Santé des jeunes : L'ADLF souligne la place des diététiciens dans le plan présenté par Roselyne Bachelot

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Pour accompagner une politique nutritionnelle auprès des jeunes, les diététiciens soulignent l'importance des professionnels de la nutrition et en particulier des diététiciens qui, depuis la loi du 30 janvier 2007, sont reconnus comme des professionnels de santé à part entière. L'Association des Diététiciens de Langue Française (ADLF) réagit aux déclarations de Madame la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui a présenté son plan « Santé des jeunes » dont l'objectif est de répondre aux problèmes spécifiques des 16-25 ans notamment l'obésité, les habitudes alimentaires déséquilibrées, les troubles du comportement alimentaire.

« SANTÉ DES JEUNES : L’ADLF souligne la place des diététiciens dans le plan présenté par Roselyne Bachelot » - Crédits photo : www.sante-jeunes.orgUn accompagnement nécessaire par des professionnels de la nutrition

Parmi les mesures proposées par la Ministre, la nutrition apparaît comme un point majeur du plan « Santé des jeunes » : promotion d’habitudes nutritionnelles plus équilibrées et adaptées aux besoins, consultation annuelle gratuite et « passeport santé » avec calcul de l’IMC (indice de masse corporelle) prévu et mise en ½uvre de mesures de prévention si nécessaire.

L’ADLF insiste sur l’importance de l’accompagnement de ces mesures par des professionnels de la nutrition tels que les diététiciens pour expliciter les messages nutritionnels auprès du grand public. Sans vouloir médicaliser l’alimentation, le diététicien est compétent pour expliquer de manière adaptée ce qu’est une alimentation équilibrée en tenant compte des besoins individuels, des goûts et du plaisir de manger. Les 5000 diététiciens français ont les compétences nécessaires à l’application de ce plan à côté des médecins, des infirmiers, des acteurs sociaux. « Nous sommes en accord avec ces propositions mais alors que la Ministre intègre de nombreux acteurs dans ce plan, les diététiciens ne sont jamais cités » regrette Florence Rossi, Présidente de l’ADLF.

Dans le cadre du « passeport pour la santé » proposé par Madame Roselyne Bachelot, les diététiciens demandent à se voir confier le dépistage et la prise encharge des troubles du comportement alimentaire si fréquents chez les jeunes.

Des diététiciens plus présents « sur le terrain » auprès des jeunes

Compte tenu des enjeux, tous ceux dont la carrière nécessite une image corporelle « idéale » risquent de développer des troubles du comportement alimentaire avec des conséquences qui peuvent être dramatiques. Florence Rossi estime donc que « pour accompagner les jeunes sportifs professionnels, les jeunes adolescentes, les diététiciens devraient être systématiquement impliqués à côté des entraîneurs et des coachs, ce qui n’est pas toujours le cas ». Un arrêté du 11 avril 2004 (fixant la nature et la périodicité des examens médicaux prévus aux articles L. 3621-2 et R. 3621-3 du code de la santé publique) préconise qu’un bilan diététique, avec conseils nutritionnels, fasse partie de l’examen médical des sportifs.

Elle rapporte l’exemple du corps de ballet de l’Opéra de Paris qui depuis 3 ans a engagé un diététicien pour animer des ateliers d’éducation nutritionnelle et conseiller de façon individuelle les élèves en cas de besoin spécifique.

Les efforts engagés sont à poursuivre également dans les cantines scolaires et aussi dans les restaurants universitaires. Si de nombreuses municipalités et des sociétés de restauration collective emploient des diététiciens, leur champ d’action se limite trop souvent à l’élaboration des menus et au respect des cahiers des charges. Mais il y a peu de présence relais de ces spécialistes sur le terrain en particulier dans l’enseignement supérieur.

Des professionnels de santé experts en alimentation

La Présidente de l’ADLF rappelle que « Depuis la loi de 2007, les diététiciens sont reconnus comme des professionnels de santé à part entière ». En effet, le métier de diététicien est enfin réglementé depuis janvier 2007, avec l’adoption par le Parlement du projet de loi de ratification de l’ordonnance du 26 août 2005 sur les professions de santé. Ce texte contient un article essentiel pour la profession puisqu’il crée le diplôme d’Etat de diététicien, définit l’exercice du métier avec la mise en place de sanctions en cas d’exercice illégal et intègre les diététiciens salariés et indépendants parmi l’ensemble des professionnels répertoriés dans le champ de la santé, par l’obligation d’enregistrement de leurs diplômes.

Définition du diététicien en France

Si la profession de diététicien était inscrite depuis plusieurs années au Code de la Santé Publique, la Loi N° 2007-127 du 30 janvier 2007 modifie la réglementation et reconnaît les diététiciens en tant que professionnels de santé.

Définition de la profession

Est considéré comme exerçant la profession de diététicien toute personne qui, habituellement, dispense des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, participe à l’éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l’alimentation, par l’établissement d’un bilan diététique personnalisé et une éducation diététique adaptée. Les diététiciens contribuent à la définition, à l’évaluation et au contrôle de la qualité de l’alimentation servie en collectivité, ainsi qu’aux activités de prévention en santé publique relevant du champ de la nutrition.

Exercice de la profession

Seules peuvent exercer la profession de diététicien et porter le titre de diététicien, accompagné ou non d’un qualificatif, les personnes titulaires du diplôme d’Etat.

Diplôme d’Etat français

Art. L. 4371-3 - Le diplôme mentionné à l’article L. 4371-2 est le diplôme d’Etat français de diététicien. Les modalités de la formation, ses conditions d’accès, ses modalités d’évaluation ainsi que les conditions de délivrance du diplôme d’Etat sont fixées par voie réglementaire.

Enregistrement du diplôme au fichier ADELI

Les diététiciens sont tenus de faire enregistrer sans frais leur diplôme, certificat, titre ou autorisation auprès du service de l’Etat compétent ou de l’organisme désigné à cette fin. En cas de changement de situation professionnelle, ils en informent ce service ou cet organisme. Il est établi, pour chaque département, par le service de l’Etat compétent ou l’organisme désigné à cette fin, une liste des membres de cette profession, portée à la connaissance du public. Nul ne peut exercer la profession de diététicien si son diplôme, certificat, titre ou autorisation n’a été enregistré conformément au premier alinéa.

Dispositions pénales

Art. L 4372-1 - Exercice illégal L’exercice illégal de la profession de diététicien est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

Usurpation du titre

Art. L 4372-2 - L’usage sans droit de la qualité de diététicien est puni comme le délit d’usurpation de titre prévu à l’article 433-17 du Code pénal.

Source : Association des Diététiciens de Langue Française (ADLF)

SOURCE : Association des Diététiciens de Langue Française

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