Santé osseuse : les bénéfices de l’alimentation

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Lors des 25ème Journées Infogyn (1), médecins et gynécologues viennent d’être invités à se pencher sur la santé osseuse des femmes. Trop ignorée ou négligée par les patientes (même souvent après une première fracture !), l’ostéoporose mérite d’être mieux prise en charge. Diagnostiquée, soignée, et mieux encore si possible : prévenue. Or de la naissance jusqu’à un âge avancé, a rappelé le Dr Régis Levasseur (rhumatologue au CHU d’Angers), l’alimentation joue un rôle dans la « trajectoire du capital osseux »...

Pour éviter, tard dans la vie, les risques de chute et de fracture, il faut commencer à y penser très tôt ! La masse osseuse se constitue durant l’enfance et l’adolescence, et son « pic » maximal est atteint lors de l’entrée dans l’âge adulte. Il dépend à 80 % des gènes (légués par les parents) et pour 20 % de l’environnement, explique le Dr Levasseur.

Ensuite, le « capital osseux » s’érode doucement. Chez les femmes, la ménopause accélère la perte osseuse. A partir de 50 ans, 40 % d’entre elles sont concernées par le risque d’ostéoporose. Une première fracture peut survenir (au poignet, en moyenne vers 60 ans, aux vertèbres vers 70 ans). Elle prédit une cascade d’autres fractures...

Après 80 ans, la fracture de la hanche est à juste titre redoutée. Dans 25-30 % des cas, elle est suivie d’un décès dans l’année qui suit. Dans 80 %, elle crée des difficultés pour les activités quotidiennes. Dans 40 %, elle entraîne une incapacité à marcher. Dans 27 % des cas, elle est à l’origine d’une entrée en institution.

En association avec l’exercice physique (pratiqué régulièrement), l’alimentation favorise la croissance et le gain d’un maximum de capital osseux à la fin de l’adolescence. Elle aide aussi à préserver la masse osseuse tout au long de la vie, en particulier après la ménopause. Recette de base : protéines, calcium et vitamine D.

La vitamine D stimule l’absorption intestinale du calcium et permet d’augmenter la densité minérale osseuse. On lui a découvert récemment des bénéfices neuromusculaires, pour la prévention des chutes. En association avec le calcium, elle a une efficacité anti-fracture chez les femmes âgées. Elle est fabriquée à 80 % par la peau sous l’effet des rayons UVB. L’alimentation en apporte 20 %, mais le soleil n’étant pas toujours présent, des suppléments peuvent être nécessaires.

Les protéines ont un effet positif sur la croissance, la masse et la résistance des muscles et des os. Lors de l’avancée en âge, elles permettent leur préservation. Des apports élevés de protéines pourraient diminuer le risque de fracture de la hanche.

Le calcium est indispensable à la croissance et à la minéralisation de la charpente osseuse. A la ménopause, des apports alimentaires suffisants permettent de freiner la perte osseuse. Mais ni les adolescents ni les femmes ménopausées n’en consomment suffisamment. Pas besoin cependant de suppléments : 3 à 4 produits laitiers variés par jour font l’affaire. On estime que les femmes victimes de fractures ont des apports calciques moyens de 700 mg/j : il suffirait de 1 ou 2 produits laitiers de plus chaque jour ! Les produits laitiers ont aussi l’avantage d’apporter des protéines d’excellente valeur nutritionnelle et même pour certains de la vitamine D...

(1) 25ème Journées pyrénéennes de gynécologie-obstétrique (Infogyn), Tarbes, 25 septembre-1er octobre.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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