cette dysrégulation acquise des cellules bêta serait transmissible aux générations suivantes, du moins sur des modèles animaux.

Quoi qu’il en soit, et avant d’obtenir les résultats d’études d’intervention, il apparaît légitime de recommander la consommation de céréales complètes et de composés à index glycémique modéré et, à l’inverse, de limiter la consommation de sucres simples ou d’aliments glucidiques très raffinés. Pour les patients présentant déjà des perturbations métaboliques et notamment une dyslipidémie, la consommation d’acides gras mono-insaturés et la réduction des apports glucidiques pourraient être déjà des stratégies à encourager.

Un symposium scientifique dédié en 2006

On le voit, beaucoup de zones d’ombre entourent encore le syndrome métabolique. Certains experts vont même se poser la question de son existence réelle… D’où l’intérêt d’en parler aujourd’hui en Belgique et il faut donc saluer l’initiative prochaine (le 18 février 2006) de l’Unilever Health Institute… Nouveau venu (depuis le 27 octobre 2005), cet institut est une plateforme scientifique indépendante composée d’experts belges de tous horizons dont les objectifs sont de promouvoir la santé publique en matière de nutrition et d’hygiène en mettant en oeuvre des initiatives concrètes et scientifiquement étayées en matière de recherche, de communication et de formation.

Au programme d’activités : donc, le Unilever Health Institute Symposium consacré, pour cette première édition, au syndrome métabolique. Il y aura également des forums d’actualité, des bulletins d’information, des workshops pour les professionnels, … Outre son activité scientifique, l’Unilever Health Institute s’engagera prochainement dans des grands programmes de santé publique en Belgique, actuellement en création.

(*) MEDEC, Palais des Congrès de Paris, 15-18 mars 2005

Plus d’infos sur www.unileverhealthinstitute.be

Références :

  1. McKeown NM, Diabetes Care 2004, 27 : 538-546.
  2. Costacou T, Ann Rev Nutr 2003, 23 : 147-170.
  3. Lieberman LS. Annu Rev Nutr 2003, 23 : 345-377.
  4. Kopp W. Metabolism 2003, 52 : 840-844.

(Par Nicolas Rousseau, Diététicien Nutritionniste, " HEALTH & FOOD " numéro 74, Décembre 2005)

SOURCE : Health and Food

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s