Rien ne sert de courir... longtemps !

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Tout le monde connaît l’importance de la pratique d’une activité physique régulière dans la prévention des maladies cardiovasculaires. Mais il semble que toutes les activités physiques n’aient pas la même efficacité en terme de réduction du risque cardiovasculaire.

Une nouvelle étude publiée dans l’American Journal of Human Biology révèle que les exercices de forte intensité tels que le sprint apporteraient des bénéfices sur le plan cardiovasculaire plus rapidement que la pratique d’un sport d’endurance.

Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent l’une des principales causes de mortalité dans le monde et leurs facteurs de risque sont déjà observables dès l'enfance. L’essai mené par Buchan et ses collaborateurs a comparé les effets de la pratique d’exercices brefs et de forte intensité par rapport à des exercices d’endurance sur les marqueurs de maladies cardiovasculaire chez une population de jeune.

Dès l’enfance

Les chercheurs ont recruté un groupe d'enfants bénévoles dans différentes écoles. Au total, 47 garçons et 10 filles ont été enrôlés et répartis au hasard dans une équipe devant pratiquer des exercices d'intensité modérée (MOD) et une autre exécutant des exercices de haute intensité (HIT).

Les deux groupes ont chacun réalisé trois séances d'exercices par semaine pendant sept semaines. Le groupe HIT devait réaliser une série de sprints de 20 mètres en l’espace de 30 secondes. L’autre groupe devait courir à allure modérée pendant une période de 20 minutes. À la fin de l'étude, le groupe MOD avait couru pendant une durée totale de 420 minutes alors que le groupe HIT n’avait pratiqué que 63 minutes d’exercice. La dépense énergétique estimée pour le groupe HIT était d’environ 907,2 kcal par rapport à 4410 kcal pour le groupe MOD.

L’intensité l’emporte sur la durée

Après les sept semaines de test, une amélioration des facteurs de risque cardiovasculaires a pu être mise en évidence dans les deux groupes. Cependant, les auteurs ont pu constater que cette amélioration significative des facteurs cardiovasculaires était apparue beaucoup plus rapidement dans le groupe de haute intensité puisque la durée totale consacrée à la pratique d'activité sportive était six fois plus élevée pour le groupe MOD.

Ces résultats démontrent donc que la pratique d’exercices de haute intensité mais de courte durée représenterait un moyen efficace pour améliorer les facteurs de risque de MCV chez les adolescents.

Bien que cette étude n’ait porté que sur un échantillon limité de sujets, les résultats démontrent des améliorations significatives de la condition cardiorespiratoire, de la pression artérielle, de la composition corporelle et de résistance à l'insuline chez des jeunes adolescents saints après la pratique d’une série d’exercices de haute intensité et de courte durée pendant une période de sept semaines. La réalisation d’études de plus grande ampleur permettront de confirmer ou non les résultats de cet essai.

(Par Alexandre Dereinne, diététicien, d'après Buchan D, Ollis S, Young J, et al. The effects of time and intensity of exercise on novel and established markers of CVD in adolescent youth. American Journal of Human Biology, 2011; DOI: 10.1002/ajhb.21166.)

SOURCE : Health and Food

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