Régime : éviter l’en-cas matinal ?

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Une nouvelle étude suggère que femmes qui prennent une collation matinale lorsqu’elles suivent un régime de perte de poids obtiendraient des résultats finaux moins bons que celles qui s’abstiennent de manger un petit quelque chose. Il semble en effet qu’opter pour un en-cas matinal ne soit pas des plus judicieux. C’est du moins ce que pense une équipe de chercheurs du Fred Hutchinson Cancer Research Center d’après les résultat d’une de leurs études menée sur des femmes en surpoids ou obèses.

L'étude menée par Anne McTiernan et ses collaborateurs est partie d'un vaste essai clinique randomisé destiné à tester les effets de la nutrition et de l'exercice sur le risque de cancer du sein. Elle a porté sur 123 femmes en surpoids ou obèses, ménopausées et âgées de 50 à 75 ans.

Les participantes ont été assignées au hasard soit une alimentation autonome d'intervention (objectif: 1.200 à 2.000 calories par jour, selon le poids de départ, et moins de 30 pour cent des calories quotidiennes provenant des graisses), soit à un régime couplé à la pratique d’une activité physique (mêmes spécificités que le premier groupe alliées à 45 minutes quotidiennes d’activité physique modérée à soutenue et ce cinq jours par semaine). Bien que des conseils nutritionnels aient été dispensé aux femmes participantes, aucune instruction n’avait été donnée quant au comportement de grignotage.

A la fin de l'étude les femmes ont été invitées à enregistrer le temps, le type et la fréquence des repas consommés sur une journée normale. Le pourcentage de calories provenant des lipides, les quantités de fibres, de fruits et de légumes consommés ont également été estimées en utilisant un questionnaire de fréquence alimentaire.

Les chercheurs ont constaté que les femmes ayant pris un en-cas en milieu de matinée avaient perdu en moyenne sept pourcents de leur poids corporel total en un an, tandis que celles qui ne prenaient rien avant le repas de midi avaient perdu plus de 11 pourcents de leur poids corporel en une année.

Il faut savoir que lors de l’essai, la collation était définie comme toute nourriture ou boisson consommée entre les repas principaux. En outre, les auteurs pensent que l’écart de perte de poids entre les deux groupes pourrait également être du à la plus courte durée entre le petit déjeuner et le repas de midi ainsi qu’au fait que grignoter en milieu de matinée pourrait être le reflet d’une simple «distraction alimentaire» plutôt que de la réponse à une réelle sensation de faim.

Les auteurs ont néanmoins insisté sur le fait que bien que le grignotage trop rapproché d'un repas principal puisse être préjudiciable à la perte de poids, attendre trop longtemps entre deux repas peut également entraver la perte de poids. La collation pourrait alors être d’une aide utile pour les personnes qui ressentent une réelle sensation de faim.

Pour ou contre la collation ?

Beaucoup de gens pensent qu'un programme de perte de poids est toujours synonyme de «mourir de faim». Bien au contraire, il s’agit d’une redécouverte de cette sensation que nous ne connaissons plus. En effets, nous consommons bien souvent des aliments par envie et non par faim.

L’étude de McTiernan et al. suggère que la collation peut aider à perdre du poids a condition de ne pas être consommée trop près d'un autre repas et si elle est prise en réponse à une réelle sensation de faim et non comme distraction alimentaire.

Toutes les collations ne sont pas égales. La meilleure collation est celle qui permettra de tenir jusqu’au prochain repas sans pour autant apporter un trop grand nombre de calories. L’idéal est de ne pas dépasser 200 calories et d’opter pour une collation contenant des protéines qui ont l’avantage d’être plus satiétogènes que les glucides ou les lipides.

(Par Alexandre Dereinne, diététicien, d'après Kong A, Beresford S, Alfano C, et al. Associations between Snacking and Weight Loss and Nutrient Intake among Postmenopausal Overweight to Obese Women in a Dietary Weight-Loss Intervention. Journal of the American Dietetic Association, Volume 111, Issue 12, December 2011, Pages 1898-1903 DOI:10.1016/j.jada.2011.09.01)

SOURCE : Health and Food

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