Seniors : pas de retraite pour la fourchette !

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D’ici 2020, un Français sur trois sera un senior. Ceux qui ont 55 ans aujourd’hui ont peut être encore 30 à 40 années de vie. Des années durant lesquelles l’alimentation va jouer un rôle clé pour le maintien de la santé et du plaisir de vivre. A l’initiative de l’Institut français pour la nutrition (IFN), médecins nutritionnistes, gériatres, psychologues, sociologues, professionnels de la communication et du marketing se sont penchés sur l’alimentation des seniors.

« Seniors : pas de retraite pour la fourchette ! » - Crédit photo : www.unat-paca.asso.fr Les liens entre alimentation, bien-être et santé se resserrent quand on vieillit. « Les besoins alimentaires ne diminuent pas avec l ‘âge, explique le Dr Monique Ferry. Au contraire, l’utilisation des nutriments par l’organisme est moins bonne. » Il faut manger autant, sinon plus ! Et surtout manger mieux. Des protéines pour préserver les muscles, qui ont tendance à « fondre » : viande, poisson, oeufs, produits laitiers. Des protéines, du calcium (produits laitiers) et de la vitamine D pour empêcher la déminéralisation des os. Des vitamines et des minéraux pour diminuer le stress oxydatif, principale facteur de vieillissement : fruits et légumes, produits de la mer, laitages, etc. Des acides gras et des vitamines pour maintenir les fonctions cognitives : poisson, huiles, beurre...

Les régimes et les restrictions ne sont pas justifiés chez les seniors en bonne santé. Le maintien du poids est essentiel. Le souci des médecins, c’est d’éviter la dénutrition chez les plus âgés. Elle concerne 15 à 40 % des résidents des maisons de retraite, mais aussi 4 à 10 % des seniors vivant à domicile. Et augmente le risque de maladie, de chute, de fracture et d’entrée dans la dépendance. Des raisons physiologiques, psychologiques et sociales conduisent à moins manger. Les sociologues attirent l’attention sur les conditions sociales du vieillissement : la catégorie socio-économique, la situation de famille, l’entourage induisent des comportements différents, constate Philippe Cardon, (INRA, Ivry-sur-Seine). Ainsi, les pratiques alimentaires s’écartent souvent des recommandations nutritionnelles.

Reste que la majorité des seniors connaît un vieillissement réussi. Sur le plan physiologique, la diminution progressive du goût et de l’odorat – souvent invoquée pour expliquer la perte d’appétit – doit même être relativisée : il existe une mémoire sensorielle des aliments, relativement bien préservée avec l’âge, indique Claire Sulmont-Rossé, chercheur à l’INRA (Dijon). L’essentiel est de préserver l’envie de manger. Elle est liée aux conditions de vie et notamment, en maison de retraite, à des repas appétissants.

(« L’alimentation des seniors ». Colloque de l’IFN, Paris, 1er décembre 2009.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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