Suivre les recommandations nutritionnelles du PNNS améliore-t-il l’équilibre alimentaire et le statut nutritionnel ?

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Deux ans et demi après le lancement de « l'étude NutriNet-Santé », grande étude épidémiologique destinée à étudier les comportements alimentaires, leurs déterminants et les relations nutrition-santé, 206 000 volontaires se sont déjà inscrits à ce programme de recherche national. Les premiers résultats intermédiaires permettent déjà de connaître l’adéquation des consommations alimentaires aux recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS).

Deux ans et demi après son lancement, près de 206 000 internautes se sont déjà inscrits : 76% sont des femmes, 49,2% ont plus de 45 ans, 60% occupent un emploi, 15,3% sont retraités, 9% étudiants ou lycéens, 6,5% chômeurs ou allocataires du RMI, 5,8% au foyer. La répartition régionale des inscrits est très proche de celle observée en population générale.

Les données collectées à ce jour offrent l’opportunité de connaître, de façon précise, les comportements alimentaires de la population française et l’adéquation de ces comportements aux recommandations nutritionnelles du PNNS. Cette adéquation est mesurée au travers d’un score sur 15 points calculé en fonction de la proximité ou de l’éloignement des comportements avec les recommandations.

  • L’adéquation aux recommandations du PNNS évaluée sur 150 000 enquêtes alimentaires, apparaît moins bonne chez les hommes, les jeunes, les ouvriers, les populations à bas revenus, les fumeurs et les sujets vivant dans les régions du Nord et de l’Est de la France. A l’inverse les scores d’adéquation les plus élevés sont observés chez les femmes, les cadres supérieurs, les hauts revenus et les sujets vivant dans les régions Méditerranée, Sud-Ouest, Centre-Est et Région Parisienne.
  • Les personnes connaissant le mieux les repères nutritionnels du PNNS ont tendance à avoir un comportement alimentaire en meilleure adéquation aux recommandations. Par exemple, il y a 3 fois plus de sujets suivant le repère « consommer du poisson, 2 fois par semaine » parmi ceux qui connaissent la recommandation par rapport à ceux qui l’ignorent ; 20 % de consommateurs supplémentaires en adéquation avec le repère « au moins 5 fruits et légumes par jour » chez ceux qui le connaissent par rapport à ceux qui ne le connaissent pas,…
  • Les sujets ayant les scores d’adéquation aux recommandations nutritionnelles les plus élevés ont, par rapport à ceux ayant les scores les plus faibles, un meilleur équilibre nutritionnel avec une contribution plus faible des lipides à l’apport calorique (36 vs 40 %) et notamment des apports de graisses saturées 20 % plus faibles ; une contribution plus forte des fibres (50 % de plus : 23g/j vs 16g/j) et, par contre, des apports plus faibles pour les glucides ajoutés (6,3% vs 9,3%).
  • Les sujets ayant les scores d’adéquation aux recommandations nutritionnelles les plus élevés ont, par rapport à ceux ayant les scores les plus faibles, un meilleur apport en vitamines et minéraux: 64 % de vitamine C en plus (131 vs 80 mg/j), 69% de bêta-carotène en plus (4229 vs 2498 µg/j), 35% de vitamine B9 en plus (388 vs 288 µg/j), 18% de calcium en plus (948 vs 803 mg/j), 14% de fer en plus (13,1 vs 11,5 mg/j), et 6% de sodium en moins (2819 vs 2988 mg/j).
  • La proportion des sujets ayant les scores d’adéquation aux recommandations nutritionnelles les plus élevés est plus faible chez les obèses (-50 % chez les hommes et -10 % chez les femmes) par rapport à ceux ou celles de corpulence (IMC) « normale ». Le score moyen d’adéquation aux recommandations est plus élevé chez les sujets de poids normal (9,3 chez les hommes et les femmes) par rapport aux sujets présentant une obésité (8,8 chez les hommes et 9,0 chez les femmes).

Avec un nombre suffisant de volontaires et un suivi sur plusieurs années, l’étude NutriNet-Santé permettra d’étudier les effets des comportements alimentaires sur les maladies cardiovasculaires, les cancers, l’obésité, le diabète, l’hypertension, mais également de très nombreuses maladies ayant un cout humain, social et économique important: la polyarthrite rhumatoïde, la dépression, les pathologies digestives, l’ostéoporose, les pathologies thyroïdiennes, les migraines, l’asthme, le vieillissement…

Pour avoir des conditions de puissance statistique suffisante il faut un grand nombre de participants à la cohorte. C’est pour cela que les chercheurs lancent à nouveau un appel à la bonne volonté des citoyens pour participer à ce grand programme de recherche publique. Ils rappellent que le recrutement d’internautes qui souhaitent aider la recherche est toujours ouvert et le restera pendant les 2 ans et demi à venir. Ils continuent à appeler la population à participer à cette étude pour faire progresser la recherche publique sur la nutrition et la santé.

Pour s’inscrire et participer, rendez-vous sur le site : www.etude-nutrinet-sante.fr

SOURCE : Nutrinet Santé

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