Régime méditerranéen et longévité

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Les statistiques de mortalité de l'OMS, couvrant la période 1960-1990, montrent qu'il s'est passé quelque chose de bénéfique sur la santé des populations méditerranéennes, en particulier dans le domaine des maladies coronariennes. Malgré un niveau de qualité des soins inférieur à celui des pays d'Europe du Nord ou des Etats Unis, et une incidence du tabagisme particulièrement élevée, les taux de mortalité de la région méditerranéenne se sont révélés plus bas et l'espérance de vie plus longue, particulièrement chez les hommes...

C'est à Ancel Keys et ses collaborateurs qu'on doit l'hypothèse d'un effet protecteur du régime traditionnel méditerranéen sur un grand nombre de pathologies. Hypothèse confirmée par de nombreuses données écologiques, notamment dans le domaine cardio-vasculaire. De récentes publications, examinant les évidences accumulées depuis 30 ans, ont abouti à la conclusion que le régime méditerranéen remplissait différents critères d'une alimentation santé.

Les 8 point clés de l'alimentation méditerranéenne

Un score alimentaire a été établi à partir de 4 études, reposant sur 8 point clés de l'alimentation traditionnelle des régions méditerranéennes :

1. Un rapport graisses monoinsaturées sur graisses saturées élevé
2. Une consommation modérée d'alcool
3. Une forte consommation de légumineuses
4. Une forte consommation de céréales (et de pain)
5. Une forte consommation de fruits
6. Une consommation importante de légumes
7. Une faible consommation de viande
8. Une consommation modérée de lait et de produits laitiers

Ces études ont testé l'hypothèse qu'une alimentation comportant un grand nombre de ces 8 composantes a des effets bénéfiques, alors qu'un régime qui en remplit peu serait moins protecteur.

Une mortalité réduite de 17%

Dans une de ces études, les résultats collectés dans trois villages de Grèce ont permis d'évaluer, de manière prospective, le rôle de l'alimentation sur la survie des personnes âgées. Une augmentation d'une unité du score alimentaire, défini à partir des 8 critères précédents, a été associée à une diminution de 17% de la mortalité globale. Cette étude a fournit la première preuve directe d'un effet favorable de l'alimentation méditerranéenne sur l'espérance de vie.

D'autres études, menées par la suite au Danemark, en Australie et en Espagne, ont également conclu que le score d'alimentation méditerranéenne était un facteur prédictif de survie et que l'adoption de tels principes alimentaires pouvait également allonger la survie des personnes âgées, dans des populations non méditerranéennes.

De l'huile d'olive et... des légumes

On s'est beaucoup intéressé aux constituants pouvant contribuer aux effets bénéfiques d'un tel régime. Si l'on s'est longtemps focalisé sur le profil lipidique particulier, d'autres éléments, comme la consommation de légumes, doivent être pris en compte. Les régimes traditionnels des populations méditerranéennes sont basés sur les fruits, les légumes, les produits de la mer, les légumineuses, les céréales, et bien sûr, l'huile d'olive. La version Grecque de ce régime est dominée par l'utilisation d'huile d'olive et une forte consommation de légumes et de fruits. En Grèce, la part totale des lipides alimentaires peut s'élever à plus de 40% de l'apport énergétique total. Il faut souligner que dans ce pays, la consommation de graisses ajoutées est supérieure aux apports lipidiques totaux aux Etats Unis, alors que l'incidence des maladies cardio vasculaires, des cancers du colon, du sein et de la prostate est plus élevée chez les Américains. Cela suggère que ces différences ne sont pas dues à la quantité totale de graisses consommées, mais plutôt à leur nature ainsi qu'à d'autres constituants du régime alimentaire. Une des explications de la forte consommation de lipides en Grèce est la large utilisation de l'huile d'olive en cuisine traditionnelle, qui favorise la consommation des grandes quantités de légumes et de légumineuses, en salade ou cuisinés.

Le rôle majeur des antioxydants

Jusqu'à récemment, l'analyse du régime méditerranéen s'était surtout focalisée sur son faible contenu en graisses saturées et sa richesse en glucides complexes et en fibres alimentaires.

Mais des études récentes suggèrent que d'autres constituants de ce régime, comme les antioxydants présents en abondance dans les fruits, les légumes et l'huile d'olive, peuvent eux-aussi contribuer à la prévention des maladies cardio vasculaires, de certains cancers, voire d'autres pathologies. Les fruits et les légumes renferment des quantités significatives de flavonoïdes, alors que les polyphénols de l'huile d'olive vierge (base du régime méditerranéen), ont également des propriétés antioxydantes. Malgré l'absence de preuve directe que ces antioxydants sont au centre des effets bénéfiques du régime méditerranéen, des arguments épidémiologiques indirects associés à une meilleure compréhension de leurs mécanismes d'action, suggèrent que les antioxydants pourraient jouer un rôle majeur. Des recherches futures aideront à élucider leur rôle précis dans les effets protecteurs du régime méditerranéen traditionnel.

SOURCE : APRIFEL

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