Sport intensif : quel impact sur l'immunité ?

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Lors de la pratique d'une activité physique et a fortiori si celle-ci est intensive, le corps du sportif subit un stress plus ou moins intense. Une série de modifications surviennent alors au niveau de son système immunitaire.

« Sport intensif : quel impact sur l’immunité ? » - Crédit photo : www.linternaute.com Des études épidémiologiques suggèrent que les sportifs d’endurance, comme les triathlètes, sont plus à risque d’infections respiratoires durant les périodes d’entraînement intensif, ainsi que dans les deux semaines qui suivent les compétitions. Une diminution de certains composants du système immunitaire inné et acquis pourrait en être la raison.

Immunité acquise ou innée

Rappelons qu’il existe deux types d’immunités. La première, l’immunité innée, intervient en première ligne. Elle s’oppose aux agents infectieux par l’intermédiaire de médiateurs cellulaires (monocytes/macrophages, polynucléaires neutrophiles, certaines lymphocytes dits « natural killers » ou NK, …) et humoraux (cytokines d’origine monocytaire et chémokines, composants de la phase aiguë de l’inflammation,…). Les cellules impliquées dans la réaction immunitaire innées sont porteuses de récepteurs spécifiques de certains motifs moléculaires communs à différents micro-organismes.

La seconde immunité se nomme l’immunité acquise ou adaptive. Elle intervient secondairement après une phase de reconnaissance de l’antigène, prolifération lymphocytaire et différenciation en cellules productrices d’anticorps (lymphocytes B / plasmocytes) ou en cellules responsables de cytotoxicité (lymphocytes TCD3+). Cette immunité acquise est munie d’une mémoire et de ce fait, un deuxième contact avec l’antigène engendrera ultérieurement une réponse rapide et puissante de type secondaire.

Modifications par l’activité physique

Concernant les modifications de l’immunité suite à la pratique d’un sport intensif, une étude réalisée chez des cyclistes entraînés à parcourir 20 000 km/an depuis plus de 4 ans et ayant cessé l’entraînement depuis 20 heures a démontré que l’activité NK médiane baissait à 38%. Elle n’avait chuté que de 30% dans le groupe contrôle ne s’entraînant pas. Quant aux autres populations lymphocytaires et à leur réponse proliférative, elles ne variaient pas entre populations entraînées et non entraînées.

Un essai datant de 1995 et portant sur des nageurs professionnels a mis en évidence le fait que l’entraînement intensif de longue durée aurait un impact sur les paramètres immuns des athlètes en comparaison avec un groupe contrôle : après sept mois d’entraînement, le nombre de NK était effondré et il y avait une suppression significative des concentrations d’IgA, d’IgG, d’IgM et d’IgA salivaires.

En 1997, Nieman a passé en revue les différentes études réalisées et a conclu qu’il était, à l’heure actuelle, de plus en plus évident que la pratique sportive intensive pendant une longue période diminue, voire supprime certains constituants du système immunitaire, qu’il s’agisse du système immunitaire inné ou acquis. De plus, il semble qu’au même moment les concentrations plasmatiques en cytokines pro- et anti-inflammatoires soient élevées.

Atténuer les changements

Les modifications du système immunitaire consécutives à la pratique d’une activité physique intense vont donc affaiblir considérablement les défenses du sportif dans les heures voire les deux semaines qui suivent l’effort, le rendant plus sensible aux infections. Dfférentes substances nutritives sont susceptibles de limiter ces changements du système immunitaire ou de protéger l’organisme temporairement fragilisé. Plusieurs études leur ont été consacrées.

En premier lieu, citons les huiles essentielles d’eucalyptus, utilisées depuis des décennies en médecine traditionnelle pour leurs propriétés analgésiques, anti-inflammatoires et anti-infectieuses. Leurs effets sur l’organisme sont bien documentés. Le 1,8-cinéole ou eucalyptol, composant majeur de ces huiles aurait également, d’après plusieurs études, des propriétés anti-inflammatoires et anti-nociceptives. Ce monoterpène serait également utile dans le traitement à long terme de l’asthme bronchial. La synergie pinène-limonène-cinéol a également été identifiée comme ayant des effets bénéfiques chez des patients atteints d’obstruction pulmonaire chronique ou de bronchite aigüe. Cette association aurait également un effet expectorant ainsi qu’un effet préventif sur les risques de désordre respiratoire pouvant survenir lors de la pratique sportive.

Enfin, la propolis, matière résineuse recueillie par les abeilles sur les boutons entrouverts de différents arbres, a également plusieurs vertus thérapeutiques. De nombreuses études existent concernant ses effets antiseptiques, anti-inflammatoires et anti-oxydants. Certains essais cliniques ont même démontré que son usage par voie interne permet de prévenir et de traiter les infections des voies respiratoires. Un de ses constituants, le CAPE (Cafeic acid phenethyl ester), réduirait fortement les risques d’inflammation des voies respiratoires et donc l’asthme bronchial.

Références :

SOURCE : Health and Food

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