Religion et impact nutritionnel

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La France est un pays laique où cohabitent différentes religions avec des règles alimentaires plus ou moins strictes. Leur impact sur la santé, en particulier celle de l'enfant, peut être bien réèl, notamment chez les populations à risque du fait de leur précarité.

Les grandes religions de l'Hexagone - le chris­tianisme, l'islamisme et le judaïsme - sont monothéistes. Elles reposent pour partie sur des textes fondateurs - les Evangiles, le Coran, la Torah -, tous trois d'origine biblique, et prient le même Dieu.

Le judaisme

Cette religion, la plus ancienne, édicté de nom­breuses règles d'autodisciplines, qui visent à maî­triser les passions et les désirs et mettre le corps au service de l'esprit. Les règles alimentaires, ou « cacherout », distinguent les animaux consom­mables (mammifères ruminants ayant le sabot fendu, poissons avec nageoires et écailles, volailles et œufs) de ceux qui ne le sont pas (porc, lapin, prédateurs...).

Des règles strictes d'abattage et de traitement des viandes sont à respecter. La viande cacher doit être sans nerf sciatique et exsangue, ce qui suppose en plus un traitement par le sel ou le feu. Des carences en fer et un excès de sel seraient donc à craindre. Ce n'est pas le cas si les pratiquants puisent le fer à d'autres sources auto­risées : poissons, œufs, lentilles... et rincent la viande selon les règles pour éliminer le sel.

L'interdiction de consommer les graisses péri-viscérales peut amener à supprimer de nombreux plats préparés et aliments industriels, mais le respect de cette consigne n'a aucun impact nutritionnel. Une source potentielle de carence pourrait provenir de l'interdiction de consom­mer, dans un même repas, un produit carné et un produit laitier. La solution est de manger de la viande au repas principal et des laitages aux autres repas, dont au goûter pour les enfants.

Le christianisme

Le christianisme est né deux mille ans plus tard. Pour les catholiques, la seule consigne est celle du carême, période d'autolimitation des plaisirs alimentaires pendant les quarante jours précédant Pâques. Ce qui est sans conséquences nutritionnelles. Par ailleurs, l'Eglise a prôné la consommation de poisson le vendredi pour compenser l'obligation de manger maigre. Cette règle, qui n'est plus obligatoire, a laissé quelques traces dans la société française, notamment dans les cantines scolaires.

L'islam

L'islam a été fondé par Mahomet six cents ans après le christianisme. Les interdits alimen­taires concernant la viande présentent une grande similitude, bien que partielle, avec les règles judaïques. Le porc est interdit. L'animal doit être égorgé et saigné (viande « halal »). La question du fer se pose du fait de la consommation simultanée de thé.

Autre consigne interprétée de manière variable : l'interdiction de boire de l'alcool. Le ramadan concerne tous les musulmans ayant atteint l'âge de la puberté, excepté les malades, les femmes enceintes, allaitantes ou pendant leurs menstruations, les voyageurs, et impose un jeûne de deux heures avant le lever du soleil jusqu'au coucher du soleil.

Ce jeûne vise à élever l'esprit au-dessus des biens matériels. Mais il n'implique pas de faire des agapes sucrées et grasses durant toute la nuit. Chez les pratiquants, une déshydratation et une perte de poids la première semaine et un gain de poids (3,5 kg en moyenne) les deux dernières semaines sont fréquents.

Les religions d'origine indienne et asiatique

Les bouddhistes sont végétariens, ce qui ne présente pas d'inconvénients. Les végétaliens excluent aussi le lait et les œufs. En cas de pré­carité, cette pratique peut conduire à des carences. Les hindouistes sont végétariens ; certains ne refusent que le porc et les bovins ; d'autres excluent volailles et œufs, d'autres encore vont jusqu'à refuser tout aliment pou­vant avoir une couleur évoquant le sang : tomates, betteraves, lentilles... Les sikhs intègrent, de manière variable, les préceptes hindouistes et islamiques dans le cadre d'une religion monothéiste. Il n'y a pas d'interdits alimentaires dans le confucianisme, le shintoïsme et le taoïsme.

En conclusion

Les pratiques religieuses n'ont d'impact nutritionnel qu'en cas de déviances. Celles-ci procèdent soit de l'exagération ou de la mauvaise application des règles, soit de l'ina­daptation de l'alimentation quotidienne, notamment du fait de la précarité. Il faut trou­ver les moyens de rééquilibrer cette alimen­tation en respectant les préceptes religieux mais pas nécessairement des convictions parfois erronées. Ce qui revient à suggérer des aliments autorisés et, pour conseiller des pratiques conformes, on peut s'adresser aux responsables religieux.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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