Régimes minceur, vers la fin d'une saisonnalité ?

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Vers la fin des régimes minceur saisonniers... Une tendance qui s'est dégagée des deux dernières enquêtes réalisées par le Syndicat de la Diététique Minceur. En effet, alors que la première enquête menée à la fin de l'automne 2007 [1] révélait que 62% des Français souhaitaient contrôler voire perdre du poids, ils n'étaient que 55,7% à faire cette déclaration à l'occasion de la seconde enquête administrée au début de l'été 2008 [2].

« Régimes minceur, vers la fin d’une saisonnalité ? » - Crédit photo : © Stark - Fotolia.com Face à ce constat, le Syndicat de la Diététique Minceur a souhaité approfondir la question avec Matthieu Duboys de Labarre, sociologue spécialiste de l’alimentation, membre de REVeSS (Recherches et Études sur les Vulnérabilités Sociales et la Santé Publique).

Expérience individuelle, évolution d’une génération à l’autre, modifications des discours collectifs... Autant de facteurs qui contribuent à réduire l’influence de la saisonnalité sur les démarches minceur.

Les explications de Matthieu Duboys de Labarre et retour sur le rôle que peuvent jouer les substituts de repas et les en-cas hyperprotéinés dans ce nouveau contexte.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’évolution des régimes destinés à la perte de poids au cours des dernières décennies ?

Depuis la fin des années 60, nous assistons à une évolution des préoccupations diététiques. Le syndrome du "maillot de bain" perd de sa force en tant qu’élément déclencheur du désir de perte de poids. Désormais, contrôler ou perdre du poids ne sont plus uniquement des questions d’esthétique mais également des préoccupations de santé : une démarche plus sûre, et inscrite dans le cadre d’un "programme".

Selon vous, l’expérience individuelle est le premier facteur de cette évolution. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

Il est important de souligner que les attitudes face au contrôle ou à la perte de poids évoluent au cours d’une vie. Nous pouvons parler d’un véritable "vécu" en matière de régimes. L’individu va accumuler des savoirs et des expériences, tant positives que négatives, qui vont influencer sa conception du régime. Dans le cadre de mes travaux, j’ai constaté qu’en général, le premier régime consiste à perdre du poids le plus rapidement et le plus efficacement possible. Cela passe par une rupture brutale et temporaire des habitudes alimentaires quotidiennes, en oubliant la dernière phase, incontournable dans tout régime minceur : la stabilisation.

Pensez-vous que ce phénomène peut être aussi une question de génération ?

Effectivement, la fin de la saisonnalité des régimes tient, pour partie, à un effet de génération. La première génération à avoir été confrontée de manière massive aux régimes a été celle du baby boom. Ces derniers ont généralement cherché à contrôler ou à perdre du poids entre 20 et 30 ans. Leurs enfants (les actuels 30/40 ans) ont, quant à eux, commencé leur "carrière régimes" beaucoup plus tôt, généralement à l’adolescence. Si cela traduit la pression plus importante qui pèse sur les jeunes vis-à-vis de l’idéal corporel ; cette génération aura acquis, plus tôt que leurs parents, une "maturité" en terme de comportement alimentaire qui se traduira par une gestion durable de leur poids. Ponctuellement, ils opteront pour un régime destiné à la perte de poids mieux encadré, et ce quelle que soit la saison.

Le discours des pouvoirs publics n’a-t-il pas également une influence sur la perception des régimes ?

Cette évolution s’inscrit plus généralement dans une modification des discours et des représentations collectives autour de l’alimentation et de l’importance de la maîtrise du poids. Le lien de plus en plus fort entre poids et santé, en particulier au travers des campagnes de prévention du surpoids et de l’ obésité, contribue à renforcer l’ idée que la gestion du poids n’est pas un contrôle sporadique de soi mais bien la recherche d’un équilibre et d’une diversité qui s’inscrivent dans la durée. Il s’agit bien d’essayer de mieux manger tout le temps et, quand nécessaire, de faire des régimes ponctuellement dans l’année.

Substituts de repas et en-cas hyperprotéinés, une légitimité renforcée

Expérience individuelle, évolution d’une génération à l’autre, modifications des discours collectifs... Autant de facteurs qui contribuent à réduire l’influence de la saisonnalité sur les démarches minceur.

Aujourd’hui, tant pour des raisons d’esthétique que de santé, les Français souhaitent réagir rapidement lorsqu’ils sont confrontés à une prise de poids. Cependant, les habitudes et contraintes du quotidien (famille, horaires de travail...) ne sont pas toujours compatibles avec une démarche de perte de poids.

Dans ce contexte, les substituts de repas et les en-cas hyperprotéinés apparaissent comme une solution pratique et sûre car encadrés par une réglementation stricte qui garantit leur composition nutritionnelle.

Ils permettent de faciliter la vie quotidienne des personnes souhaitant perdre ou contrôler leur poids. Par exemple, les barres et les gâteaux "en-cas hyperprotéinés" permettent de combler les petits creux de quatre heures et de patienter jusqu’au soir. Les en-cas hyperprotéinés "partie de repas" sont destinés aux personnes qui souhaitent mener un régime dans le cadre d’un programme, en y associant également des aliments courants. Les substituts de repas sous forme de crème, de milk-shake ou de soupe sont, quant à eux, idéaux pour les personnes qui déjeunent "sur le pouce".

Les substituts de repas et les en-cas hyperprotéinés peuvent également déclencher la perte de poids et, comme l’a récemment indiqué le Dr Pierre Azam, "Ils peuvent aussi aider ponctuellement, à corriger certains "petits écarts". Ils font partie de nos "outils", des "astuces" que je conseille à mes patients pour pérenniser le travail qu’ils ont entrepris pour perdre du poids".

Les substituts de repas et en-cas hyperprotéinés sont généralement utilisés dans le cadre d’un régime hypocalorique entre 1 000 et 1 200 kcal/jour ou de contrôle de poids, entre 1 400 et 1 600 kcal/jour. Il ne faut pas confondre ce type de régime avec la diète protéinée stricte (entre 400 et 800 kcal/jour) qui oblige un suivi médical et qui utilise essentiellement des sachets de produits spécifiques.

[1] "Enquête Syndicat de la Diététique Minceur/LH2 - Le déjeuner des Français" - Étude omnibus téléphonique réalisée par LH2, pour le SDM, les 7 et 8 décembre 2007 auprès d’un échantillon national représentatif de 1005 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas. Résultats détaillés : 44,3% des Français cherchent à contrôler leur poids et 17,7% à en perdre.

[2] "Enquête Syndicat de la Diététique Minceur/LH2 - Les Français et la gestion de leur poids" - Étude omnibus téléphonique réalisée par LH2, pour le SDM, les 18 et 19 juillet 2008 auprès d’un échantillon national représentatif de 1001 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Résultats détaillés : 40% des Français cherchent à contrôler leur poids et 15,3% à en perdre.

SOURCE : Syndicat de la Diététique Minceur

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