Santé et alimentation : encore beaucoup de paradoxes à expliquer !

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En partant du modèle célèbre du « paradoxe français » (nous mangeons plus « gras » que les Américains mais nous mourrons moins de maladies cardiaques), une équipe de médecins slovaques a recensé de nombreux autres paradoxes à travers le monde. Elle suggère à chaque fois une explication : la relation entre l'alimentation et la santé est loin d'avoir livré tous ses secrets !

« Santé et alimentation : encore beaucoup de paradoxes à expliquer ! » - Crédit photo : www.drcate.com Prenez le « paradoxe américain ». Aux Etats-Unis, les gens sont de plus en plus gros : un tiers des Américains est en surpoids, un autre tiers obèse. Mais le nombre de décès causés par les maladies cardiovasculaires a relativement baissé. Suggestion de nos médecins slovaques : c’est l’effet des traitements médicaux, abondamment prescrits dans les pays riches !

Pas loin des Etats-Unis, voici le « paradoxe cubain ». Dans ce pays pauvre, la santé a été une des priorités du gouvernement. D’après les chiffres officiels, la mortalité toutes causes y serait comparable à celle des pays développés (avec peu de maladies infectieuses ou parasitaires). L’espérance de vie aussi. Le taux de mortalité infantile aussi. On est tenté d’y voir l’effet d’un traitement rationnel de la santé publique et des soins médicaux, qui vient s’ajouter aux bienfaits d’une alimentation pas trop calorique et assez équilibrée.

Plus près de nous : le « paradoxe albanais ». le pays le plus pauvre d’Europe a vu sa mortalité infantile diminuer après 1990. L’espérance de vie est devenue comparable à celle du Portugal. Le système de soins demeurant insuffisant, on suggère les effets bénéfiques d’un régime alimentaire « frugal ».

Même constat avec le « paradoxe de l’Europe du Centre et de l’Est ». La mortalité cardiovasculaire précoce a diminué dans ces pays et l’espérance de vie a augmenté, avant même que le système de soins se modernise. Nos médecins invoquent la diminution du stress et les espoirs liés à la chute du communisme.

Plus près encore, « le paradoxe suisse ». Le pays a une consommation élevée de beurre, de produits laitiers, de fromage. Le lait des vaches qui paissent en altitude a une teneur élevée en oméga 3, estiment les auteurs de l’article. Ils rappellent aussi que les produits laitiers ont un rôle bénéfique contre le syndrome métabolique (un ensemble de troubles qui regroupe surpoids, hypertension, anomalies des graisses et des sucres du sang etc, et prédispose aux maladies cardiovasculaires et au diabète). En Europe, remarquent-ils, les pays qui ont la plus forte consommation de fromage sont aussi ceux qui ont la plus faible mortalité cardiovasculaire.

Une manière de rejoindre les explications les plus récentes du « paradoxe français ». A côté d’une consommation d’alcool modérée (le vin rouge est présenté par les auteurs comme la « clé » du paradoxe), le rôle du pain et du fromage est aujourd’hui souligné par des travaux scientifiques. Les fibres du pain et le calcium du fromage semblent pouvoir éliminer une bonne part des graisses impliquées dans certaines maladies des artères. Pain et fromage renforceraient aussi l’action de certains acides gras bénéfiques sur le plan cardiovasculaire... Chaque paradoxe finira bien par s’expliquer !

(Bratislava Medical Journal (Bratisl Lek Listy), volume 110, n° 2, p. 112-115.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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