Quelles sont les nouvelles approches nutritionnelles pour diminuer le LDL-cholestérol ?

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La persistance, durant plusieurs décennies, d'élévations mineures du taux de LDL cholestérol joue un rôle considérable sur le risque cardiovasculaire. Par ailleurs, si l'instauration de modifications nutritionnelles n'entraîne pas de diminution extrêmement marquante du LDL cholestérol, cette mesure a un réel impact au niveau individuel et, plus largement, en terme de santé publique lorsqu'elle est mise en place précocement sur de nombreuses années. D'où l'importance d'agir tôt dans une large population.

« Quelles sont les nouvelles approches nutritionnelles pour diminuer le LDL-cholestérol ? » - Crédit photo : www.tag-nutrition.fr Plusieurs études ont permis de démontrer que des modifications du cholestérol ont un retentissement potentiel important chez l'individu. Ainsi, une étude pédiatrique a montré que le cholestérol commence à altérer les artères dès l'enfance. De ce fait, il existe un lien très fort entre la présence de cholestérol pendant l'enfance et l'état des artères à l'âge de trente ans.

Selon les résultats d'une autre étude, un taux de 1,80 g de cholestérol pendant toute sa vie et sans facteur de risque cardiaque entraîne un risque d'accident au cours de la vie situé entre 5 et 8%. Ce risque s'élève à un niveau de 27 à 36% si le taux de cholestérol est égal à 2 g, donc à peine plus élevé. Le même type d'augmentation est observé pour des décalages mineurs de la pression artérielle.

Une méta-analyse sur l'impact des hypolipidémiants [1] a en outre révélé que, lorsqu'un traitement est institué de façon prolongée, le bénéfice continue d'augmenter. En conséquence, les individus traités sur le long terme, et le plus longtemps possible, tirent un avantage supérieur de leur traitement par rapport au reste de la population.

Une étude récente [2] confirme, d'autre part, que des modifications modestes au niveau nutritionnel ont un retentissement considérable sur la santé lorsque celles-ci interviennent à l'échelon d'une population. Plus précisément, celle-ci apporte la preuve qu'une réduction de seulement 1 g de sel dans l'alimentation de la population américaine fait diminuer de façon conséquente le nombre d'événements cardiovasculaires (22 000 à 37 000 coronaropathies en moins, selon les estimations).

Plus généralement, les recommandations pour diminuer le taux de LDL cholestérol ciblent, d'une part, le remplacement des graisses saturées par les graisses insaturées, d'autre part l'utilisation de fibres et de stérols végétaux. D'après une méta-analyse [3], l'apport quotidien de 2 g de stérols végétaux produit une baisse de 10% du LDL cholestérol.

De plus, selon une large étude menée sur 250 personnes [4], l'utilisation de 14 g par jour d'une fibre nommée Plantago ovato husk diminue de 6% le LDL cholestérol. Cet apport améliore également l'insulinorésistance et la pression systolique. Ceci montre que les "outils" pour abaisser le LDL cholestérol sont nombreux et leur impact potentiellement important à l'échelon de l'individu et de la société.

Références :

  1. publiée par Law et al en 2003.
  2. publiée au mois de mars 2010 dans le New England Journal of Médecine.
  3. publiée en 2009 par Isabelle de Monty.
  4. à paraître dans la revue Atherosclerosis.

(Pr Eric BRUCKERT, Groupe hospitalier la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Paris - Conférence « Nutrition et prévention cardiovasculaire » MEDEC 2010 - LESIEUR)

SOURCE : MEDEC 2010

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