Quo vadis la communication sur les risques alimentaires ?

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La communication sur les risques s'est développée à partir d'études portant sur des sujets tels que la perception du public sur les centrales nucléaires, les installations chimiques toxiques et les problèmes de gestion de crise. Ce domaine est devenu de plus en plus étroitement lié aux problèmes alimentaires, qu'il s'agisse d'organismes génétiquement modifiés (OGM), d'acrylamide ou de questions de sécurité alimentaire en général.

L’alimentation est cependant un cas à part, car elle est indispensable à la vie et il est impossible d’y échapper. De plus, les perceptions du public quant à l’importance des questions de sécurité alimentaire varient d’une culture à l’autre. La communication sur les risques alimentaires présente donc un certain nombre de défis particuliers auxquels il convient de s’attaquer en priorité.

La confiance

La confiance est le paramètre clé de la communication sur les risques. Toutefois, en Europe, la confiance du public dans le législateur et les autorités spécialisées a été considérablement érodée, dans les années 80 et 90, par plusieurs scandales alimentaires.

Elle a regagné du terrain au cours des dernières années, grâce à la création d’Autorités de Sécurité des Aliments au niveau Européen et au niveau national, avec toutefois des variations considérables entre les pays. Par exemple, les niveaux de confiance sont plus élevés au sein des nations Nordiques, qui ont été globalement épargnées par les scandales alimentaires, et dans les pays où une vaste gamme d’outils de communication favorisant la transparence et la participation des citoyens a été mise en place. Les niveaux de confiance sont plus faibles au sein des nations du sud de l’Europe, où le public s’est toujours méfié des autorités.

La transparence

La transparence est de plus en plus utilisée comme outil de communication sur les risques, mais il existe des opinions contradictoires quant à sa valeur. Certains universitaires et législateurs font observer que la transparence devrait toujours être encouragée, afin de permettre aux consommateurs de prendre des décisions en connaissance de cause sur les questions susceptibles d’avoir des conséquences sur leur santé. Il semblerait pourtant que la transparence n’augmente pas systématiquement la confiance du public, alors qu’un manque de transparence suscite toujours une méfiance accrue.

Dans un monde idéal, la transparence devrait aller de pair avec une communication préventive, en regard des différents facteurs inhérents à l’évaluation et à la gestion des risques, notamment les incertitudes et la manière dont elles sont traitées.

Le processus de transparence encourage le public à prendre ses propres décisions quant à la gestion des risques. Des décisions qui reposent souvent sur des informations disponibles sur Internet ou vues à travers la lorgnette des médias, plutôt que sur des informations apportées par le législateur ou les spécialistes eux-mêmes. La transparence peut alors être mal comprise, car les journalistes sont susceptibles de présenter certaines affaires de risques de manière erronée en raison d’une trop grande transparence et d’une analyse, digne de ce nom, insuffisante.

La participation du public et des differents partenaires

Pour que la transparence devienne un outil efficace de communication sur les risques, il ne suffit pas que les législateurs et spécialistes soient plus ouverts et plus honnêtes. Ils doivent également faire en sorte que le public et les différents partenaires aient la possibilité de participer au débat, s’ils le souhaitent.

Il existe toutefois un certain nombre de problèmes liés à la participation du public et des différents partenaires. L’un d’entre eux est ce que l’on appelle le processus d’« auto-sélection », selon lequel les individus ne prennent part à la consultation que s’ils sont motivés. Cependant, leurs opinions ne sont peut-être pas représentatives de la « majorité silencieuse », qui est peu disposée à participer à l’élaboration des politiques.

En dépit de ces obstacles, certains universitaires soutiennent que les techniques de participation du public pourraient être notablement améliorées. En outre, même si le processus d’auto-sélection fausse l’échantillon, les résultats peuvent toujours être positifs. Quoi qu’il en soit, il est nécessaire d’étudier de manière plus approfondie et de préciser les résultats souhaités et les conséquences involontaires d’une participation accrue du public.

SOURCE : EUFIC

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