Régimes : quand les ados malmènent leur corps

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Mal dans sa peau, l'ado ? Son corps qui se transforme et trouble son identité lui fait parfois adopter des conduites à risque. Parmi lesquelles les régimes draconiens et les troubles du comportement alimentaire...

« Régimes : quand les ados malmènent leur corps » - Crédit photo : © David Davis - Fotolia.com Des scarifications, des blessures, pour tenter d’échapper au malaise. Des addictions à des toxiques divers (drogue, alcool, jeux vidéo…), pour s’expulser de soi, de son corps, combler le manque à être. En version soft, des parures corporelles variées, des piercings et des tatouages, pour devenir le Mohican de ses parents et bien se différencier d’eux. Des activités physiques intenses et excessives. Pour tenter d’échapper à leur malaises, les ados se lancent parfois dans des régimes à répétition, pour sculpter ce corps rebelle, trop gros ou trop maigre, trop rond ici ou pas assez là, trop grand, trop petit ou pas assez musclé… Sans parler des troubles du comportement alimentaire : boulimie, vomissements, prise de laxatifs, jeûne, anorexie…

Tous les adolescents, c’est vrai, ne sont pas en souffrance. Mais le moment où le corps se transforme, passe de l’enfance à l’âge adulte, bouscule leur identité. Chez certains, elle vacille beaucoup. D’où des tentatives diverses, plus ou moins risquées, pour apprivoiser leur corps. Dans le meilleur des cas, il est souvent marqué par des rites de passage désordonnés, pas toujours aussi bien codifiés ni maîtrisés que ceux des sociétés dites primitives…

L’image que l’adolescent a de son corps se forme sous le regard des autres. En premier lieu de sa famille, qui peut le rassurer ou au contraire l’inquiéter par des réflexions sur les transformations de son corps, sur son poids… A l’école, ce sont les condisciples qui interviennent, qui jaugent, apprécient ou se moquent. Les belles images des magazines ne manquent pas aussi de jouer un rôle. Une longue chaîne d’intervenants, au bout de laquelle l’adolescent se construit son critère de normalité. Auquel il peut se désespérer parfois de ne pas correspondre.

La pratique des régimes, fréquente surtout chez les filles, est liée à la perception qu’elles ont de leur poids. Elles se voient généralement plus grosses ou plus maigres qu’elles ne le sont en réalité. D’où des restrictions diverses, sur certains aliments, voire sur tous. Les régimes répétés peuvent conduire à des troubles graves, comme les comportements anorexiques.

Psychologues et sociologues proposent plusieurs explications des pratiques alimentaires inadaptées chez les adolescents. Socialement parlant, la dictature de la minceur, la crainte de devenir trop gros, la stigmatisation des obèses. Psychologiquement parlant, la peur de voir le corps évoluer et prendre un aspect adulte et sexué. Familialement parlant, l’attitude des parents et, en particulier, l’influence des mères qui elles-mêmes font des régimes : elles transmettent à leur fille leur propre dépréciation de leur corps et leur peur d’être en surpoids. Et aux dernières nouvelles, même s’ils sont moins touchés, les garçons aussi sont sensibles aux normes esthétiques. Pour passer ce cap parfois difficile, les spécialistes de l’adolescence s’accordent à souligner le rôle des parents, dont la bienveillance et l’habileté sont largement sollicitées !

Sources et références :

  • L’Ecole des Parents n° 566, dossier spécial « L’adolescent et son corps »
  • www.lemangeur-ocha.com : article en ligne rendant compte de ce dossier

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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