Syndrome métabolique et alimentation

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Le syndrome métabolique, encore appelé syndrome polymétabolique, syndrome d'insulino-résistance ou encore syndrome X, est constitué de différentes anomalies (cliniques et biologiques), le plus souvent modérées mais dont l'association chez une même personne est dangereuse pour la santé.

Qu'est-ce que le syndrome métabolique et quelle est sa fréquence ?

Pour faire simple, on parle de syndrome métabolique quand trois des cinq facteurs de risques suivants sont présents :

  • Excès de poids avec une répartition abdominale de l'obésité (tour de taille supérieur à 102 cm chez l'homme et à 88 cm chez la femme) ;
  • Pression artérielle égale ou supérieure à 130/85 ou hypertension artérielle traitée ;
  • Triglycérides élevés (taux de triglycérides dans le sang supérieur à 1,5 g/l) ;
  • HDL-cholestérol abaissé (« bon » cholestérol inférieur à 0,40 g/l chez l'homme ou à 0,50 g/l chez la femme) ;
  • Anomalie de la glycémie à jeun (taux de sucre dans le sang) qui peut aller de l'insulinorésistance (égal ou supérieur à 1,10 g/l) au diabète de type 2 (égal ou supérieur à 1,26 g/l).
Si la fréquence du syndrome métabolique varie selon les populations et les définitions utilisées, elle est généralement élevée et augmente avec l'âge. Elle double entre 40 et 60 ans.

Le syndrome concernerait environ 50 millions d'Américains et un Européen sur cinq. En France, il toucherait 22,5 % des hommes et 18,5 % des femmes de 35 à 65 ans. L'augmentation du nombre de personnes en surpoids ou obèses dans les années à venir pourrait fortement augmenter la fréquence de ce syndrome, qui pourrait aussi toucher des populations de plus en plus jeunes.

Quelles en sont les causes et les conséquences ?

Les composantes du syndrome métabolique (hypertension, obésité abdominale, anomalies des lipides du sang...) sont responsables d'athérosclérose. Les troubles associés dans ce syndrome sont reliés entre eux par l'insulino-résistance caractérisée par une diminution de la sensibilité à l'insuline avec réduction de la captation du glucose en particulier au niveau des muscles. L'âge, le sexe, la génétique mais surtout l'environnement (sédentarité, alimentation......) sont impliqués dans ce syndrome qui se constitue à bas bruit.

Le rôle important de l'accumulation de graisse au niveau abdominal semble aujourd'hui reconnue comme facteur déclenchant les anomalies qui le caractérisent et qui ensuite évoluent et interagissent selon un cercle vicieux. Quant aux conséquences, elles sont essentiellement de deux ordres : une augmentation du risque cardiovasculaire et du diabète de type 2. Ainsi, la seule présence d'un syndrome métabolique multiplie par deux le risque de développer une maladie cardio-vasculaire et par 5 à 10 celui de diabète de type 2.

La prévention par l'alimentation est-elle possible ?

Le caractère souvent silencieux du syndrome polymétabolique retarde son traitement. Changer ses habitudes de vie suffit pourtant souvent à enrayer de façon efficace ce syndrome et à réduire ainsi les risques de devenir diabétique ou de développer une maladie cardiovasculaire.Une alimentation équilibrée et une marche soutenue d'au moins 30 minutes par jour permettent de réduire l'adiposité abdominale, de diminuer l'insulino-résistance et d'améliorer la sensibilité à l'insuline. La graisse viscérale est extrêmement sensible à la diététique et à l'exercice, et chaque kilo perdu entraîne une diminution de 1 cm du tour de taille. Une alimentation pas trop grasse et riche en fibres alimentaires (fruits et légumes), associée à une activité physique modérée permettrait de prévenir 58 % des diabètes de type 2, ou d'en retarder l'apparition.

Des données épidémiologiques récentes suggèrent aussi que les laitages pourraient contribuer à lutter contre le syndrome polymétabolique : ce syndrome est en effet moins fréquent chez les consommateurs de laitages et les laitages sont associés à un moindre risque, notamment chez les hommes consommant au moins une portion de produits laitiers par jour. Par ailleurs, chez les personnes obèses, deux à trois produits laitiers au quotidien faciliteraient la perte de poids en diminuant la masse grasse. Enfin, les laitages exercent aussi un effet favorable sur la pression artérielle et agissent en complément des fruits et légumes.

Ainsi même si, à eux seuls, ni les produits laitiers ni les fruits et légumes ne peuvent prévenir le syndrome polymétabolique, ils peuvent néanmoins y contribuer en s'intégrant dans le cadre d'une alimentation équilibrée (ni trop énergétique, ni trop grasse, ni trop salée), assortie de diverses mesures d'hygiène de vie et notamment, réduction de la consommation de tabac et d'alcool, diminution du poids et du tour de taille, pratique d'une activité physique régulière telle que marcher, monter à pieds les escaliers, promener son chien...

(Dr Martine Pellae - Praticien Consultant Hospitalier, nutition/diabétologie, Hôpital Bichat, Paris)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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