Régimes low carb et autres

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Les régimes à la mode sont de plus en plus nombreux, mais leur efficacité et leur impact sur la santé ne sont pas toujours connus.

Les auteurs du premier article en ont comparé quatre très « tendance » : le régime Atkins (très pauvre en glucides mais sans restriction lipidique), le régime Ornish (pauvre en lipides), le régime Weight Watchers (restriction calorique globale) et le régime Zone diet (quantités comparables de protéines, lipides et glucides).

Pour cela, cent soixante adultes âgés de 22 à 72 ans, avec un IMC compris entre 27 et 42 et au moins un facteur de risque cardiovasculaire, ont été recrutés près de Boston et suivis environ un an et demi. Ils ont été répartis en quatre groupes, chacun observant l’un des régimes précédemment cités. Ils ont reçu une information nutritionnelle générale, puis des conseils spécifiques auxquels se conformer le plus assidûment possible pendant au moins deux mois, puis à adapter à leur situation.

Un carnet alimentaire sur trois jours est relevé au bout de un, deux, six et douze mois. Le suivi des régimes est, selon les dires des sujets, de difficulté croissante au cours du temps, avec une tendance à plus d’abandon pour les régimes les plus extrêmes (Atkins et Ornish).

A un an, la perte de poids est modérée (2,1 à 3,3 kg), quel que soit le type de régime et sans distinction d’une efficacité supérieure de l’un d’entre eux. En revanche, une association a pu être mise en évidence entre l’observance rapportée par les sujets et la perte de poids finale : les participants avec la meilleure adhésion ont perdu environ 7 % de leur poids de départ.

Tous les régimes ont également abouti à une diminution modeste, mais statistiquement significative, d’au moins un facteur de risque cardiovasculaire avec notamment une diminution du LDL-cholestérol et une augmentation du HDL-cholestérol.

Selon les autres articles, les régimes très restrictifs par rapport à un nutriment, et notamment les régimes low carb très pauvres en glucides (moins de 20 g/jour au début pour évoluer jusqu’à environ 50 g/jour), sont souvent assez efficaces dans les premiers temps de leur mise en oeuvre, avec une perte de poids rapide qui explique leur succès.

Cet amaigrissement spectaculaire serait lié à la fonte des réserves de glycogène et à une perte en eau. L’effet siatiétogène des protéines et l’apparition de corps cétoniques limiteraient l’appétit, ainsi et surtout que la diminution de la variété alimentaire. Malheureusement, à plus long terme (environ un an), la monotonie du régime devient difficile à supporter, et la perte de poids n’est plus significative.

En conclusion

Il n’existe pas de « super-régime » et la supériorité des régimes low carb très en vogue aux Etats-Unis n’est pas établie.

Outre la restriction calorique, le principal facteur de réussite d’un régime est l’adhésion du sujet à ce régime, c’est-à-dire sa capacité à suivre les conseils donnés sur le long terme.

Le régime doit donc être le plus possible en adéquation avec le mode de vie et les habitudes alimentaires du patient. Mais cela reste extrêmement difficile et notamment de prévenir la reprise de poids.

Le meilleur remède à l’obésité est d’éviter qu’elle s’installe grâce à la prévention par une alimentation équilibrée associée à une activité physique régulière. Sa prise en charge ajoute à ces conseils une restriction calorique modérée.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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