Surpoids et obésité : une véritable pandémie mondiale

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Une large étude coordonnée par Beverley Balkau, Directrice de recherche au sein de l'Unité Inserm 780 « Epidémiologie et biostatistique » et menée sur plus de 165 000 personnes à travers le monde, révèle que 24% des hommes et 27% des femmes sont actuellement obèses, tandis que 40% des hommes sont en surpoids, tout comme 30% des femmes. Ces résultats sont publiés dans « Circulation : Journal of the American Heart Association ».

« Obésité - Crédit : Wikipédia » L’étude a porté sur 168 159 personnes (69 409 hommes et 98 750 femmes) âgées de18 à 80 ans (moyenne d’âge: 48 ans) dans 63 pays à travers les cinq continents, suivies par leurs médecins généralistes

« Il s’agit de la plus grande étude disponible permettant d’apprécier en "instantané" la fréquence de l’adiposité, avec un recueil de données homogène à travers le monde », explique Beverley Balkau.

L’obésité, et en particulier l’adiposité abdominale, est devenue un problème majeur de santé publique, qui menace la qualité-même des services de santé à disposition de la population de nombreux pays.

L’étude, intitulée IDEA (International Day for Evaluation of Abdominal Obesity) est une étude épidémiologique transversale, menée sur deux demi-journées par des médecins tirés au sort, représentatifs de régions tant urbaines que rurales de chacun des pays participants. Le suivi des personnes consistait à relever l’âge, la présence d’antécédents cardiaques ou de diabète et à mesurer le tour de taille, le poids et la taille de chacun des participants, puis à déterminer son Indice de Masse Corporelle (IMC).

« Les résultats montrent que le surpoids est une véritable pandémie : entre 50% et 66% de la population mondiale est en surpoids ou obèse », analyse Beverley Balkau. « La graisse située au niveau abdominal augmente significativement le risque de développer des pathologies cardiaques et certaines formes de diabète. Le tour de taille est un marqueur clinique plus fiable du risque de maladies cardiovasculaires et de diabète que l’IMC », estime Beverley Balkau.

Etre en surpoids ou obèse a des conséquences sur la santé, mais l’obésité abdominale a des effets encore plus graves, ajoute la chercheuse de l’Inserm.

Selon les critères basés sur la mesure du tour de taille, définis internationalement, plus de la moitié de la population étudiée est considérée comme ayant de l’adiposité abdominale : 56% des hommes ont un tour de taille supérieur à 94 centimètres, et 71% des femmes ont un tour de taille supérieur à 80 centimètres.

« Partout dans le monde, on observe une augmentation significative des pathologies cardiaques et du diabète corrélée avec une augmentation du tour de taille » commente Beverley Balkau. Pour les hommes, une augmentation du tour de taille de 14 centimètres accroît le risque d’environ 35% de survenue de maladies cardiovasculaires. Chez les femmes, une augmentation de 15 centimètres équivaut à un risque accru de 40% même chez des personnes longilignes, un tour de taille qui augmente est donc synonyme d’augmentation du risque de pathologie cardiaque et de diabète.

Selon l’IMC, plus de 60% des hommes et 50% des femmes sont soit en surpoids, soit obèses (IMC égal ou supérieur à 25 kg/m2). La fréquence de l’obésité (définie par un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m2), diffère d’un pays à l’autre, passant de 7% sur le continent asiatique (homme et femme) à 36% chez les Canadiens.

Les auteurs appellent les gouvernements à prendre plus de mesures préventives pour faire face à cette épidémie d’obésité et de surpoids : faciliter l’accès à la pratique de l’activité physique et encourager les gens à l’exercice physique, par exemple.

« L’activité physique et une alimentation équilibrée restent les clés du problème » estime la chercheuse de l’Inserm.

Sources et références :

« International Day for the Evaluation of Abdominal Obesity (IDEA), A Study of Waist Circumference, Cardiovascular Disease, and Diabetes Mellitus in 168 000 Primary Care Patients in 63 Countries » Beverly Balkau [1]; John Deanfield [2]; Jean-Pierre Després [3]; Jean-Pierre Bassand [4]; Keith A.A. Fox [5]; Sidney C. Smith [6]; Philip Barter [7]; Chee E. Tan [8]; Luc Van Gaal [9]; Hans-Ulrich Wittchen [10]; Christine Massien [11]; and Steven M. Haffner [12]

  1. Unité Inserm 780 « Recherche en épidémiologie et biostatistique » - IFR69, Villejuif, France; Faculty of Medicine, Université Paris-Sud, Orsay, France;
  2. Cardiothoracic Unit, Great Ormond Street Hospital for Children, London, United Kingdom; Cardiac Unit, Institute of Child Health and Grown Up Congenital Heart Disease, University College, London, UK;
  3. Laval Hospital Research Center, Sainte-Foy, Quebec, Canada;
  4. University Hospital Jean-Minjoz, Besançon, France;
  5. Royal Infirmary of Edinburgh, Edinburgh, UK;
  6. University of North Carolina, Chapel Hill, NC;
  7. The Heart Research Institute, Sydney, Australia;
  8. Centre for Molecular Epidemiology, National University of Singapore, Republic of Singapore;
  9. Antwerp University Hospital, Antwerp, Belgium;
  10. Institut für Klinische Psychologie und Psychotherapie, Technische Universität Dresden, Dresden, Germany;
  11. Sanofi-Aventis (C.M.), Paris, France;
  12. University of Texas Health Science Center, San Antonio, Tex.

Circulation, 23 octobre 2007, accessible à l’adresse http://circ.ahajournals.org/cgi/reprint/116/17/1942

(Communiqué de Presse de l’INSERM, 5 novembre 2007)

SOURCE : Communiqué de Presse de l’INSERM

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