Supplémentation en micronutriments et maladies cardiovasculaires

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Les apports conseillés en micronutriments sont supérieurs aux besoins réels afin de pourvoir aux besoins de la majorité des adultes bien-portants. Est-il alors nécessaire de chercher à couvrir systématiquement 100 % des ANC en ayant recours à des compléments alimentaires, comme le préconisent certains, pour atteindre un « état d'alimentation optimale » [1] ?

L’essor actuel de la micronutrition procède d’études d’observations, et/ou d’expérimentations animales montrant le bénéfice potentiel de minéraux, vitamines, antioxydants sur la prévention, voire le traitement, de certaines maladies chroniques tels le cancer ou les maladies cardiovasculaires (MCV).

Or, aucune étude clinique chez l’homme n’a constaté une réduction des risques, notamment de MCV, avec de telles supplémentations [2, 3]. D’après une vaste méta-analyse [2], une supplémentation en antioxydants (vitamines E et C, Se, β-carotène) et en vitamines du groupe B (B6, B9, B12) ne prévient ni l’athérosclérose, ni les MCV.

Certains essais montrent même une mortalité accrue, toutes causes confondues, avec des doses excessives de vitamine E ou de β-carotène. En l’absence de preuve d’effets bénéfiques des compléments vitaminiques et minéraux sur la prévention de ces maladies, les différents auteurs n’en recommandent pas l’utilisation.

Sources et références :

  1. McCormick DB. Am J Clin Nutr 2006 ; 84 : 680-1.
  2. Bleys J, et al. Am J Clin Nutr 2006 ; 84 : 880-7.
  3. Flores-Mateo G et al. Am J Clin Nutr 2006 ; 84 : 762-73.

(Nutri-Doc n°65 - février 2007)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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